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Politique - Conflit Israël/Hezbollah

« Bienvenue à l’État » : Salam accueilli avec ferveur dans le Sud où il s’engage à la reconstruction

À Bint Jbeil, le Premier ministre a été reçu par le député du Hezbollah Hassan Fadlallah, qui a exprimé l’espoir des habitants de voir cette visite déboucher sur un projet de reconstruction.

« Bienvenue à l’État » : Salam accueilli avec ferveur dans le Sud où il s’engage à la reconstruction

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam lors d'une tournée au Liban-Sud, le 7 février 2024. Photo X/@nawafsalam

« Bienvenue, bienvenue à l’État chez nous ! » Une femme voilée lance ces mots au Premier ministre Nawaf Salam à son arrivée au Liban-Sud. Dans les villages où il se rend, des jeunes agitent des drapeaux libanais, lui jettent des pétales de fleurs et lui offrent des bouquets colorés. La foule acclame le chef du gouvernement : une ambiance de joie et de ferveur qui tranche radicalement avec celle d’il y a un an, lors de la première visite de M. Salam dans la région, le 28 février 2025. À l’époque, quelques jours seulement après avoir formé son gouvernement, il avait été accueilli par des habitants sceptiques quant aux engagements et à la capacité du nouveau cabinet à agir face aux défis du Sud.

« La reconstruction est un engagement non circonstanciel », a déclaré M. Salam à l’occasion de sa troisième visite dans le Sud depuis sa prise de fonction. Il a annoncé plusieurs travaux de réhabilitation dans des villages détruits par la récente guerre entre Israël et le Hezbollah, affirmant la volonté du gouvernement de passer de la promesse aux actes.

Depuis Tyr, où il a été chaleureusement accueilli et a rencontré députés et responsables locaux, le Premier ministre a détaillé les financements mobilisés pour la reconstruction : 250 millions de dollars de prêts de la Banque mondiale, 75 millions d’euros de l’Agence française de développement, ainsi que 35 millions d’euros de subventions de l’Union européenne, de la France et du Danemark, destinés à soutenir notamment l’agriculture et les coopératives locales.

« Le droit des habitants du Sud à la sécurité, au logement, à la terre et à une vie digne est un droit national, a-t-il affirmé. Les agressions israéliennes continues constituent une atteinte à notre souveraineté, à la vie des civils et au droit des populations de vivre en sécurité. Mais la présence de l’État ici aujourd’hui est un message face à cette réalité ».

« Reconstruction et retour des services »

Le Premier ministre a précisé que le gouvernement agit sur trois axes : préserver la dignité des déplacés, soutenir le retour des habitants dans leurs villages, et assurer une vie meilleure pour tous. « Nous travaillons sur trois parcours intégrés : aide humanitaire, reconstruction et relance économique et sociale », a-t-il expliqué, promettant de revenir régulièrement pour suivre la mise en œuvre des projets.

Depuis Yaroun, il a insisté : « l’extension de l’autorité de l’État ne s’accomplit que par la reconstruction et le retour des services ». Dans ce village, il a annoncé la réhabilitation des routes, le rétablissement des réseaux de communication et d’eau, la reconstruction du collège local et le soutien aux serres agricoles. À Tayr Harfa, « qui a payé un lourd tribut », les mêmes projets ont été annoncés. À Bint Jbeil, le Premier ministre a été reçu par le député du Hezbollah Hassan Fadlallah, qui a exprimé l’espoir des habitants de voir cette visite déboucher sur un projet de reconstruction. M. Salam a indiqué que des fonds issus du prêt de la Banque mondiale seraient alloués au caza de Bint Jbeil pour la réhabilitation des routes et infrastructures.

M. Salam a ensuite poursuivi sa tournée à Aïtaroun, qu’il a qualifiée de « symbole ». « Je suis venu ici parce que la résistance à Aïtaroun n’est pas un simple slogan : c’est la décision d’hommes et de femmes qui veulent revenir et continuer à vivre malgré les pertes. Il est du devoir de l’État d’être partenaire de cette décision par des actions concrètes et un suivi sérieux », a-t-il déclaré. Il a ajouté qu’il était essentiel de faciliter l’accès aux terres agricoles, de réhabiliter les bassins d’eau et de réparer les réseaux afin que la saison agricole puisse se poursuivre.

« Pas de distinction entre les habitants de Yaroun ou Beyrouth »

Le chef du gouvernement s’est ensuite rendu dans les villages majoritairement chrétiens de Aïn Ebel et Rmeich. À Aïn Ebel, M. Salam a expliqué qu’il était venu « pour rappeler un principe simple et clair : l’État est responsable de chaque village du Sud et de tous ses habitants, sans distinction ».

