Critiques littéraires Poésie-Peinture

On ne voit que ce qui s’éclaire en nous

© Catherine Seghers

Faste et Post-Faste, peintures de Catherine Seghers et poèmes de Michel Cassir, Éditions Unicité, 2025, 72 p.

Lorsque Catherine Seghers et Michel Cassir se rencontrent, nous sommes nécessairement en surréalité.

Heureuse la peintre qui confie ses lunes et ses lubies à un faiseur de mots. Heureux le poète qui bat les cartes à jouer tant qu’ils sont chauds.

Quand un peintre et un poète partent ensemble dans l’espace, des pitreries fusent comme des « barques célestes ». Un « cri implicite » sourd du « grand écart des nuances », « entre l’esprit et sa trace ».

Michel Cassir n’est pas à son coup d’essai. En coup de maître, il l’avait déjà transformé, lorsque les Éditions Al-Ayn avaient publié en 2012 Beyrouth : clair de ruine, ses poèmes accompagnant les photographies de Houda Kassatly.

Ce qui fascine dans les ouvrages d’ekphrasis, outre les œuvres picturale et littéraire elles-mêmes, c’est de lire le troisième livre qu’ils comportent, écrit à l’encre magique mais tout à fait audible, c’est de cheminer en pointillés sur un sentier invisible : quels mots, quelles images poétiques ne figurent pas dans les tableaux ? De même, quels éléments visuels, quelles métaphores picturales n’ont pas leurs échos dans les poèmes ?

Beau livre funambule, entre le jour et la nuit, la terre et la lune, l’espace intérieur et les planètes. Beau livre en équilibre entre le hasard et la nécessité, le rêve et la réalité, ce qui est dit et ce qui est tu.


Faste et Post-Faste, peintures de Catherine Seghers et poèmes de Michel Cassir, Éditions Unicité, 2025, 72 p.Lorsque Catherine Seghers et Michel Cassir se rencontrent, nous sommes nécessairement en surréalité.Heureuse la peintre qui confie ses lunes et ses lubies à un faiseur de mots. Heureux le poète qui bat les cartes à jouer tant qu’ils sont chauds.Quand un peintre et un poète partent ensemble dans l’espace, des pitreries fusent comme des « barques célestes ». Un « cri implicite » sourd du « grand écart des nuances », « entre l’esprit et sa trace ».Michel Cassir n’est pas à son coup d’essai. En coup de maître, il l’avait déjà transformé, lorsque les Éditions Al-Ayn avaient publié en 2012 Beyrouth : clair de ruine, ses poèmes accompagnant les photographies de Houda...
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