Le ministre cubain des Affaires étrangères Bruno Rodriguez participe à une réunion avec son homologue russe Sergueï Lavrov à Moscou, en Russie, le 18 février 2026. Photo Hector Retamal/Pool via REUTERS
Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a assuré mercredi à Moscou son homologue cubain Bruno Rodriguez de la « solidarité » de la Russie avec Cuba dans le contexte de l'embargo pétrolier américain qui asphyxie cet allié traditionnel de la Russie. Le diplomate cubain doit également s'entretenir avec le président russe Vladimir Poutine. L'île communiste de 9,6 millions d'habitants souffre particulièrement depuis l'arrêt, sous la pression américaine, des livraisons de pétrole vénézuelien et des menaces de Washington de frapper de droits de douane tout pays lui vendant du pétrole.
« Nous appelons les Etats-Unis d'Amérique à faire preuve de bon sens, d'une approche responsable, et à renoncer à leurs projets de blocus naval militaire », a déclaré M. Lavrov à l'issue de sa rencontre avec son homologue cubain, selon les images retransmises à la télévision russe. M. Lavrov a assuré que Moscou continuera à « soutenir systématiquement » Cuba et a souligné « la pleine solidarité » de la Russie envers son peuple, sans dévoiler pour autant de mesures concrètes. Des médias russes ont fait état la semaine dernière d'un possible envoi de pétrole comme « aide humanitaire ».
Les recettes de tourisme, deuxième secteur économique de l'île, sont menacées par les pénuries de carburant. Plusieurs compagnies aériennes, notamment les russes Rossiya et Nordwind, ont annoncé la suspension de leurs vols à destination de Cuba faute de ravitaillement en carburant. Les délestages électriques sont également récurrents et plusieurs hôtels ont fermé temporairement.
« Profonde inquiétude »
M. Lavrov a qualifié d' « absolument innaceptable » le décret américain signé fin janvier par le président Donald Trump et qualifiant l'île de « menace extraordinaire » pour les Etats-Unis, notamment à cause de son « alignement » avec la Russie décrite comme un « pays hostile ».
Moscou et La Havane, qui collaborent étroitement depuis la période soviétique, ont renforcé leurs liens depuis que la Russie a lancé son offensive à grande échelle contre l'Ukraine en 2022. Les deux pays « partagent une profonde inquiétude face à la détérioration de l'ordre international », aujourd'hui « en train d'être remplacé par les pratiques du gouvernement des États-Unis », a déclaré de son côté Bruno Rodriguez.
Le diplomate a promis que Cuba, qui n'a jamais dénoncé l'offensive russe en Ukraine lancée en février 2022, ne changera pas de ligne politique malgré la pression américaine. Une rencontre entre le représentant cubain et le président russe Vladimir Poutine, qui n'a jusqu'à présent pas commenté la situation publiquement, doit encore avoir lieu.
Le président russe s'est abstenu dernièrement de toute critique trop ardente contre les Etats-Unis alors qu'ont lieu des pourparlers sous médiation américaine pour tenter de mettre fin au conflit en Ukraine. La rencontre revêt « une importance particulière compte tenu du fait qu'il s'agit de Cuba, notre pays frère et ami », a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, lors de son point de presse quotidien auquel participait l'AFP.
Il a affirmé que la Russie continue de se prononcer contre le blocus de Cuba et que Moscou va continuer de renforcer ses relations avec La Havane.


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