Rechercher
Rechercher

Dernières Infos - Prisons Libanaises

Les familles des détenus s’opposent à « l'accélération des procès » prônée par Aoun


Les familles des détenus s’opposent à « l'accélération des procès » prônée par Aoun

Un Libanais venant rendre visite à un détenu à la prison de Roumié, au nord-est de Beyrouth, le 7 avril 2006. Ramzi Haidar/AFP

Les propos du chef de l’État Joseph Aoun, opposé à une loi d’amnistie générale et favorable à une « accélération des procès », ont suscité vendredi l'indignation du Comité des familles des détenus au Liban, qui a contesté cette approche, estimant qu’elle repose sur un système judiciaire « paralysé » et revient à « accélérer l’injustice plutôt qu’à la réparer ».

Alors que le sort des détenus islamistes incarcérés dans les prisons libanaises est au cœur des débats, le Comité a dénoncé des détentions prolongées sans jugement, parfois depuis plus de quinze ans, ainsi que des dossiers judiciaires « enterrés ». « Dans un pays où la justice est paralysée, où les dossiers sont enterrés et où des personnes sont emprisonnées pendant des années, voire des décennies, sans décision ni audience, il ne s’agit ni de rhétorique ni d’exagération, mais d’une réalité documentée, avec des noms et des faits, au cœur de véritables 'cimetières de dossiers' », estiment les familles des détenus.

Jeudi le président Aoun s'était dit en faveur d'une « accélération des procès » plutôt que d'une loi d'amnistie générale et avait affirmé que « la surpopulation carcérale ne se résout pas par une amnistie générale, mais en accélérant les procès, en statuant sur le sort des détenus et en rendant justice aux victimes », soulignant que « personne n'était au-dessus des lois ».

En réponse, le comité a demandé : « Vous évoquez l’accélération des procès. Que dire alors du Conseil judiciaire, où des dossiers sont bloqués depuis 2014, soit près de 17 années de détention sans jugement pour certains détenus ? ». Il ajoute que certains détenus seraient incarcérés sans acte d’accusation formel ou sans audience fixée, tandis que d’autres n’auraient reçu leur acte d’accusation qu’après quinze années de détention. Il dénonce également des procédures reposant sur des aveux extorqués sous la torture, estimant que, dans ce contexte, « l'accélération des procès » ne ferait que consacrer des condamnations injustes.

Le Comité des familles des détenus a appelé les autorités à décréter un « état d’urgence judiciaire », à imposer des « délais légaux contraignants aux juridictions compétentes », à activer « les commissions de réduction de peine et à suspendre toute procédure fondée sur des aveux obtenus sous la torture ». Il a plaidé également pour une amnistie générale à caractère humanitaire, présentée comme la seule mesure susceptible de soulager immédiatement les détenus victimes de détentions prolongées, en attendant une réforme en profondeur du système judiciaire.

La question de l'amnistie générale est revenue sur le devant de la scène après qu'un accord officiel a été signé vendredi dernier entre le Liban et la Syrie, prévoyant le transfert d'environ 300 détenus syriens condamnés et incarcérés dans les prisons libanaises surpeuplées. Ce premier arrangement intervient dans un contexte où Damas réclame l'extradition de tous les Syriens incarcérés dans les geôles libanaises, y compris ceux poursuivis pour des accusations de meurtre de soldats libanais.

Les propos du chef de l’État Joseph Aoun, opposé à une loi d’amnistie générale et favorable à une « accélération des procès », ont suscité vendredi l'indignation du Comité des familles des détenus au Liban, qui a contesté cette approche, estimant qu’elle repose sur un système judiciaire « paralysé » et revient à « accélérer l’injustice plutôt qu’à la réparer ».Alors que le sort des détenus islamistes incarcérés dans les prisons libanaises est au cœur des débats, le Comité a dénoncé des détentions prolongées sans jugement, parfois depuis plus de quinze ans, ainsi que des dossiers judiciaires « enterrés ». « Dans un pays où la justice est paralysée, où les dossiers sont enterrés et où des personnes sont emprisonnées pendant des années, voire des décennies, sans décision ni...