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Dernières Infos - Guerre

Nouvelles frappes de drone au Soudan, 28 civils tués


Deux nouvelles frappes de drones dans deux régions du Soudan contrôlées l'une par l'armée, l'autre par les paramilitaires, ont tué au moins 28 civils mercredi, selon des sources médicales jointes par l'AFP jeudi. Sourdes aux appels répétés des Nations unies d'épargner les civils, l'armée et les Forces de soutien rapide (FSR), en guerre depuis 2023, ont intensifié ces derniers mois leurs frappes au Darfour et au Kordofan, dans l'espoir d'obtenir un avantage décisif sur le terrain.

Mercredi, une frappe a fait « 22 morts, dont un nourrisson, et 17 blessés » sur le marché de Saraf Omra (État du Darfour-Nord), dans une zone contrôlée par les FSR, selon un soignant de la clinique locale joint par l'AFP. À quelque 800 kilomètres à l’est, une autre frappe de drone a incendié un camion circulant sur une route du Kordofan-Nord, en territoire contrôlé par l’armée. « Six corps sont arrivés à l’hôpital hier, dont trois carbonisés, ainsi que 10 blessés », a indiqué à l’AFP une source médicale d'un hôpital local, en imputant l’attaque aux FSR. Les drones des deux camps ont à plusieurs reprises visé l’autoroute est-ouest du centre du Soudan qui relie le Darfour à l’est tenu par l’armée.

La guerre au Soudan a fait des dizaines de milliers de morts et quelque 11 millions de déplacés, constituant la plus grave crise alimentaire et de déplacement au monde. Plus de 500 civils ont été tués par des frappes de drones entre janvier et mi-mars, principalement au Kordofan, selon le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme.

« Impact dévastateur »

« L'augmentation marquée du recours aux drones pour mener des frappes aériennes cette année au Soudan souligne l'impact dévastateur de ces armes de haute technologie et relativement bon marché dans les zones peuplées », a déploré une porte-parole de l'ONU en présentant ce bilan cette semaine à Genève. La semaine dernière, une frappe sur un hôpital universitaire du Darfour a fait 70 morts et 146 blessés parmi les patients, le personnel de santé et les familles venues en visite, selon le dernier bilan de l'OMS. Dans un message publié mercredi sur son compte X, l'émissaire américain Massad Boulos a attribué cette frappe aux forces armées soudanaises (SAF), suscitant une réaction ulcérée à Khartoum. Cette « frappe menée par les SAF (....) est révoltante », a écrit M. Boulos. « La violence des deux côtés doit cesser », a-t-il ajouté en appelant à une trêve humanitaire. Le ministère pro-armée des Affaires étrangères a condamné « des propos lancés à tort et à travers », « sans vérification », qui selon lui illustrent « un parti pris manifeste » et « portent préjudice aux efforts de paix ».

L'an dernier, Khartoum avait déjà accusé l'émissaire américain d'être partial en raison de sa proximité avec les Emirats arabes unis, accusés de fournir aux FSR armes, hommes et carburant.

Les Emirats, comme d'autres pays accusés de nourrir un conflit par procuration au nom de leurs intérêts propres - Egypte, Tchad, Libye ou Ethiopie, entre autres - ont toujours nié toute interférence.

Les Nations unies appellent depuis plusieurs mois les Etats membres à « s’abstenir de toute ingérence extérieure » et à respecter l'embargo sur les armes, sans grand résultat.

Alors que l'ONU s'inquiète du risque de régionalisation du conflit, des combats violents ont opposé les rivaux soudanais à la frontière de l’Ethiopie (à l'est) et à la frontière du Tchad (à l'ouest). Le 17 mars, une frappe de drone a fait 24 morts du côté tchadien de la ville frontalière de Tiné, selon l'ONU.

L'armée tchadienne a été déployée tout au long des 1.300 kilomètres de frontière et N'Djamena prévoit une « réponse proportionnelle » en cas de nouvelle attaque, a déclaré cette semaine le ministre de l'Information tchadien, Gassim Cherif Mahamat, dans un entretien sur France 24.

Le nouvel envoyé spécial de l'ONU pour le Soudan, Pekka Haavisto, a entamé cette semaine à Khartoum une tournée régionale auprès de différents acteurs « en soutien à la paix au Soudan ».

Deux nouvelles frappes de drones dans deux régions du Soudan contrôlées l'une par l'armée, l'autre par les paramilitaires, ont tué au moins 28 civils mercredi, selon des sources médicales jointes par l'AFP jeudi. Sourdes aux appels répétés des Nations unies d'épargner les civils, l'armée et les Forces de soutien rapide (FSR), en guerre depuis 2023, ont intensifié ces derniers mois leurs frappes au Darfour et au Kordofan, dans l'espoir d'obtenir un avantage décisif sur le terrain.Mercredi, une frappe a fait « 22 morts, dont un nourrisson, et 17 blessés » sur le marché de Saraf Omra (État du Darfour-Nord), dans une zone contrôlée par les FSR, selon un soignant de la clinique locale joint par l'AFP. À quelque 800 kilomètres à l’est, une autre frappe de drone a incendié un camion...