Rechercher
Rechercher

Moyen-Orient - Palestine

Abbas signe un décret pour évincer le Hamas, à l’approche du scrutin municipal

Désormais, les candidats aux élections locales palestiniennes devront s’engager à reconnaître le programme politique et national de l’OLP.

Abbas signe un décret pour évincer le Hamas, à l’approche du scrutin municipal

Le président de l'Autorité palestinienne (AP), Mahmoud Abbas, lors d'une visite à Moscou le 22 janvier 2026. Ramil Sitdikov/AFP

Le président de l’Autorité palestinienne (AP), Mahmoud Abbas, a signé un décret le 24 janvier modifiant l’article 16 de la loi sur les élections locales pour y introduire un nouvel amendement, ce qui apparaît comme une manière déguisée d’évincer le Hamas du processus électoral à l’approche du scrutin municipal de l’AP, prévu le 25 avril.

Selon cette nouvelle exigence reçue par la Commission électorale centrale palestinienne, tous les candidats doivent désormais s’engager par écrit à respecter le programme politique et national de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), reconnue comme seule représentante légitime du peuple palestinien. En vertu de cet amendement, les candidats doivent ainsi, entre les lignes, s’engager à renoncer au terrorisme ainsi qu’à poursuivre la solution à deux États et à reconnaître Israël. Ce programme met de fait à l’écart le Hamas comme d’autres factions armées à l’instar du Jihad islamique, qui ont toujours refusé d’y adhérer.

Ces exigences, les premières du genre, n’avaient été fixées ni lors des dernières élections législatives organisées à Gaza en 2006 - remportées par le Hamas et qui avaient entériné la division du leadership palestinien entre Gaza et la Cisjordanie à l’issue d’une guerre fratricide entre le mouvement islamiste et le Fateh - ni lors du scrutin municipal de 2021-2022 dans le territoire occupé. Selon plusieurs observateurs, le contesté président de l’AP de 90 ans, resté au pouvoir bien au-delà du mandat de quatre ans initialement prévu, chercherait ainsi à contrer la popularité du Hamas, toujours aux commandes dans une portion restreinte du territoire gazaoui.

Au-delà de la Cisjordanie, la Commission électorale centrale palestinienne envisage d’organiser des élections locales dans la ville de Deir el-Balah, au centre de la bande de Gaza, même si des doutes subsistent quant à cette initiative, alors que le président américain Donald Trump a récemment imposé la mise en place de nouvelles institutions pour l’enclave.

Année de la « démocratie palestinienne »

Éprouvées depuis des années par la corruption, l’autoritarisme et l’inaction, les autorités de Ramallah ont vu les critiques de la population palestinienne à leur encontre se multiplier après le 7 octobre 2023, au moment où le Hamas apparaissait pour beaucoup comme le défenseur de la cause palestinienne à l’échelle nationale. Au-delà de la volonté d’empêcher son rival de consolider son assise en Cisjordanie, Mahmoud Abbas chercherait aussi à adresser un signal à la communauté internationale, en particulier à Washington, en affichant sa disposition à répondre à ses exigences afin d’éviter d’éventuelles sanctions et de démontrer sa bonne volonté en vue d’assurer une future gouvernance des territoires palestiniens.

De fait, certains analystes estiment que cet amendement pourrait créer un précédent et, à terme, s’appliquer aux élections législatives et présidentielles palestiniennes. Si Mahmoud Abbas a proclamé début janvier l’année 2026 comme celle de la « démocratie palestinienne », la tenue d'élections générales dans la foulée du scrutin municipal à venir est loin d'être actée.

Reportées à de multiples reprises par le passé, les élections législatives et présidentielle promises par le président de l’AP en 2021, qui devaient être les premières depuis 2005-2006, n’avaient jamais eu lieu. Celles-ci avaient été annulées au prétexte de l’impossibilité de tenir le scrutin à Jérusalem-Est occupée, en raison de l’opposition d’Israël. Toutefois, Mahmoud Abbas avait été accusé par des opposants d'avoir saboté la tenue de l'élection par crainte de voir des listes dissidentes l'emporter, et ainsi permettre au Hamas de gagner en influence en Cisjordanie occupée.

Le président de l’Autorité palestinienne (AP), Mahmoud Abbas, a signé un décret le 24 janvier modifiant l’article 16 de la loi sur les élections locales pour y introduire un nouvel amendement, ce qui apparaît comme une manière déguisée d’évincer le Hamas du processus électoral à l’approche du scrutin municipal de l’AP, prévu le 25 avril.Selon cette nouvelle exigence reçue par la Commission électorale centrale palestinienne, tous les candidats doivent désormais s’engager par écrit à respecter le programme politique et national de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), reconnue comme seule représentante légitime du peuple palestinien. En vertu de cet amendement, les candidats doivent ainsi, entre les lignes, s’engager à renoncer au terrorisme ainsi qu’à poursuivre la solution à deux...
commentaires (1)

Le Hamas a déjà été élu une fois, et Abbas n'a aucun droit de mettre ces conditions tant qu'il n'y a pas d'élections aux mêmes conditions qu'au début! Abbas n'a rien fait pour faire avancer la cause palestinienne. Tous les Palestiniens enfermés sans raison et sans jugement dans les prisons sauvages israéliennes meurent sans que le soit disant président Abbas ne travaille pour les sortir de ces prisons.Le Hamas oui. Puisque la communauté internationale et Abbas n'arrivent pas à arrêter cette invasion sauvage israélienne, par des méthodes légales, la force et la résistance deviennent permis

Hélène SOMMA

20 h 28, le 01 février 2026

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (1)

  • Le Hamas a déjà été élu une fois, et Abbas n'a aucun droit de mettre ces conditions tant qu'il n'y a pas d'élections aux mêmes conditions qu'au début! Abbas n'a rien fait pour faire avancer la cause palestinienne. Tous les Palestiniens enfermés sans raison et sans jugement dans les prisons sauvages israéliennes meurent sans que le soit disant président Abbas ne travaille pour les sortir de ces prisons.Le Hamas oui. Puisque la communauté internationale et Abbas n'arrivent pas à arrêter cette invasion sauvage israélienne, par des méthodes légales, la force et la résistance deviennent permis

    Hélène SOMMA

    20 h 28, le 01 février 2026

Retour en haut