Des soldats de la Finul au Liban-Sud. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
La Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) a annoncé lundi la mort de deux Casques bleus supplémentaires dans le sud du Liban, victimes d’« une explosion d’origine inconnue ». Plus tôt, la Finul avait signalé la veille le décès d’un Casque bleu indonésien tué par l’explosion d’un projectile d’origine inconnue dans la zone frontalière, ainsi qu’un blessé grave.
Selon la Finul, « deux soldats ont été tragiquement tués dans le sud du Liban par une explosion ayant détruit leur véhicule près de Bani Hayyane. Un troisième a été grièvement blessé et un quatrième atteint ». L’organisation précise qu’une enquête est en cours pour déterminer les circonstances de ces incidents. « Il s'agit du second incident fatal au cours des dernières 24 heures », a ajouté le communiqué.
En effet, tôt lundi, l'ONU a annoncé qu'un Casque bleu indonésien avait été tué par l'explosion d'un projectile d'origine inconnue dans le sud du Liban, où le Premier ministre israélien appelle son armée à étendre la « zone tampon » face au Hezbollah. « Un Casque bleu a été tragiquement tué hier (dimanche) soir lorsqu'un projectile a explosé sur une position de la Finul près de Adchit el-Qoussair», dans le sud du Liban où des affrontements ont lieu entre Israël et le mouvement pro-iranien Hezbollah, et « un autre a été grièvement blessé », a écrit la force de l'ONU dans un communiqué tôt lundi. La Finul a indiqué que l'origine du projectile n'est pas connue mais qu'une enquête a été ouverte pour en déterminer les circonstances.
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé lundi avoir demandé la convocation d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU suite aux « incidents extrêmement graves » visant les Casques bleus au Liban. « De telles attaques à proximité des positions des Casques bleus de l’ONU sont inacceptables et injustifiables », a déclaré M. Barrot, ajoutant que la France demande « une enquête complète sur les circonstances de ces tragédies ».
Condamnations
Lors d'un point presse au siège de l'ONU à New York, le secrétaire général adjoint de l’ONU aux opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix a condamné « ces incidents inacceptables ». Il a précisé que les deux Casques bleus tués lundi sont de nationalité indonésienne. « Les Casques bleus ne doivent jamais être pris pour cible », a-t-il déclaré, précisant que « la Finul enquête sur ces incidents afin de déterminer les circonstances de ces tragiques événements ». « Nous restons également très préoccupés par plusieurs actes d’agression contre les Casques bleus ces derniers jours », a-t-il ajouté. « Tous les actes mettant en danger les Casques bleus doivent cesser, et tous les acteurs doivent respecter leurs obligations pour garantir leur sécurité en toutes circonstances. » « Nos Casques bleus restent sur le terrain, accomplissant les missions mandatées par le Conseil de sécurité dans des conditions extrêmement dangereuses », a également souligné M. Lacroix. « Vous pouvez imaginer qu’ils sont limités dans leurs actions, mais ils continuent à faire tout ce qui est possible. » « Seule la mise en œuvre complète de la résolution 1701 du Conseil de sécurité par les deux parties permettra une solution durable au conflit », a-t-il conclu.
En journée, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres avait « condamné fermement l'incident survenu dimanche.
I strongly condemn Sunday’s incident during which an Indonesian peacekeeper of @UNIFIL_ was killed amidst hostilities between Israel & Hizbullah. Another Indonesian peacekeeper was seriously injured in the same incident.
— António Guterres (@antonioguterres) March 30, 2026
My deepest condolences to the family, friends &…
Le président libanais Joseph Aoun a contacté lundi matin le commandant de la Force intérimaire des Nations-Unies au Liban (Finul), le général Deodato Abagnara, pour lui présenter ses condoléances. Il a réitéré sa condamnation des attaques contre les forces de maintien de la paix dans le Sud, souhaitant un prompt rétablissement au soldat blessé et saluant le courage des troupes internationales servant au sein de la Finul dans cette région.
Réagissant à ces incidents, le ministre des Affaires étrangères Joe Raggi est entré en contact avec la coordinatrice spéciale des Nations unies pour le Liban, Jeanine Hennis-Plasschaert, afin de lui présenter ses condoléances, ainsi qu'avec le commandant du bataillon indonésien et le commandant en chef de la Finul, le général Diodato Abagnara. M. Raggi a salué les sacrifices consentis par la Finul et demandé à Mme Hennis-Plasschaert de lui fournir « tous les détails et informations relatifs aux circonstances du décès dès que l'enquête menée par la Finul sera terminée ». De son côté, le président du Parlement Nabih Berry a appelé le général Abagnara, à qui il a présenté ses condoléances, tout en souhaitant un prompt rétablissement aux blessés. M. Berry a réaffirmé au commandant de la Finul « sa condamnation, son rejet et sa dénonciation des attaques qui prennent pour cible les Casques bleus, ainsi que leur rôle dans le maintien de la paix et la mise en œuvre de la résolution 1701 ».
Jakarta a annoncé lundi que la victime était de nationalité indonésienne et mentionne trois blessés. Le gouvernement indonésien « exprime ses plus sincères condoléances à la suite du décès d'un Casque bleu indonésien et des blessures subies par trois autres », servant au sein de la Finul, après des tirs d'artillerie « indirects à proximité de la position du contingent indonésien de la Finul » dimanche, a indiqué le ministère des Affaires étrangères du pays d'Asie sur X. La Finul a signalé que ses positions avaient été touchées à plusieurs reprises au cours des combats. Le 7 mars, trois soldats ghanéens ont été blessés par des tirs dans une ville frontalière du sud du Liban.
Incursion terrestre israélienne
La ville de Adchit el-Qoussair se trouve près de la frontière sud du Liban avec Israël, où les forces israéliennes affrontent les combattants du Hezbollah depuis près d'un mois. « Au Liban, j'ai ordonné à l'instant d'étendre davantage la zone de sécurité existante afin de neutraliser définitivement la menace d'invasion et d'éloigner de la frontière les tirs de missiles antichars », a déclaré dimanche le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu dans une vidéo.
L'armée israélienne mène une profonde offensive terrestre dans le sud du Liban. Après avoir annoncé dimanche la mort d'un cinquième soldat depuis le 2 mars au Liban, elle a affirmé que ses troupes avaient mené « une opération ciblée visant à empêcher les tentatives » du Hezbollah « de s'implanter le long de la frontière libanaise ».
Ces derniers jours, l'armée israélienne a bombardé les ponts qui traversent le Litani, fleuve situé à 30 kilomètres au nord de la frontière. L'agence de presse officielle libanaise (ANI) a également fait état de plusieurs frappes israéliennes dans le sud du pays dimanche. Le Liban a été entraîné dans la guerre entre Israël et les Etats-Unis d'une part et l'Iran d'autre part par une attaque du Hezbollah pro-iranien contre Israël le 2 mars en représailles de la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué dans une frappe à Téhéran.



Quand l’ONU va t’elle rapatrier ses casques bleus ? C’est intenable.
13 h 50, le 31 mars 2026