Les protagonistes de « Un simple accident » de Jafar Panahi, réunis dans une scène où l’ordinaire bascule et laisse affleurer les failles d’un Iran en suspens. Photo Les Films Pelléas
Le cinéaste iranien, Mehdi Mahmoudian, figure parmi trois personnes arrêtées dimanche, suspectées d'avoir contribué à la diffusion d'un message critique pour le pouvoir de l'ancien Premier ministre Mir Hossein Moussavi, a indiqué lundi l'agence iranienne Fars.
Selon Fars, le co-scénariste d' « Un simple accident », Palme d'or à Cannes en 2025, est accusé d'avoir aidé à préparer la déclaration de Mir Hossein Moussavi, figure de l'opposition iranienne et ancien Premier ministre, assigné à résidence depuis 2011. « Dans quelle langue le peuple doit-il dire qu'il ne veut pas de ce système et qu'il ne croit pas à vos mensonges? Ça suffit », avait déclaré M. Moussavi à l'adresse des dirigeants iraniens, dans un communiqué diffusé par son média Kalame.
Mehdi Mahmoudian a été arrêté avec le leader étudiant Abdollah Momeni et la journaliste et militante des droits des femmes, Vida Rabbani, précise Fars. Le réalisateur d' « Un simple accident », Jafar Panahi, a condamné l'arrestation de son ami, co-scénariste et ancien codétenu, sur les réseaux sociaux.
« Mehdi Mahmoudian n'est pas qu'un simple militant des droits humains emprisonné pendant près de neuf ans », a écrit Jafar Panahi. « Il est un témoin (...) une présence morale rare – dont l'absence se fait immédiatement sentir, aussi bien entre les murs de la prison qu'à l'extérieur », a-t-il ajouté. « L'arrestation de Mehdi Mahmoudian n'est pas un cas isolé, mais s'inscrit dans un système qui cherche à faire taire les voix critiques », a également réagi le ministre allemand de la Culture, Wolfram Weimer, dans un communiqué, appelant à la libération du cinéaste.
Ces arrestations interviennent après la répression sanglante par la République islamique d'une vague de manifestations qui a éclaté en décembre et culminé les 8 et 9 janvier. Les autorités iraniennes reconnaissent la mort de milliers de personnes mais affirment que la grande majorité étaient des forces de sécurité ou des passants tués par des "terroristes" agissant pour le compte des Etats-Unis et d'Israël.
La présidence a publié dimanche les noms de 2.986 personnes tuées pendant ces troubles sur une liste de 3. 117 morts. Selon l'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), établie aux Etats-Unis, plus de 42.000 personnes ont été arrêtées lors du mouvement. L'ONG a pu confirmer 6.842 morts, dont une majorité de manifestants, mais indique que le bilan pourrait être bien plus élevé, avec plus de 17.000 décès en cours d'examen.


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