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Dernières Infos - Prisons Libanaises

Sit-in des proches de détenus à Beyrouth : appels à des réductions de peine ou une amnistie générale


Sit-in des proches de détenus à Beyrouth : appels à des réductions de peine ou une amnistie générale

La cour intérieure de la prison de Roumié. Photo d'archives Ramzi Haidar/AFP

Des dizaines de proches de détenus libanais ont organisé vendredi un sit-in sur la place Riad Solh, dans le centre-ville de Beyrouth, pour réclamer une amnistie générale et l'amélioration des conditions de détention, alors que les prisons sont surpeuplées. Ce mouvement de contestation a lieu alors qu'à l’ordre du jour du Conseil des ministres prévu à 15h, figure en premier le projet de l’accord judiciaire entre la Syrie et le Liban portant sur le transfert vers leur pays de détenus syriens condamnés au Liban.

Les détenus dans les prisons libanaises endurent des conditions déplorables résultant d’une surpopulation chronique et de l’absence de satisfaction de leurs besoins élémentaires ou d’accès aux soins de santé. Nombre d’entre eux restent des années derrière les barreaux, en attente de jugement. Les manifestants ont appelé le Premier ministre Nawaf Salam et le ministre de la Justice Adel Nassar à assumer leurs responsabilités, réclamant « la réduction de la peine d'un an de prison à six mois ou la promulgation d’une amnistie générale », ainsi que l’amélioration des conditions de détention. Ils ont par ailleurs tenu les députés pour responsables de ce qu’ils ont qualifié de « l’injustice subie par les prisonniers », en raison de leur « inaction ». Ils ont enfin demandé de « ne pas renouveler le mandat de ces députés dans les urnes », en raison de leur incapacité à trouver des solutions de fond à ce dossier, rapporte l'Agence nationale d'information (Ani, Officielle).

Dimanche, un détenu, entouré d'Ahmad Assir - le cheikh salafiste impliqué dans des affrontements avec l’armée, à Abra (Saïda) - et d’une cinquantaine de prisonniers du bâtiment « B » de la prison de Roumié, consacré aux salafistes, avait annoncé le lancement d’une grève de la faim ouverte à partir de lundi dernier, en signe de protestation contre la situation « tragique et inhumaine » qui prévaut dans les prisons.

Alors que plusieurs incidents, notamment des suicides, ont été enregistrés ces derniers mois dans les prisons libanaises, la Commission parlementaire des droits de l’homme a tenu une réunion au Parlement pour examiner les causes et les circonstances de ces décès. Présente lors de la réunion, l’ONG AJEM (Association pour la justice et la miséricorde) , a estimé que l’inscription du dossier des détenus à l’ordre du jour de la commission était « nécessaire et urgente » pour en déterminer les causes, précisant qu’en 2025, environ 42 personnes sont décédées dans les prisons du Liban. Le directeur de l'ONG, le père Nagib Baaklini, a encore dénoncé « des cas de torture dans les centres de détention » et réclamé des enquêtes transparentes et la publication de communiqués officiels détaillant les circonstances et les causes des décès en détention, qu’ « ils soient liées à la maladie, à la négligence médicale ou à des morts subites, sans oublier le facteur central de la surpopulation carcérale ». L’association a également pointé le manque de personnel qualifié pour accompagner les détenus, les pénuries en matière de soins médicaux, l’insuffisance des équipements de santé et les retards dans la prise en charge médicale.

Selon les derniers chiffres communiqués par la direction des prisons du ministère de la Justice, le Liban comptait officiellement 6 370 détenus au 25 août 2025, dont environ 2 575 personnes de nationalité syrienne. Ce nombre de 6 370 demeure toutefois incomplet, selon les experts judiciaires, car il ne comptabilise pas les nombreux prévenus entassés dans les quelque 229 centres de détention provisoires du pays, à savoir les cellules des commissariats tenus par les Forces de sécurité intérieure (FSI), des casernes de l’armée ou encore des Palais de justice. Leur nombre est estimé entre 2 000 et 2 500 personnes, ce qui porterait la population carcérale réelle à environ 8 500 détenus. Avec une capacité maximale fixée à 4 760 places, les établissements pénitentiaires libanais affichent ainsi un taux de surpopulation d’au moins 180 %, un chiffre qui grimpe à près de 300 % pour la prison de Roumié.

Des dizaines de proches de détenus libanais ont organisé vendredi un sit-in sur la place Riad Solh, dans le centre-ville de Beyrouth, pour réclamer une amnistie générale et l'amélioration des conditions de détention, alors que les prisons sont surpeuplées. Ce mouvement de contestation a lieu alors qu'à l’ordre du jour du Conseil des ministres prévu à 15h, figure en premier le projet de l’accord judiciaire entre la Syrie et le Liban portant sur le transfert vers leur pays de détenus syriens condamnés au Liban.Les détenus dans les prisons libanaises endurent des conditions déplorables résultant d’une surpopulation chronique et de l’absence de satisfaction de leurs besoins élémentaires ou d’accès aux soins de santé. Nombre d’entre eux restent des années derrière les barreaux, en attente de jugement....