La coopérative des employés publics dans le sud du Liban a fermé alors que les employés sont en grève mercredi et jeudi, dénonçant l'augmentation des prix de l'essence au Liban. Photo relayée par Mountasser Abdallah
Plusieurs syndicats des secteurs public et privé ont lancé un ultimatum au gouvernement libanais afin de revoir avant mardi prochain sa copie concernant les augmentations de TVA et des prix des carburants, sans quoi un recours à la rue sera envisagé, doublé d'une possible grève.
Les mesures annoncées lundi soir par le gouvernement de Nawaf Salam, prévoyant une hausse de la TVA d’un point de pourcentage et une augmentation des prix de l’essence de 300 000 livres libanaises afin de financer des revalorisations salariales pour les fonctionnaires et militaires, actifs comme retraités, continuent de faire grincer des dents. C'est dans ce contexte que les « Associations du Secteur Public – Militaires et Fonctionnaires » ont fait savoir qu'elles gardaient leur réunion ouverte pour évaluer la décision du gouvernement d’accorder six salaires supplémentaires aux fonctionnaires, tout en estimant que cette mesure reste très inférieure à leur revendication de longue date : la restitution totale des salaires, soldes et pensions, au niveau d'avant-crise. Dans un communiqué, les associations ont souligné qu’elles étaient prêtes à prendre « toutes les mesures légitimes », y compris en se mobilisant dans la rue pour obtenir des « mesures dignes » en leur faveur.
De son côté, le président des syndicats et associations du secteur des transports terrestres, Bassam Tleiss, a affirmé accorder aux autorités un délai similaire, jusqu'à mardi prochain, « pour trouver une formule qui pourra satisfaire à la fois les citoyens et les chauffeurs ; sinon, nous appellerons à des manifestations dans la rue jeudi prochain ».
De même, l’Union générale des employés du fournisseur public de télécommunications au Liban — Ogero — a annoncé que mardi serait une « journée de colère », avec un rassemblement prévu à 10 heures devant son siège principal à Bir Hassan, dans la banlieue sud de Beyrouth.
« Pire décision prise par le gouvernement jusqu’à présent »
Mercredi et jeudi, des employés du Sérail de Saïda avaient suspendu le travail conformément à l’appel de la Ligue des fonctionnaires, pour dénoncer des « mesures injustes » prises par l'Exécutif.
Pour sa part, Michel Moawad, député indépendant de Zghorta, a critiqué jeudi les hausses d’impôts, les qualifiant de « pire décision prise par le gouvernement jusqu’à présent ». S’exprimant devant le Parlement, il a estimé que les recettes de l’État devaient provenir de réformes structurelles plutôt que de nouveaux impôts, soulignant qu’il ne peut y avoir de dépenses durables sans croissance économique et réforme de la taille et du rôle du secteur public. Il a également appelé à combattre l’évasion fiscale, la contrebande et l’économie informelle, avertissant qu’en l’absence de stabilité et de réforme, investissement et croissance resteraient hors de portée.


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