À Rmeich, il a souligné que, comme les villages voisins, la localité « a longtemps souffert de l’absence de l’État ». « Un État qui ne fait pas de distinction entre les habitants de Yaroun, Tyr, Rmeich, Aïn Ebel ou Beyrouth », a-t-il ajouté.

Le Premier ministre Salam a conclu sa tournée dans le Sud à Aïta el-Chaab, où il a précisé : « Nous n’attendrons pas l’achèvement du retrait israélien pour préparer les infrastructures », rappelant également le suivi du dossier des prisonniers libanais détenus en Israël.

Des drones israéliens ont survolé plusieurs zones du Sud pendant la visite, alors que les violations du cessez-le-feu conclu en novembre 2024 se poursuivent, plus de 13 mois après le conflit entre le Hezbollah et Israël. M. Salam se rendra dimanche dans les cazas de Hasbaya et Marjeyoun, où il tiendra des réunions avec les députés de la région et plusieurs présidents de conseils municipaux. Il participera également à l’inauguration d’un marché à Nabatiyé. Il sera accompagné de plusieurs personnalités, dont les ministres Charles Hage et Fayez Rassamny, le président du Conseil du développement et de la reconstruction, ainsi que le président du Conseil du Sud.

Nawaf Salam s’était déjà rendu dans le Sud fin février 2025, puis de nouveau en octobre dernier, après que le président du Parlement, Nabih Berry, a accusé le gouvernement de négliger ses habitants. Il avait aussi fait face à des critiques du Hezbollah, opposé à la remise de son arsenal à l’État, alors que le monopole étatique des armes reste un objectif central du gouvernement. La reconstruction des zones dévastées, qui nécessitera plusieurs milliards de dollars, dépend largement de financements internationaux, eux-mêmes conditionnés au désarmement effectif du Hezbollah, une exigence que le parti chiite pro-iranien refuse d’accepter au nord du fleuve Litani.

« Bienvenue, bienvenue à l’État chez nous ! » Une femme voilée lance ces mots au Premier ministre Nawaf Salam à son arrivée au Liban-Sud. Dans les villages où il se rend, des jeunes agitent des drapeaux libanais, lui jettent des pétales de fleurs et lui offrent des bouquets colorés. La foule acclame le chef du gouvernement : une ambiance de joie et de ferveur qui tranche radicalement avec celle d’il y a un an, lors de la première visite de M. Salam dans la région, le 28 février 2025. À l’époque, quelques jours seulement après avoir formé son gouvernement, il avait été accueilli par des habitants sceptiques quant aux engagements et à la capacité du nouveau cabinet à agir face aux défis du Sud.« La reconstruction est un engagement non circonstanciel », a déclaré M. Salam à l’occasion de sa troisième...
commentaires (6)

pourquoi mes impôts doivent-ils aller à ceux qui se sont infligés l' autodestruction, par fanatisme , suivisme, et aventurisme ?

LeRougeEtLeNoir

16 h 36, le 08 février 2026

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Commentaires (6)

  • pourquoi mes impôts doivent-ils aller à ceux qui se sont infligés l' autodestruction, par fanatisme , suivisme, et aventurisme ?

    LeRougeEtLeNoir

    16 h 36, le 08 février 2026

  • Le “président”Salam a choisi le point où il est ccertain de ne pas être huer

    Hitti arlette

    12 h 57, le 08 février 2026

  • @OLJ "le président Salam" ?

    Eloi

    09 h 51, le 08 février 2026

    • Bonjour, Merci pour votre commentaire. La formulation erronée a bien été modifiée. Cordialement

      L'Orient-Le Jour

      10 h 36, le 08 février 2026

  • Reconstruction avec de la dette. Il faudrait prendre soin de bien expliquer aux bonnes gens d’où vient l’argent. Et rien n’est gratuit en ce monde…

    Mago1

    05 h 38, le 08 février 2026

  • On est heureux de noter l’accueil avec ferveur du président salam. Tous ces malheureux sudistes ne voulaient sûrement pas que leur villages et leurs maisons soient détruits. Pour l’Etat, le bonne intention y est, mais les moyens font défaut. Si la clé de la reconstruction est bien liée au désarmement, on peut prévoir que finalement entre un toit et des armes, les Libanais vont choisir le toit.

    NG

    04 h 11, le 08 février 2026

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