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Dernières Infos - Explosion Au Port De Beyrouth

Les familles des victimes écrivent à Nawaf Salam pour contester la nomination de Gracia Azzi aux douanes libanaises


Les familles des victimes écrivent à Nawaf Salam pour contester la nomination de Gracia Azzi aux douanes libanaises

Les silos détruits au port de Beyrouth, quatre ans après la tragédie, le 4 août 2024. Photo d'archives Matthieu Karam/L'Orient-Le Jour

Un comité représentant les familles des victimes de l’explosion au port de Beyrouth du 4 août 2020 a adressé une lettre au Premier ministre Nawaf Salam, après s'être entretenu avec lui le 18 janvier, pour expliquer leur opposition à la nomination de Gracia Azzi au poste de directrice générale des douanes libanaises.

Dans un communiqué publié jeudi, les familles ont insisté sur le fait qu’elles « n’acceptent pas et ne seront pas des témoins de complaisance face à des violations de la loi de la part de quiconque qui pourrait avoir causé, d’une manière ou d’une autre, l’explosion du port et la mort de (leurs) proches », précisant que la lettre visait à formaliser leur prise de position. « Malgré des objections répétées et des protestations successives, qui apparemment n’ont donné aucun résultat », la nomination a tout de même été décidée, ont-elles ajouté.

La nomination de Gracia Azzi, approuvée en janvier par le Conseil des ministres sur proposition du ministre des Finances Yassine Jaber, dont le ministère supervise les douanes, résulte d’un large compromis politique, selon les familles, en contraste avec les promesses de réforme de la nouvelle direction du pays incarnée par le président Joseph Aoun et le chef du gouvernement Nawaf Salam.

La lettre rappelle que le 20 mars 2025, le gouvernement avait adopté des amendements au mécanisme de nomination des fonctionnaires de première catégorie, dont les directeurs généraux, dans le cadre de ses engagements de réforme. Ce mécanisme vise à empêcher « des nominations arbitraires, politiques ou confessionnelles », en s’appuyant sur des critères transparents tels que l’égalité, le mérite, la bonne conduite et l’égalité des chances, dans un cadre légal et administratif défini.

Les familles citent également l’article 65 de la Constitution, qui confie au Conseil des ministres la nomination des fonctionnaires de l’État « conformément à la loi et dans le respect des principes d’égalité et d’égalité des chances pour tous les Libanais dans l’accès aux fonctions publiques », ainsi que le Décret-loi n°112/1959 (Statut de la fonction publique). Elles soulignent que ce mécanisme exclut expressément les candidats « déjà déférés devant un organe de contrôle et dont le dossier n’a pas encore été tranché ».

Sur cette base, les familles estiment qu’il est « évident que le gouvernement a violé le principe même du mécanisme de nomination des fonctionnaires » et dénoncent une infraction au principe de non-contradiction et de loyauté, selon lequel « il est interdit de se contredire au détriment d’autrui ».

Tout en reconnaissant la présomption d’innocence, elles rappellent que Gracia Azzi « est suspectée d’être à l’origine de l’explosion » et soulignent la nécessité de clarifier les circonstances de son interrogatoire. Elles ajoutent que Mme Azzi « ne possède pas la bonne conduite requise légalement et ne peut obtenir un tel poste au vu des soupçons qui pèsent sur elle », précisant qu’elle est inculpée dans plusieurs affaires autres que l’explosion du port.

Les familles mettent enfin en lumière le contexte plus large d’une enquête bloquée, affirmant que « le retard dans la publication de l’acte d’accusation et l’entrave à l’enquête sont dus à des tiraillements politiques et à des violations ayant accompagné la procédure ».

Dirigée par le juge d'instruction Tarek Bitar, l’enquête sur la tragédie du port est bloquée depuis plusieurs années, et freinée de manière répétée par des pressions politiques et des obstacles administratifs. Dans un développement connexe, Igor Grechouchkine, propriétaire présumé du navire Rhosus d’où fut déchargé en 2014 le nitrate d’ammonium à l’origine de la double explosion, qui a été libéré la semaine dernière par les autorités bulgares.

Un comité représentant les familles des victimes de l’explosion au port de Beyrouth du 4 août 2020 a adressé une lettre au Premier ministre Nawaf Salam, après s'être entretenu avec lui le 18 janvier, pour expliquer leur opposition à la nomination de Gracia Azzi au poste de directrice générale des douanes libanaises.Dans un communiqué publié jeudi, les familles ont insisté sur le fait qu’elles « n’acceptent pas et ne seront pas des témoins de complaisance face à des violations de la loi de la part de quiconque qui pourrait avoir causé, d’une manière ou d’une autre, l’explosion du port et la mort de (leurs) proches », précisant que la lettre visait à formaliser leur prise de position. « Malgré des objections répétées et des protestations successives, qui apparemment n’ont donné aucun résultat...