Des dizaines de manifestants kurdes dans les rues du centre-ville de Beyrouth, le mardi 20 janvier 2026. Capture d'écran d'une vidéo circulant sur les réseaux sociaux
Des dizaines de membres de la communauté kurde au Liban ont observé mardi à la mi-journée un sit-in dans le centre-ville de Beyrouth, devant le siège des Nations unies (Escwa), pour dénoncer les combats survenus début janvier à Alep, en Syrie, visant des quartiers à majorité kurde, notamment Cheikh Maksoud et Achrafieh, ainsi que le « blocus » qui s’en est suivi. Les manifestants brandissaient des drapeaux libanais et kurdes, ainsi que des banderoles rendant hommage à « la résistance historique » de la communauté.
Les combats ont fait rage dans ces régions d’Alep entre les forces syriennes du président Ahmad el-Chareh et les combattants kurdes des Forces démocratiques syriennes (FDS), bras armé de l'administration autonome kurde. Des milliers d’habitants ont fui ces secteurs.
Au cours de leur sit-in mardi, les protestataires ont fait parvenir une lettre au secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, lit-on sur le site du Parti de l’Union démocrate (kurde). Dans cette lettre, la communauté « dénonce fortement les attaques contre les deux quartiers qui durent depuis le 6 janvier ». La lettre rappelle qu’ « un blocus a été imposé à ces quartiers depuis plus de trois mois par les forces syriennes », ce qui a contribué à la détérioration des conditions de vie dans ces zones. « Durant l’attaque contre les deux régions, toutes sortes d’armes ont été utilisées, visant régulièrement des civils tout comme des infrastructures médicales, et les bombardements aléatoires ont fait des dizaines de victimes civiles innocentes, sans compter les exécutions sommaires des cadres médicaux », poursuit le texte, qui a été lu sur place. Toujours selon la lettre, « le ciblage de civils et d’infrastructures médicales prouve l’intention criminelle préméditée, et constitue des crimes de guerre et des violations claires des accords de Genève ».
Les manifestants accusent également « le gouvernement syrien, sous l’impulsion de l’allié turc, de pratiquer une politique de changement démographique dans les quartiers kurdes » de Syrie. La communauté kurde du Liban « rejette cette politique de déportation forcée pratiquée contre les civils kurdes » à Alep, réclamant « une cessation immédiate des hostilités, une levée du blocus contre ces quartiers, et un retrait des armes lourdes des environs d’Alep ». Elle demande aussi « qu’une commission d’enquête internationale indépendante soit envoyée sur place pour demander des comptes aux responsables de ces crimes ».
Délogés d'Alep plus tôt en janvier après des combats meurtriers, puis des provinces de Raqqa et Deir ez-Zor lundi, les FDS se sont désormais repliées au coeur de leur zone, à Hassaké. Mardi soir, le pouvoir syrien a annoncé un nouveau cessez-le-feu avec les forces kurdes, repliées sous la pression militaire dans leur bastion du nord de la Syrie et lâchées par leur allié américain. L'émissaire américain pour la Syrie, Tom Barrack, a estimé que « la mission initiale » des combattants kurdes, la lutte antijihadiste, était terminée et que le nouveau pouvoir syrien était désormais capable de contrôler les centres de détention de l'Etat islamique (EI) établis par les Kurdes.



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