Des agriculteurs palestiniens du village de Burqa conduisent leur tracteur devant une clôture décorée de drapeaux israéliens, installée par des colons juifs, dans le nord de la Cisjordanie occupée par Israël, le 15 février 2026. Photo Jaafar Ashtiyeh / AFP
C'est une première depuis 1967, année de la conquête de la Cisjordanie. Le gouvernement israélien a approuvé dimanche l’ouverture du processus d’enregistrement des terres en Cisjordanie occupée, selon la radio publique KAN et plusieurs médias israéliens. Il s’agit selon les Palestiniens d’un pas supplémentaire vers l’annexion du territoire.
Jusqu'à maintenant, les colons israéliens achetaient leurs terrains via des sociétés. Le ministre israélien de la Défense Israël Katz a décrit une « étape nécessaire », et le ministre des Finances d'extrême droite Bezalel Smotrich, lui-même colon et partisan farouche d'une annexion de ce territoire, a vanté « le maintien de la présence » israélienne, selon plusieurs médias israéliens. De son côté, l’Autorité palestinienne a dénoncé une mesure qui « s’apparente à une annexion de facto du territoire palestinien occupé. »
Réserves foncières
Cette décision implique « l’enregistrement au nom de l’État (d'Israël) de vastes zones de Cisjordanie appartenant à l’État », indique un communiqué conjoint signé par Israël Katz, Bezalel Smotrich, ainsi que le ministre de la Justice, Yariv Levin, rapportent les médias israéliens. Le ministère de la Justice serait chargé de cette tâche, et se verrait dédier un budget à l’enregistrement, selon le communiqué. La principale portée de la mesure est de permettre de définir un cadre « légal » pour les acquisitions foncières en Cisjordanie.
« Cette décision constitue une réponse appropriée aux procédures de colonisation illégales que l’Autorité palestinienne promeut dans la zone C, en violation du droit et des accords », indique le communiqué. En vertu des accords d'Oslo, la Cisjordanie est divisée en zones A, B et C - respectivement sous contrôle palestinien, mixte, et israélien. Israël impose dans cette dernière zone des restrictions aux activités économiques palestiniennes encore plus drastiques que dans les deux autres, et ses colonies en son sein sont jugées illégales au regard du droit international.
Pour Israël Katz, la « reprise de la régularisation foncière en Judée-Samarie (nom donné à la Cisjordanie occupée, Ndlr) constitue une mesure essentielle en matière de sécurité et de gouvernance, visant à garantir le contrôle d’Israël, l’application de la loi et une pleine liberté opérationnelle dans la région ». « La régularisation des terres empêche les initiatives unilatérales, réduit les tentatives de saisies illégales et perturbe les infrastructures terroristes qui compromettent la stabilité et la sécurité », poursuit-il, en décrivant une « étape nécessaire (…) permettant à l’armée israélienne et aux forces de sécurité d’agir avec détermination afin de protéger les citoyens israéliens et de préserver les intérêts nationaux. »
Bezalel Smotrich a pour sa part ajouté qu'Israël poursuit la « révolution de l’implantation et le maintien de la présence israélienne sur l’ensemble des territoires de notre terre. Pour la première fois depuis la guerre des Six Jours (1967), nous rétablissons l’ordre et la gouvernance dans la gestion foncière en Judée-Samarie. » Avant de conclure : « L’État d’Israël assume la responsabilité de ses terres et agit conformément à la loi, avec transparence et détermination. »
« Une annexion de facto » de la Cisjordanie
L’Autorité palestinienne a dénoncé une mesure qui « s’apparente à une annexion de facto du territoire palestinien occupé et marque le début de la mise en œuvre de plans d’annexion visant à pérenniser l’occupation par l’extension illégale des colonies » en Cisjordanie occupée, rapporte l’agence palestinienne Wafa. Elle fustige une « dangereuse escalade et une violation flagrante du droit international », ajoutant que la mesure « contredit clairement les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, en particulier la résolution 2334, qui affirme que toute activité de colonisation israélienne dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, n’a aucune validité juridique et constitue une violation du droit international. »
Toutefois, l’Autorité palestinienne souligne que ces « mesures unilatérales ne conféreront aucune légitimité à l’occupation israélienne sur les terres de l’État de Palestine et ne modifieront en rien le statut juridique et historique de la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, et de la bande de Gaza, qui demeurent des territoires palestiniens occupés au regard du droit international. »
L'instance palestinienne appelle enfin la communauté internationale à « intervenir immédiatement pour mettre un terme aux actions israéliennes dangereuses. »
Cette décision israélienne inédite intervient alors que de nouvelles mesures approuvées dimanche dernier par le cabinet de sécurité israélien ont rendu plus faciles les achats de terres pour les colons en Cisjordanie occupées. Elles permettent aussi aux autorités israéliennes d'administrer certains sites religieux, même lorsqu'ils sont situés dans des zones placées sous le contrôle de l'Autorité palestinienne. Plus de 500 000 Israéliens vivent en Cisjordanie occupée parmi trois millions de Palestiniens, dans des colonies jugées illégales au regard du droit international. Sous l'actuel gouvernement de Benjamin Netanyahu, le nombre de colonies approuvées a explosé, avec un nombre record de 52 en 2025, selon l'ONG israélienne La Paix maintenant, opposée à la colonisation.
Le président américain Donald Trump a écarté toute annexion par Israël de la Cisjordanie, mais son administration n’a pas cherché à freiner l’accélération de la construction de colonies israéliennes, que les Palestiniens estiment compromettre la création d’un futur État en grignotant son territoire.
La plus haute juridiction des Nations Unies a indiqué, dans un avis consultatif non contraignant rendu en 2024, que l’occupation par Israël des territoires palestiniens et les colonies qui s’y trouvent sont illégales et doivent prendre fin dès que possible. L’État hébreu conteste cette position, affirmant avoir des liens historiques et bibliques avec cette terre.




Ceux qui ont conquis et annexé la Judée Samarie et l'ont nommé Cisjordanie, c'est la transjordanie en 1948. Devenue la Jordanie, elle a agressé en juin 1967 Israel en bombardant la partie juive de Jérusalem et Netanya. les Israéliens ont répliqué en attaquant la partie arabe de Jérusalem et en faisant la conquête de la Cisjordanie devenus des territoires occupés. Des Jordaniens? Impossible, cette dernière y a renoncé en 1988 !! !!
17 h 48, le 16 février 2026