Une affiche sur laquelle est imprimé le mot « grève » en arabe. Photo ANI
Les fonctionnaires libanais ont annoncé la poursuite de leur grève entamée mardi jusqu'à dimanche 25 janvier, accusant le gouvernement d’inaction face à des revendications de longue date dans un contexte de crise économique qui s’aggrave, rapporte l’Agence nationale d’information (Ani, officielle).
L’Association des fonctionnaires, en coordination avec le Rassemblement des ligues des fonctionnaires, appelle « tous les travailleurs de l’ensemble des administrations publiques à poursuivre l’escalade et à rester en grève », précisant que ce mouvement est une réaction « au mépris persistant du gouvernement à l’égard des revendications des employés », et ce malgré des réunions avec de hauts responsables, dont le président de la République, le Premier ministre, le président du Parlement, des ministres et des chefs de blocs parlementaires. L’association estime que ces réunions n’ont débouché sur « rien d’autre que des promesses sans mise en œuvre ».
Revendications
Dans un communiqué, l’association accuse le gouvernement de négliger « la grave crise sociale, financière et des moyens de subsistance » à laquelle sont confrontés les travailleurs, ajoutant que la position officielle « ne reflète ni une approche réformatrice de l’administration publique ni une volonté réelle de trouver des solutions et de sauver les citoyens de la pauvreté et de la faim ».
L’association renouvelle ses principales revendications qui sont les suivantes : adoption d’une nouvelle grille rétablissant les salaires à leur niveau d’avant la crise de 2019 avec des ajustements tenant compte de l’inflation et du coût de la vie ; intégration équitable de toutes les augmentations salariales accordées après la crise dans le salaire de base ; adoption d’une charte de retraite pour les contractuels et les journaliers dans l’ensemble des secteurs publics ; ainsi que l'ajustement de l’âge du départ à la retraite.
L'institution syndicale met également en garde contre toute tentative de réduire les pensions de retraite ou de porter atteinte aux droits des travailleurs et des ayants droit, affirmant que de telles mesures seraient contraires à la loi et aggraveraient les difficultés sociales en l’absence d’une politique sociale globale protégeant les citoyens.
Les rémunérations du secteur public demeurent l’un des défis les plus pressants au Liban. Les salaires ont été nettement nettement dépassés par l’inflation, tandis que la fonction publique est critiquée pour sa taille, son inefficacité et son coût. Avant l’effondrement économique, les salaires représentaient environ un tiers du budget de l’État — environ 15 milliards de dollars — pour un effectif estimé entre 200 000 et 300 000 fonctionnaires, forces armées comprises.


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