Des bâtiments lourdement endommagés dans le village de Bednayel, dans la Békaa, le 21 février 2026, au lendemain de frappes israéliennes. Photo AFP
Le président de la République Joseph Aoun a condamné samedi les attaques israéliennes meurtrières la veille sur la Békaa et Saïda, estimant qu’elles témoignent d'une volonté d'Israël de saboter les efforts diplomatiques pour mettre un terme aux violations du cessez-le-feu.
Vendredi dans la soirée, l’aviation israélienne s’est déchaînée sur la Békaa en menant six frappes en quelques minutes, faisant selon le ministère de la Santé, 10 morts et 24 blessés. Citant un responsable du Hezbollah, l'AFP indique que huit membres du parti chiite ont été tués dans cette attaque. Plus tôt dans la journée, le camp palestinien de Aïn el-Héloué avait été pris pour cible par l'aviation israélienne, dans une frappe de drone qui a fait deux morts.
Dans un communiqué, le président Aoun a estimé que « la poursuite de ces agressions constitue un acte hostile pour saboter les efforts et démarches diplomatiques entrepris par le Liban et ses alliés, en tête desquels les États-Unis, et visant à consolider la stabilité et mettre fin aux hostilités israéliennes contre le Liban ». Il a ajouté que « ces frappes représentent une nouvelle violation de la souveraineté libanaise et une violation flagrante des engagements internationaux, traduisant un mépris de la volonté de la communauté internationale, en particulier des résolutions des Nations unies appelant au respect de la résolution 1701 et à son application dans toutes ses dispositions ». Le chef de l’État a enfin renouvelé son appel aux pays garants de la stabilité dans la région à « assumer leurs responsabilités pour mettre immédiatement fin aux agressions et exercer des pressions en vue du respect des résolutions internationales, de manière à préserver la souveraineté du Liban, sa sécurité et l’intégrité de son territoire, et à éviter une nouvelle escalade des tensions ».
Réactions dans la communauté chiite
Le député Rami Abou Hamdane, membre du groupe parlementaire du Hezbollah, a de son côté réclamé la suspension des réunions du comité de supervision de l’application du cessez-le-feu - auquel participent les États-Unis, la France, le Liban, Israël et les Nations unies -, dit le 'Mécanisme', « jusqu’à ce que l’ennemi mette fin à ses attaques ». M. Abou Hamdane a déclaré que le parti-milice pro-iranien « n’acceptera pas que les autorités se comportent en simples analystes politiques », et dénoncé une attitude consistant à « banaliser » les attaques israéliennes. « Les massacres commis par l’ennemi » ne sont pas « nouveaux au regard de la barbarie sioniste » et « les condamnations et les dénonciations ne suffisent plus », a-t-il dit, en estimant que « le sang des Libanais n’est pas une marchandise bon marché », et les autorités sont tenues d'adopter « un changement radical » dans leur manière de défendre le pays.
Pour sa part, le vice-président du Conseil supérieur chiite (CSC), Cheikh Ali el-Khatib, a dénoncé « la poursuite d’une politique d’extermination menée par l’entité sioniste contre notre peuple résilient ». Il a fait valoir que « l’unité nationale est la réponse la plus appropriée à la criminalité sioniste », critiquant vivement « le silence du monde entier ». Le dignitaire religieux a également salué « la prise de position immédiate » du président Aoun, après les frappes, et souhaité que le gouvernement « active son action diplomatique sur tous les plans internationaux et auprès des Nations unies, ne serait-ce que pour déposer une plainte contre Israël au Conseil de sécurité ».
Malgré le cessez-le-feu conclu en novembre 2024, Israël continue de mener des frappes quasi quotidiennes, notamment au Liban-Sud et dans la Békaa. Parallèlement, l’armée libanaise poursuit son plan de désarmement des milices, principalement le Hezbollah.


Le Président fait ce qu’il peut, mais naïm non. Le voisin ne respecte pas le cessez-le-feu c’est vrai, mais la milice non plus. Elle insiste pour traduire l’accord à sa façon. Le voisin aussi. Alors si en plus de ses déboires, la milice menace de défendre l’Iran en cas d’attaque, elle se met elle-même dans la ligne de tir. Dans la guerre c’est toujours le plus fort qui gagne, et c’est évident. Ceux qui étaient contre la guerre absurde lancée par le hezbollah lui-même , avaient mille fois raison. L’Etat veut sauver le public du hezbollah, mais encore faut-il que ce dernier l’accepte.
07 h 03, le 22 février 2026