Le mufti de la République Abdellatif Deriane (à gauche) recevant le Premier ministre Nawaf Salam, à Dar el-Fatwa. Photo ANI
Le Premier ministre Nawaf Salam a déclaré samedi, lors d'une rencontre avec le mufti de la République libanaise, Abdellatif Deriane, à Dar el-Fatwa à Beyrouth, que « pour rétablir la confiance entre le Liban et ses partenaires arabes et internationaux, l’État n’a d’autre moyen que d’imposer son autorité ».
Cette rencontre à huis clos s'est tenue en marge d’une réunion du Conseil supérieur islamique chérié, plus haute instance de la communauté sunnite au Liban, à laquelle a participé M. Salam. La discussion a porté sur les derniers développements au Liban, selon un communiqué de Dar al-Fatwa publié par l'Agence nationale d’information (Ani, officielle).
Le Premier ministre a souligné les constantes nationales du Liban et la nécessité de préserver l'unité afin de faire face aux défis, notamment les attaques israéliennes continues sur le territoire libanais, malgré le cessez-le-feu conclu entre le Hezbollah et Israël le 27 novembre 2024. Il s'est également déclaré satisfait de l'évolution positive des relations du Liban avec ses voisins et partenaires arabes, soulignant que son gouvernement restait attaché à la déclaration ministérielle et œuvrait à préserver les acquis afin d'aider le pays à se redresser et retrouver la stabilité, la sécurité et un niveau de vie décent.
Nawaf Salam a par ailleurs estimé que le Hezbollah a été considérablement affaibli par son récent conflit avec Israël, qui lui a infligé de lourdes pertes militaires et l’a privé de ses principaux dirigeants, ouvrant ainsi la voie aux pays du Golfe pour rétablir progressivement leurs relations diplomatiques et économiques avec le Liban. Les relations de Beyrouth avec les pays du Golfe et les États arabes en général avaient été affectées pendant des années par des déclarations hostiles du parti chiite pro-iranien.
Le Premier ministre a en outre informé le cheikh Deriane des développements relatifs aux détenus islamistes et aux efforts déployés par le gouvernement pour résoudre cette question de manière équitable et rapide. Ces derniers mois, les protestations des familles des détenus islamistes se sont multipliées, avec des appels répétés en faveur d'une amnistie générale, car nombre d’entre eux se trouvent depuis des années derrière les barreaux sans jugement. Cependant, une telle décision risque de créer un déséquilibre sectaire et pourrait justifier, selon ses détracteurs, la libération simultanée de milliers de personnes incarcérées pour des infractions liées à la drogue ou d'autres crimes.
Pour sa part, Abdellatif Deriane a salué les efforts de M. Salam à la tête du gouvernement, et insisté sur l'importance d'une position nationale unifiée qui regroupe toutes les composantes de la société libanaise, afin de renforcer les fondements de l'État dans l'intérêt de tous les citoyens, selon l'Ani.
Confier le monopole des armes à l'État
À l'issue de la réunion, Dar el-Fatwa a appelé à la « mise en œuvre rapide des décisions du gouvernement relatives à la nécessité de confier le monopole des armes à l'État, à l'extension de l'autorité de l'État et de ses forces légitimes sur l'ensemble du territoire et à l'application de la Constitution et de l'accord de Taëf, qui prévoit le désarmement des milices ». L'autorité supérieure sunnite a aussi salué le rôle joué par l'armée au Liban-Sud, alors qu'elle devrait bientôt entamer la deuxième phase de désarmement du Hezbollah au nord du Litani.
Le Conseil a aussi insisté sur le renforcement des relations avec la Syrie, mettant en garde contre « l'intrusion de certains vestiges de l'ancien régime dans certaines régions du Liban et contre leurs actions qui perturbent la sécurité et la stabilité ». Il a enfin appelé à la tenue des élections législatives dans les délais prévus, alors que le scrutin risque d'être reporté en raison de la question du vote des expatriés qui divise la classe politique.


"IMPOSER l'autorité de l'état ": il a parfaitement raison. Malheureusement, il se trouve là en contradiction totale avec Aoun qui lui, ne parle que de "dialogue ".
07 h 44, le 12 janvier 2026