Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, lors d'une allocution télévisée, le jeudi 12 mars 2026. Photo publiée sur le compte X du Grand Sérail/@grandserail
Dans une nouvelle adresse aux centaines de milliers de déplacés au Liban, le Premier ministre, Nawaf Salam, a déclaré jeudi que « tout le Liban est (leur) maison, et l’État est à (leurs) côtés ». « Nous travaillons sans relâche pour mettre fin à cette guerre et vous permettre de retourner chez vous au plus vite, dans des conditions sûres et dignes », a-t-il dit, rapporte le Grand Sérail sur son compte X.
Rappelant que « c’est une guerre que nous (l’État libanais, Ndlr) n’avons pas voulue », Nawaf Salam a indiqué que « le président de la République (Joseph Aoun) a lancé son initiative de négociation (avec Israël), afin d’extirper le Liban de la profonde épreuve dans laquelle il a été plongé ».
« Je n’ai aucun doute que tous les Libanais aspirent à ce que notre armée joue pleinement son rôle en étendant l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire », a-t-il ajouté. Dans ce cadre, après ses déclarations lors du Conseil des ministres jeudi, le chef du gouvernement a estimé, encore une fois, que le communiqué publié par « les officiers nationaux » dans les colonnes du quotidien pro-Hezbollah Al-Akhbar, dans lequel il est question de désertions au sein de la troupe en cas de recours à la force contre la milice, était « suspect et totalement étranger à toute notion de patriotisme. » « Il menace l’armée dans son unité et dans son rôle national, et n’a sa place que dans le registre de la manœuvre et du chantage », a-t-il encore affirmé.
M. Salam a ensuite appelé à l’unité nationale : « La phase que traverse notre pays est critique et exige de nous tous vigilance et sagesse dans l’expression de nos positions et sentiments, afin de le protéger des dangers d’une division destructrice ». « À l’ensemble des Libanais, je dis que je respecte et comprends l’inquiétude qui habite beaucoup d’entre vous quant à l’avenir du pays. Vous aussi payez, même indirectement, le prix d’une guerre que vous n’avez pas choisie », a-t-il également affirmé.
Dans le dernier bilan publié mercredi soir, les autorités libanaises ont recensé quelque 816 000 déplacés, alors que les ordres d'évacuation émis par l'armée israélienne englobent des zones toujours plus larges au Liban-Sud, incluant désormais des régions au nord du Litani, en plus des ordres concernant l'intégralité de la banlieue sud de Beyrouth et une partie de la Békaa.

