Un véhicule blindé de la Finul patrouillant près de Marjeyoun, le 11 mai 2026. Photo AFP
La Force intérimaire de l'ONU au Liban (Finul) a exprimé sa préoccupation concernant « l'usage accru » de drones au Liban-Sud, principalement par le Hezbollah qui vise des soldats israéliens occupant la zone, et fait état d'au moins cinq explosions dues à ces engins « dans et autour de ses bases » au cours des derniers jours. Dans un communiqué mercredi, la Finul a affirmé que ces incidents ont « mis les Casques bleus en danger ».
La force internationale évoque dans ce cadre un incident lié à l'explosion de « trois drones présumés du Hezbollah » le lundi 11 mai près de son quartier général à Naqoura. Le lendemain, un engin a explosé dans la même région, puis, quelques minutes plus tard, un autre drone a explosé « à l'intérieur du QG » de la Finul, endommageant plusieurs bâtiments. Le 10 mai, c'est un drone « qui n'était pas armé » et « de fabrication iranienne » qui s’est écrasé dans un espace ouvert du QG à Naqoura. Avant cela, le 5 mai, « un drone armé guidé par fibre optique, présumé appartenir au Hezbollah, a traversé le toit d’un bâtiment dans une position de l’ONU près de Haniyé », sans toutefois exploser ni faire de blessé.
Face à ces menaces, la Finul appelle tous les belligérants à « éviter les opérations à proximité » de ses positions et de son personnel, qui pourraient mettre les Casques bleus en danger. « Nous avons spécifiquement protesté contre la présence, les activités et les mouvements de personnel et de véhicules » de l'armée israélienne près du quartier général, a encore indiqué la force onusienne, qui dit avoir en outre « protesté auprès de l'armée libanaise contre les activités d’acteurs non étatiques à proximité de (nos) positions. »
Ces dernières semaines, le Hezbollah utilise plusieurs fois par jour des drones kamikaze à fibre optique, devenus la bête noire de l'armée israélienne qui occupe une zone de plus de 600 km2 au Liban-Sud, le long de la frontière. L'état-major israélien tente depuis de trouver des moyens de se défendre contre ces petits appareils, peu coûteux et fabriqués de façon artisanale, qui parviennent à contrecarrer les systèmes de brouillage électronique et de radar sophistiqués de l’armée israélienne.

