Le Premier ministre libanais Nawaf Salam lors d'une réunion de son gouvernement, le 26 mars 2026. REUTERS/Mohamed Azakir
Le Premier ministre, Nawaf Salam, a contacté jeudi le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, pour dénoncer la poursuite des « agressions israéliennes » au Liban-Sud, tout en soulignant le « risque d’annexion » d’une partie de cette région à mesure que s’étend l’offensive terrestre israélienne.
Le chef du gouvernement a ainsi mis en garde contre des « menaces répétées de responsables israéliens visant à occuper et potentiellement annexer la zone au sud du Litani », accusant également Israël d’avoir détruit la majorité des ponts sur le fleuve afin d’isoler cette région du reste du pays, selon un communiqué publié par l’Agence nationale d'information (Ani, officielle).
Mardi, le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, avait annoncé que l'armée allait s'emparer d'une zone dans le sud du Liban courant de la frontière jusqu'au fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres plus au nord, pour assurer sa sécurité. Les forces israéliennes manoeuvrent à l'intérieur du territoire libanais pour s'emparer d'une ligne de défense avancée », a déclaré M. Katz dans une vidéo diffusée par son bureau.
M. Salam a aussi évoqué le sort des plus d’un million de Libanais déplacés de force, des destructions quotidiennes de terres et d’habitations, estimant que « ces actions empêchent le retour des civils à court terme ». Il a enfin indiqué que Beyrouth avait déposé une plainte immédiate devant le Conseil de sécurité de l’ONU pour dénoncer ces violations du droit international, appelant l’instance à agir pour y mettre fin.
À l'issue du Conseil des ministres jeudi, le ministre de l'Information Paul Morcos a annoncé que le Liban allait saisir le Conseil de sécurité de l'ONU pour les actions israéliennes qui « menacent la souveraineté » du pays. Une décision motivée par le bombardement de la plupart des ponts du Litani, fleuve qui sépare une partie du sud du reste du pays, « le déplacement massif forcé des habitants », et « la progression des troupes israéliennes sur le territoire libanais, accompagnée de destructions (..) qui menacent la souveraineté du Liban et l'intégrité de son territoire », a-t-il détaillé. À l'heure où Washington semble chercher une porte de sortie diplomatique à la guerre contre l'Iran, Israël affiche sa détermination à intensifier ses opérations militaires au Liban contre le Hezbollah, allié de Téhéran. Selon un nouveau bilan jeudi du ministère de la Santé, les frappes israéliennes ont tué 1.116 personnes depuis le début des hostilités le 2 mars, dont 121 enfants, fait plus de 3.000 blessés et plus d'un million de déplacés.

