Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, lors d’un rassemblement avec ses partisans, à Sderot, en Israël, le 26 octobre 2022. Photo d'archives Gil Cohen-Magen/AFP
Le ministre des Finances israélien, Bezalel Smotrich, a appelé lundi à annexer le sud du Liban jusqu’à la rivière Litani, affirmant que cette zone devait devenir la future frontière d’Israël, alors que l’armée israélienne poursuivait ses frappes aériennes en détruisant ponts et habitations.
Lors d’une émission de radio, Bezalel Smotrich a déclaré que la campagne israélienne au Liban « doit se terminer avec une réalité complètement différente, à la fois concernant le Hezbollah et le changement des frontières d’Israël ». « Je le dis ici de manière définitive… dans chaque pièce et dans chaque discussion : la nouvelle frontière israélienne doit être le Litani », a-t-il insisté.
Ces déclarations constituent les plus explicites à ce jour d’un haut responsable israélien sur la saisie de territoires libanais dans ce que Tel-Aviv présente comme une opération contre le Hezbollah.
Chef d’un petit parti d’extrême droite au sein du gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu, Bezalel Smotrich est connu pour ses propos souvent plus radicaux que la politique officielle israélienne. Lundi, un responsable militaire a indiqué à Reuters qu’il ne pouvait pas commenter les déclarations des politiciens ni les plans à long terme du gouvernement, mais que les troupes israéliennes limitaient leurs raids aux zones proches de la frontière, loin du Litani.
Le bureau de Benjamin Netanyahu n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire de Reuters. Plus tôt ce mois-ci, le ministre de la Défense Israel Katz avait laissé entendre des projets de saisie de territoires, affirmant que le Liban pourrait subir une « perte de territoire » s’il ne désarmait pas le Hezbollah. Un responsable libanais a précisé que Beyrouth comptait sur la pression des puissances étrangères pour contraindre Israël à mettre fin à la guerre, via la proposition du président Joseph Aoun d’engager des discussions directes avec Tel-Aviv.
Le Liban a été entraîné dans ce conflit régional le 2 mars, lorsque le Hezbollah a tiré des missiles sur Israël, en représailles à la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février lors des frappes israélo-américaines sur l’Iran. Depuis, Israël mène des représailles massives, combinant frappes aériennes et avancées terrestres dans une zone tampon le long de la frontière, tandis que le Hezbollah continue de multiplier les salves de roquettes depuis le Liban.

