Le cheikh Ali Noureddine, tué lundi par une frappe de drone dans la région de Tyr. Photo relayée par Mountasser Abdallah
Les attaques israéliennes au Liban-Sud se sont poursuivies lundi, tuant trois personnes, dont un cheikh qui animait une émission religieuse sur la chaîne du Hezbollah, al-Manar, alors que le ministre libanais des Affaires étrangères, Joe Raggi, a adressé une lettre au Conseil de sécurité et au secrétaire général de l’ONU, contenant une plainte contre la poursuite des violations israéliennes de la souveraineté libanaise au cours des derniers mois, selon l’Agence nationale d’information (Ani, officielle).
Lundi après-midi, un drone de l'armée israélienne a ciblé un véhicule sur la route reliant Hoch à Tyr au Liban-Sud. Grièvement atteint, le conducteur, le cheikh Ali Noureddine, a succombé à ses blessures à quelques pas de la mosquée de Hoch, rapporte notre correspondant Mountasser Abdallah. Le porte-parole arabophone de l'armée israélienne, Avichay Adraee, a confirmé le décès du conducteur, qui serait « un membre terroriste du Hezbollah ». Le ministère libanais de la Santé a confirmé la mort d’une personne à Tyr. Deux autres ont été blessées, selon le ministère.
Le bureau des médias du Hezbollah a dénoncé dans un communiqué un « assassinat perfide » et un « crime de guerre. » La frappe « impose à l’ensemble des journalistes, au ministère de l’Information, ainsi qu’aux instances, syndicats et institutions médiatiques, de même qu’aux personnalités politiques et intellectuelles, de se mobiliser et d’élever la voix dans tous les forums locaux, arabes et internationaux, en particulier ceux à caractère juridique, légal et humanitaire, afin de mettre un terme à cette sauvagerie sioniste (israélienne, NDLR) », écrit encore le Hezbollah.
En soirée, vers 22h, un drone de l’armée israélienne a mené une frappe contre un véhicule circulant sur les hauteurs d’Ali Taher, près de l’entrée de la localité de Kfar Remmane, dans le caza de Nabatiyé. En 2025, l’armée israélienne a régulièrement bombardé ces collines. Selon les informations de notre correspondant, la frappe a fait deux morts. De son côté, l’armée israélienne a affirmé avoir visé « deux membres du Hezbollah ».
Par ailleurs, un avion israélien largué lundi matin deux grenades assourdissantes sur le village de Adaïssé, dans le caza de Marjeyoun, non loin d’un nouveau poste de l’armée libanaise situé à Khallet el-Mahafer, dans le sud de la localité. C'est la troisième fois que l’armée israélienne tente de provoquer les soldats de l’armée libanaise présents dans cet emplacement, rapporte notre correspondant. L'artillerie israélienne a bombardé à plusieurs reprises la périphérie de la localité de Aïtaroun, dans le caza de Bint Jbeil, prenant pour cible, à un moment, la zone d’Al-Hariqa, au moyen d’obus d’artillerie (mortiers) tirés depuis le site nouvellement occupé situé sur le mont Al-Batt.
La nuit de dimanche à lundi a été, elle, assez agitée. L’aviation israélienne a mené un raid, lançant plusieurs missiles sur les alentours de « Mourouj » Aaqmata, dans les hauteurs de Louaizé (caza de Jezzine), vers 3 heures du matin. Dimanche, après 22 h 30, l’aviation israélienne a mené neuf frappes, en trois vagues, à l’aide de missiles lourds, visant la vallée de Wadi Barghaz, dans le caza de Hasbaya, ainsi que les collines de Jbour et de Kassarat el-Arouch, entre les hauteurs de Rihane et la localité de Louaizé, dans le caza de Jezzine.
Plainte auprès du Conseil de sécurité
De son côté, le ministre des Affaires étrangères, Joe Raggi, a adressé une lettre au Conseil de sécurité et au secrétaire général de l’ONU, contenant une plainte contre la poursuite des violations israéliennes de la souveraineté libanaise au cours des derniers mois, rapporte l’Agence nationale d’information (Ani, officielle). Le document recense les violations israéliennes contre le Liban durant les mois d’octobre (542), de novembre (691) et de décembre 2025 (803), équivalant à un total de 2036 violations.
Le ministre a appelé le Conseil de sécurité à contraindre Israël à appliquer la résolution 1701 (2006) et le cessez-le-feu du 27 novembre 2024, à retirer ses forces des cinq positions qu’elle occupe au Liban-Sud, à mettre fin à ses violations et à ses incursions répétées, à libérer les prisonniers libanais, entre autres.
La lettre réaffirme par ailleurs l’engagement du gouvernement libanais à poursuivre la mise en œuvre de ses engagements relatifs à l’application de la résolution 1701 (2006) et du cessez-le-feu. Joe Raggi rappelle ainsi l’adoption, par le Conseil des ministres le 5 septembre 2025, du plan de l’armée libanaise, précisant que la troupe avait mené à bien la première phase du désarmement du Hezbollah au sud du Litani – et son déploiement, à l'exception des zones toujours occupées par l’armée israélienne.
Le document rappelle les cinq phases successives du plan de l'armée. La deuxième phase concerne la zone comprise entre le fleuve Litani au sud et la rivière Awali au nord, la troisième Beyrouth et le Mont-Liban, suivie d’une quatrième phase dans la Békaa, avant que le plan soit étendu dans le reste des régions libanaises.
La lettre réitère également la disposition du gouvernement libanais à entamer des négociations avec Israël en vue de mettre fin à l’occupation et de stopper les agressions, tout en affirmant son attachement à l’accord d’armistice signé avec Israël le 23 mars 1949, ainsi qu’à l’initiative de paix arabe approuvée par le sommet arabe de Beyrouth en 2002.
Le chef de l'Etat, Joseph Aoun, s’est entretenu avec le ministre Joe Raggi sur les développements dans le Sud à la lumière des attaques israéliennes continues, ainsi que sur l’action diplomatique en cours pour y faire face.
L'armée israélienne a mené, dimanche, une nouvelle série de frappes au Liban-Sud, ainsi que dans la Békaa, tuant deux personnes et en blessant plusieurs autres. Mercredi, Israël s'est acharné sur plusieurs localités du Liban-Sud, faisant au moins 19 blessés et 50 familles déplacées.


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