De la fumée s’élève après l’interception d’un drone iranien, dans le contexte du conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran, à Manama (Bahreïn), le 6 mars 2026. Photo Reuters
Le Bahreïn a nié samedi mener une répression contre ses citoyens en raison de leur appartenance religieuse, après que des organisations de défense des droits humains ont signalé une vague d'arrestations visant principalement les chiites. Le petit royaume du Golfe est dirigé par une dynastie sunnite et abrite, comme en Iran, une importante communauté chiite qui estime de longue date être marginalisée.
Depuis le 28 février, premier jour du conflit au Moyen-Orient, les autorités ont arrêté quelque 200 personnes, d'après l'Institut bahreïni pour les droits et la démocratie (BIRD), une ONG basée au Royaume-Uni, et le Centre Al Amal pour les droits humains et la justice, parfois sur des accusations d'espionnage ou encore pour avoir manifesté leur soutien à l'Iran.
« L'affirmation selon laquelle Bahreïn prendrait pour cible ses citoyens en raison de leur appartenance religieuse est catégoriquement fausse et provocatrice », a réagi le Centre national de communication de Bahreïn dans un communiqué adressé à l'AFP. « Des poursuites ont été engagées en raison de comportements précis et avérés, notamment d'espionnage, de diffusion de propagande ennemie et d'incitation à la violence », selon la même source. « Tout acte visant la sécurité nationale ou cherchant à porter atteinte à l'unité nationale ne sera pas toléré », ajoute le communiqué.
Des ONG ont déclaré à l'AFP que des avocats avaient du mal à joindre leurs clients. La famille d'une femme, arrêtée pour des publications sur les réseaux sociaux, a passé cinq jours à essayer de la localiser, a raconté un proche.
« L'allégation selon laquelle les avocats se seraient vu systématiquement refuser l'accès à leurs clients en temps opportun est fausse. L'affirmation spécifique selon laquelle la famille d'une détenue n'aurait pas pu la localiser pendant cinq jours est tout aussi dénuée de fondement. Tous les droits de la défense ont été scrupuleusement respectés tout au long de la procédure », a répliqué le Centre national de communication.



« Plainte » contre l'Iran : pourquoi les Affaires étrangères ont dû mettre de l'eau dans leur vin