Un combattant palestinien armé dans une école de l'UNRWA, le 29 septembre 2023, dans le camp de réfugiés de Aïn el-Héloué, au Liban-Sud. Photo transmise par notre correspondant Mountasser Abdallah/L'Orient-Le Jour
Moins de 24 heures après l'assassinat d'un partisan du Fateh par des islamistes radicaux dans le camp de réfugiés palestiniens de Aïn el-Héloué à Saïda, les tensions sont brusquement montées lundi, l’auteur présumé du meurtre n’ayant toujours pas été remis.
Dimanche en fin de soirée, Imad Chéhadé, surnommé « al-Sarih » et garde du corps du frère de Mounir Maqdah, chef de la branche armée du Fateh au Liban, a été tué en raison d'un différend personnel.
Réuni le lendemain, le comité de sécurité du camp n’est pas parvenu à obtenir la remise du principal suspect. En réaction, la famille de la victime a bloqué l’entrée ouest du camp, du côté d’al-Hasbah, exigeant que l’assaillant présumé, Omar al-Chayeb, soit livré. Ce dernier reste pour l’heure introuvable, selon notre correspondant au Liban-Sud Mountasser Abdallah. Les factions nationales et islamistes palestiniennes de la région de Saïda ont condamné le meurtre et réclamé que le suspect soit remis aux autorités libanaises.
En août 2024, un mois avant l'escalade et la guerre ouverte entre le Hezbollah et l’armée israélienne, Khalil Maqdah, un autre frère de Mounir Maqdah, avait été tué dans une frappe aérienne israélienne ciblée à Saïda. Aïn el-Héloué abrite environ 80 000 réfugiés palestiniens et le camp a régulièrement été le théâtre d'affrontements dus à des différends personnels et des tensions entre diverses factions palestiniennes. En août 2023, une vague de violents accrochages entre le mouvement Fateh, proche du président palestinien Mahmoud Abbas, et des groupes islamistes tels que Jund el-Cham et el-Chabab el-Moslem, avaient fait au moins 30 morts.
Les autorités libanaises ont lancé l’an dernier un processus de désarmement des camps palestiniens. Si certaines factions, dont le Fateh, ont remis une partie de leur arsenal, des groupes affiliés au Hezbollah, au Hamas et au Jihad islamique s'y opposent. Au moins sept des douze camps palestiniens du Liban sont désormais entièrement sous le contrôle de l’État. Ces tensions surviennent alors que la guerre entre le Hezbollah et Israël entre dans sa cinquième semaine, et que les frappes israéliennes ont tué plus de 1 240 personnes.


Je pensais que le camp avait été désarmé!!!
09 h 50, le 31 mars 2026