Des dégâts matériels suite à une tentative manquée d'assassinat par l'armée israélienne d'un responsable palestinien, dans la Békaa, le vendredi 23 janvier 2026. Photo fournie par notre correspondante dans la Békaa, Sarah Abdallah
Malgré le cessez-le-feu en vigueur depuis le 27 novembre 2024, et dans la ligne de l'intensification de ses attaques contre le Liban observée ces derniers jours, l'armée israélienne a maintenu vendredi sa pression militaire en menant de nouvelles frappes au Liban-Sud et dans la Békaa, où elle a tenté de tuer un responsable présumé du Hamas. L'opération a échoué.
Selon notre correspondante dans la Békaa Sarah Abdallah, un drone a tenté à trois reprises d'atteindre Bassam Kayed, alors qu’il conduisait sa voiture entre Majdeloun et Baalbeck. Après que le premier missile a manqué sa cible et que le second a touché le trottoir, Kayed a réussi à s'enfuir en direction des habitations, tandis qu’un troisième missile a atteint les abords d'un bâtiment sans le toucher.
Au Liban-Sud entre-temps, un char israélien a ouvert le feu depuis la colline occupée Hamames, au sud de Khiam (caza de Marjeyoun), en direction d'une unité de l’armée libanaise, en mission conjointe avec la Finul, non loin de Wadi el-Assafir, sans faire de victime. Les soldats libanais et les Casques bleus font régulièrement l'objet de ciblages par des chars ou des drones israéliens au Liban-Sud, y compris depuis le début du cessez-le-feu.
Par ailleurs, un drone israélien a largué une grenade assourdissante près d'un groupe de jeunes travaillant à la collecte de fer à Markaba (caza de Marjeyoun), sans faire de blessé. Deux incidents similaires ont été signalés quelques heures plus tard à Adaïssé (Marjeyoun) et Ramiyé (Bint Jbeil), a rapporté notre correspondant Mountasser Abdallah. En début d’après-midi, l’armée israélienne a ouvert le feu à l’arme automatique de calibre moyen aux abords de Aïtaroun (Bint Jbeil). Dans la foulée, un drone a largué deux grenades assourdissantes sur Adaïssé, dont l’une à proximité d’un point récemment établi par l’armée libanaise à « Khallet el-Mahafer », au sud du village, tandis que des tirs d’artillerie ont atteint les abords de Ramiyé.
En soirée, un drone israélien a pris pour cible un véhicule entre les localités de Beit Yahoun et Baraachit, dans le caza de Bint Jbeil, selon notre correspondant. Aucun bilan d’éventuelles victimes n'était encore disponible en fin de soirée.
Aoun promet « indemnisations et reconstruction » aux déplacés
En parallèle, le chef de l’État Joseph Aoun a reçu vendredi au palais de Baabda des représentants des habitants des villages du Liban-Sud, ainsi que Hachem Haïdar, président du Conseil du Sud chargé d'évaluer les dégâts des frappes israéliennes avant la reconstruction, à la suite de la nouvelle vague de frappes massives menées mercredi par l’aviation israélienne. Ces bombardements, parmi les plus intenses au Liban depuis le début de la trêve, ont conduit au déplacement de plus de dizaines de familles dans les cinq localités visées situées au nord du fleuve Litani : Qennarit et Kharayeb, dans le caza Saïda, puis Kfour, Jarjouh et Ansar, dans celui de Nabatiyé. Le président de la République a demandé la « poursuite de l’octroi des aides aux personnes sinistrées, notamment en matière d’hébergement, d’alimentation et de soins de santé ».
À Qennarit, le président de la municipalité Zein Khalifé a fait savoir à L'Orient-Le Jour que « 26 familles ne pourront pas regagner leurs logements totalement effondrés ». Au total, « trois immeubles résidentiels ont été détruits ». Ceux-ci comprenaient environ « cent appartements ayant subi des dégâts importants », tandis que « 80 autres ont été touchés par des dommages moyens à légers », a-t-il dit à notre publication,
Le président de la municipalité d'Ansar Mohsen Assi a fait part de son côté d'un nombre similaire de familles sinistrées, précisant que celles-ci « ont bénéficié d'un mouvement de solidarité et sont hébergées chez d'autres habitants du village dans l'attente des réparations, qui ont déjà commencé ». Au total, « 70 habitations ont été partiellement endommagées », et « quatre maisons ont été entièrement détruites », a-t-il affirmé, en plus des nombreux commerces également touchés. M. Assi ajoute que les présidents des cinq municipalités touchées par cette dernière salve de frappes ont été informés que le président du Parlement Nabih Berry, lui aussi reçu vendredi à Baabda, avait donné pour instruction de débloquer immédiatement des fonds pour financer les réparations.
Le président Aoun a promis pour sa part d’examiner avec le Premier ministre Nawaf Salam et le ministre des Finances Yassine Jaber « les dossiers des indemnisations et des aides nécessaires à la reconstruction », ajoutant que le « retour des populations et la libération des prisonniers » demeuraient « une priorité » et un « devoir national ». Le chef de l’État a assuré que le gouvernement poursuivait ses « contacts internationaux de manière constante » pour demander la cessation des attaques israéliennes. « Le Liban ne peut être en sécurité sans la sécurité de sa partie sud », a-t-il clamé.
De son côté, le ministre de l’Information Paul Morcos a accusé l’armée israélienne de « chercher à déstabiliser la situation intérieure et à provoquer des fractures et des divisions entre les Libanais », dans un entretien à Radio Liban. Il a dans ce cadre affirmé que « la vigilance et l'unité nationale restent la première ligne de défense pour faire face à ces tentatives. »
Les bombardements de mercredi ont fait 19 blessés, a rapporté un communiqué du ministère de la Santé, alors que deux affiliés au Hezbollah ont été tués ce jour-là par deux frappes israéliennes de drone à Zahrani (Saïda) et Bazouriyé (Tyr). Depuis le début du cessez-le-feu, plus de 350 personnes, dont au moins 136 civils, ont été tuées au Liban par des tirs ou des frappes de l’armée israélienne, selon un décompte de L’Orient-Le Jour.




A quoi sert notre armée ? Fait-elle le bon choix en obtenant des armes plutôt destinées au soutien terrestre qu'à la défense des frontières ? Et surtout, livrées par le partenaire d'Israël dont le but est l'expansion de ses colonies ? Si les libanais veulent un Etat moderne,ils doivent changer tout le logiciel d'un 'Etat fondé sur le confessionnalisme, le communautarisme et un esprit de guerre civile permanente. Il faut de la solidarité et une défense par tous de nos frontières.
12 h 07, le 24 janvier 2026