Critiques littéraires Romans

Le théâtre, école de la vie

Le théâtre, école de la vie

© India Lange

La Rue de la gaîté d’Axel Auriant, Fayard, 2025, 253 p.

Axel Auriant, un jeune comédien aux allures et charmes vaguement à la Gérard Philippe, récemment auréolé du « Molière de la révélation masculine » pour l’interprétation de la pièce Numéro deux de David Foenkinos, donnée au théâtre Tristan Bernard à Paris, outre sa passion pour la musique car il est aussi batteur professionnel, s’essaye aujourd’hui à l’écriture. Et en devanture des librairies, La Rue de la gaîté pour parler, sans doute, en une autobiographie plus fictive que réelle, des expériences accumulées depuis son plus jeune âge (déjà 15 ans de carrière bien assise à 27 ans !) pour se frayer un chemin au-devant des feux de la rampe… Salué avec sympathie par les lecteurs et la presse, ce livre jette la lumière sur la jeunesse, l’univers des planches et bien entendu les bobos de cœur des relations amoureuses…

Récit simple pour ces coulisses de théâtre du Cours Florent où grouillent des personnages sans grande envergure, croqués avec humour et tendresse, entre ouvreurs et ouvreuses au théâtre Montparnasse, apprentis comédiens, metteurs en scène. Ce théâtre est-il une thérapie aux blessures de la vie, un lieu où se forment les caractères et le sens de se battre pour le parcours d’une existence ? Tout cela, peut-être, en croisant le chemin du narrateur Baptiste qui en pince pour son collègue Marvin enfourchant un scooter, à travers le tourbillon d’une kyrielle de filles aux portraits tracés sans grande consistance… Toutefois, la trame est éclairée par une belle affection et complicité entre un père et son fils traumatisé par une mère cruelle et peu aimante que l’auteur ne nomme jamais par son prénom mais uniquement par « elle »…

Jolie narration, pour jeter la lumière sur la terminologie utilisée par les acteurs et le public pour désigner l’orchestre, le poulailler ou la corbeille d’un théâtre. Mais cette fiction évoque, avec sensibilité et délicatesse, le sens de la transmission, à travers un grand-père mordu de théâtre et qui avait une affaire de cœur avec le brillant et vieux metteur en scène que Baptiste vénère et admire…

Ce qui interpelle ici c’est cette écriture originale, moderne, speedée, simple, mais non parfois dépourvue de naïveté et aux dialogues qu’un humour à ras de pâquerettes ne sauve pas. Tout dans ces pages amusantes et sans prétentions respire la fougue et la charmante maladresse de la jeunesse et ses embardées.

À côté d’un monde déglingué qui pèche par la lourdeur de ses insolubles problèmes et effarantes destructions, voilà un ouvrage qui parle de Don Juan, mauvais dragueur, du charivari au Mariage de Figaro et de la beauté de Cyrano de Bergerac où la réalité, sous le camouflage, est plus vraie que le théâtre… Pour une fois, à travers un livre farfelu, au ton jeune, vif et léger, c’est le théâtre qui donne la leçon à la vie…


La Rue de la gaîté d’Axel Auriant, Fayard, 2025, 253 p.Axel Auriant, un jeune comédien aux allures et charmes vaguement à la Gérard Philippe, récemment auréolé du « Molière de la révélation masculine » pour l’interprétation de la pièce Numéro deux de David Foenkinos, donnée au théâtre Tristan Bernard à Paris, outre sa passion pour la musique car il est aussi batteur professionnel, s’essaye aujourd’hui à l’écriture. Et en devanture des librairies, La Rue de la gaîté pour parler, sans doute, en une autobiographie plus fictive que réelle, des expériences accumulées depuis son plus jeune âge (déjà 15 ans de carrière bien assise à 27 ans !) pour se frayer un chemin au-devant des feux de la rampe… Salué avec sympathie par les lecteurs et la presse, ce livre jette la lumière sur la...
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