Des tentes abritant des Palestiniens déplacés dans la zone d’Al-Mawasi, à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 30 janvier 2026, à la suite de frappes israéliennes. Photo Bashar TALEB / AFP
Le Hamas a appelé vendredi Israël à permettre l'ouverture immédiate et dans les deux sens du poste-frontière de Rafah entre la bande de Gaza et l'Egypte, à laquelle le gouvernement israélien a dit avoir consenti avec des restrictions, et sans s'engager sur une date.
« Nous demandons (...) une transition immédiate vers la deuxième phase (de la trêve parrainée par les Etats-Unis) qui prévoit l'ouverture du point de passage de Rafah dans les deux sens et l'autorisation pour le Comité national (pour l'administration de Gaza, mis en place dans le cadre du plan américain) de travailler dans la bande de Gaza », écrit le mouvement islamiste palestinien dans un communiqué.
Le poste-frontière de Rafah est le seul point d'entrée et de sortie entre la bande de Gaza et le monde extérieur ne passant pas par Israël. Il est situé dans la partie de la bande de Gaza tenue par l'armée israélienne depuis son repli opéré au début du cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre, derrière une Ligne jaune lui donnant encore le contrôle de plus de la moitié de ce territoire palestinien dévasté par plus de deux ans de guerre. Les Palestiniens de Gaza, l'ONU et nombre d'ONG internationales attendent avec impatience la réouverture de ce poste compte tenu de la situation humanitaire dramatique qui prévaut dans le territoire.
Le gouvernement israélien avait annoncé lundi consentir à une réouverture limitée du poste-frontière de Rafah, pour les piétons uniquement, une fois que la dépouille du dernier otage israélien dans Gaza, Ran Gvili, aurait été ramenée en Israël, mais sans s'engager sur une date. Les restes de ce policier ont été exhumés en début de semaine par l'armée israélienne dans un cimetière du nord de Gaza et enterrés en Israël mercredi. Depuis lors, Israël n'a fait aucune annonce sur Rafah.
« Les bombardements continus menés par l'occupation sioniste (Israël, NDLR) sur diverses zones de la bande de Gaza, ainsi que les opérations de démolition perpétrées dans certaines parties » du territoire témoignent « du mépris flagrant de l'occupation pour l'accord de cessez-le-feu et de son entêtement à se soustraire à ses obligations et engagements », a critiqué le Hamas. Le mouvement islamiste palestinien, qui avait lancé une attaque sans précédent sur Israël le 7 octobre 2023, prélude à la guerre, appelle une nouvelle fois « les médiateurs et les Etats garants de l'accord de cessez-le-feu (Egypte, Etats-Unis, Qatar et Turquie) (à assumer) leurs responsabilités » et à exercer une « pression sérieuse » sur le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, pour « l'empêcher d'entraver l'accord ». Le Hamas et Israël s'accusent mutuellement de violer quotidiennement les termes de la trêve.

