La réunion entre le ministre des Finances Yassine Jaber et l'envoyé français Jacques de Lajugie le 16 février 2026. Photo diffusée par le ministère des Finances
Avant de se rendre au palais de Baabda pour discuter de l’épineux dossier de l’augmentation partielle des rémunérations des fonctionnaires, le ministre des Finances, Yassine Jaber, s’est entretenu lundi avec des responsables français et américains, quelques jours après la visite à Beyrouth d’une délégation du Fonds monétaire international (FMI) venue suivre les réformes nécessaires à l’assainissement des finances publiques et à l’adhésion à un programme d’assistance.
M. Jaber a d’abord rencontré l’envoyé spécial du président français Emmanuel Macron, Jacques de Lajugie. « La réunion s’est concentrée sur les développements du processus de coopération avec le FMI, notamment sur les exigences de la phase de transition entre l’accord préliminaire (SLA) et un programme définitif », indique un communiqué du ministère des Finances. Les interlocuteurs ont appelé à accélérer l’adoption du projet de loi sur « le trou financier » (loi sur la stabilisation financière et le remboursement des dépôts – FSDR), « considérée comme la porte décisive permettant de transformer les consultations techniques en un accord de financement effectif ». Jacques de Lajugie s’est ensuite rendu au Grand Sérail pour en discuter avec le Premier ministre Nawaf Salam, sans qu’aucune décision substantielle n’en ressorte.
Paris s’emploie depuis plusieurs mois à lever les obstacles au soutien au Liban en favorisant l’adoption de ce cadre législatif, nécessaire pour rouvrir la voie à une négociation crédible avec le FMI.
Le ministre Jaber a ensuite reçu une délégation américaine, comprenant notamment la sénatrice démocrate Elissa Slotkin et l’ambassadeur des États-Unis au Liban, Michel Issa. Un communiqué publié à l'issue de cette réunion indique que les discussions ont porté sur la « situation générale », sans plus de précisions. Washington, qui détient plus de 17 % des voix au conseil d’administration du FMI, suit aussi de près l’évolution des discussions entre le Liban et le FMI. La délégation a terminé sa visite de cinq jours par un arrêt à l’ambassade américaine à Aoukar, où l’ambassadeur Michel Issa a souligné la nécessité « d’une restructuration financière globale et d’un socle de paix et de sécurité ».
Pour accéder à un programme d’assistance, le Liban devra conclure un nouvel accord préliminaire avec le FMI, celui signé en avril 2022 sous le gouvernement Mikati étant désormais caduc.


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