Des passants observent les secouristes à l'œuvre sur le site endommagé par les tirs de missiles iraniens vers le centre d'Israël, à Petach Tikva, le 31 mars 2026. Photo Ronen Zvulun / Reuters
- Explosions et pannes d'électricité à Téhéran
Des explosions ont retenti mardi à Téhéran et dans le centre de l'Iran, touchant des « sites militaires » et provoquant des coupures d'électricité, après que Donald Trump a renouvelé ses menaces si les discussions entre Washington et Téhéran n'aboutissaient pas « rapidement ». Entrée dans son deuxième mois, la guerre au Moyen-Orient, qui ébranle l'économie mondiale et a fait des milliers de morts, ne présente pas signe de désescalade, malgré des tractations diplomatiques.
Sur des vidéos authentifiées par l'AFP, plusieurs déflagrations transpercent la nuit à Ispahan, laissant s'échapper d'immenses panaches de fumée. Le président américain Donald Trump a publié sur son réseau Truth Social, sans commentaire, une autre vidéo, non vérifiée par l'AFP, montrant de fortes explosions. Plus tôt, l'agence Fars avait évoqué « plusieurs explosions » et des pannes de courant « dans certaines parties » de Téhéran. L'agence Tasnim a elle mentionné des explosions dans l'est et l'ouest de la capitale, ainsi que des perturbations de l'approvisionnement en énergie dans l'est - ensuite résolues.
L'armée israélienne avait appelé les habitants d'un quartier résidentiel à rester à l'abri en prévision d'une attaque contre « une infrastructure militaire ».
Dans le nord-ouest de l'Iran, c'est un site musulman chiite, la Grande Husseiniyé, une salle accueillant des rassemblements chiites et des cérémonies de deuil, qui a été endommagé par des frappes américano-israéliennes, selon la télévision d'Etat.
- Plusieurs blessés dans le centre d'Israël après des tirs de missiles iraniens
Malgré les menaces, l'Iran continue à faire feu. Onze personnes ont été légèrement blessées en plusieurs endroits du centre d’Israël après que l’Iran a tiré des missiles balistiques. Plusieurs sites d’impact ont été signalés à Tel Aviv ainsi que dans les villes de Bnei Brak et Petah Tikva, dans le centre d’Israël. Les secours israéliens ont indiqué avoir évacué vers des hôpitaux huit blessés légers dans la région de Tel-Aviv.
- Le Golfe toujours ciblé, déflagrations entendues à Dubaï
À Dubaï, des explosions ont de nouveau été entendues en matinée, selon des journalistes de l'AFP sur place. Quatre personnes y avaient été blessées précédemment par la chute de débris lors d'une interception de la défense aérienne, tandis qu'un pétrolier sous pavillon koweïtien a été touché par une frappe de drone près du port. L'incendie provoqué sur le navire a été maîtrisé et n'a pas fait de blessés, selon les autorités émiraties.
L'Arabie saoudite a dit, elle, avoir intercepté huit missiles balistiques sans préciser leur provenance et fait état de deux blessés après l'interception d'un drone. Téhéran affirme viser dans le Golfe, qui abrite bases et intérêts américains, les « agresseurs ennemis ».
« Il est grand temps d'expulser les forces américaines », a estimé le chef de la diplomatie, Abbas Araghchi.
- Les Bourses rechutent après un léger regain d'optimisme
Dans le sillage d'un article du Wall Street Journal selon lequel Donald Trump opterait pour la voie diplomatique plutôt que militaire pour obtenir la réouverture du stratégique détroit d'Ormuz, les Bourses asiatiques ont été marquées par un regain d'optimisme, avant de refluer à nouveau. Le pétrole, lui, restait au-dessus des 100 dollars vers 04H40 GMT, tandis que les Bourses européennes ont ouvert prudemment.
Officiellement, le président américain a menacé l'Iran de s'en prendre à ses sites énergétiques si leurs discussions n'aboutissaient pas « rapidement » et si le détroit, par où transite d'ordinaire un cinquième des hydrocarbures mondiaux et presque entièrement bloqué par l'Iran, n'était « pas immédiatement » rouvert. Il a mentionné comme cibles l'île de Kharg, abritant le plus grand terminal pétrolier de l'Iran, mais aussi ses centrales électriques, puits de pétrole, et « peut-être toutes les usines de dessalement ». Dimanche, il avait évoqué une possible opération terrestre pour s'emparer du terminal de Kharg et « prendre le pétrole ». « Les jours ordinaires me manquent », a raconté Shahrzad, 39 ans, une femme au foyer de Téhéran. « Une vie où je n'avais pas à penser constamment aux explosions et à la mort ».
- Les combats au sol entre le Hezbollah et Israël se poursuivent au Liban-Sud
Le parti-milice continue d'affronter l'armée israélienne, qui poursuit son invasion du Liban-Sud, notamment au niveau de l'axe Taybé-Qantara, le long du Litani. L'intensité des bombardements semble avoir légèrement baissé, bien que plusieurs tués sont à déplorer, notamment dans le caza de Tyr. L'armée israélienne a quant à elle perdu quatre de ses soldats dans un « échange de tirs au Liban-Sud. »


