Un tracteur portant l'inscription « Notre fin = Votre faim, Stop Mercosur, Ursula, nous sommes là, RIP agriculture européenne » est garé dans une rue alors que des agriculteurs manifestent contre un accord de libre-échange entre l'UE et le Mercosur lors d'un sommet des dirigeants de l'Union européenne, à Bruxelles, en Belgique, le 18 décembre 2025. Photo REUTERS/Yves Herman
Les représentants des pays du Mercosur sont réunis à partir de vendredi dans la ville brésilienne de Foz do Iguaçu (sud), après le report de la signature de l'accord de libre-échange entre ce bloc sud-américain et l'Union européenne. L'Argentine, le Brésil, le Paraguay et l'Uruguay espéraient initialement parapher le traité samedi, tout comme la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
Mais cette signature a finalement été reportée à janvier, face à la grogne des agriculteurs européens, notamment en France et en Italie. Négocié depuis plus de 25 ans, l'accord UE-Mercosur prévoit la création de la plus grande zone de libre-échange au monde.
Il permettrait aux européens d'exporter davantage de véhicules, machines, vins et spiritueux en Amérique du Sud. Dans le sens inverse, il faciliterait l'entrée en Europe de viande, sucre, riz, miel et soja sud-américains, ce qui alarme les filières concernées.
Jeudi, le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a affirmé en conférence de presse que la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, lui avait demandé de la « patience » lors d'un échange téléphonique, tout en assurant que son pays soutiendrait l'accord in fine. Lula avait mis un point d'honneur à ce que le traité soit signé dans son pays, qui assure cette année la présidence tournante du Mercosur.
Mercredi, il avait lancé une forme d'ultimatum, affirmant que si l'accord n'était pas signé « maintenant », il ne le sera pas sous sa présidence, qui s'achève fin 2026, avant de nuancer ses propos jeudi. « Si ce n'est pas possible de le signer maintenant car ils ne sont pas prêts, je ne peux rien y faire », a-t-il déploré, soulignant que la signature de l'accord serait « importante pour la défense du multilatéralisme ».
Le président français Emmanuel Macron entretient de bonnes relations avec Lula, mais il continuait de camper sur ses positions jeudi: « Nous ne sommes pas prêts, le compte n'y est pas pour signer cet accord », a-t-il lancé depuis Bruxelles.
Des « clauses de sauvegarde » sont prévues en cas de déstabilisation des marchés agricole, mais « dans l'opinion publique française, il y a des choses dépassant le rationnel qui empêchent la signature » de l'accord, a dit à l'AFP une source gouvernementale brésilienne.
La réunion du Mercosur, qui débute vendredi par une réunion ministérielle, avant le sommet des chefs d'Etat samedi, sera par ailleurs marqué samedi par la présence du président argentin, l'ultra-libéral Javier Milei, aux antipodes de Lula sur l'échiquier politique.
Des divergences exacerbées cette semaine par une publication de M. Milei sur Instagram qui a suscité la polémique: on y voit une carte d'Amérique du Sud représentant le Brésil et d'autres pays gouvernés par la gauche comme une énorme favela et l'Argentine comme un pays futuriste, tout comme le Chili, qui vient de basculer à l'extrême droite.


Trump juge « totalement inacceptable » la réponse de l'Iran pour mettre fin à la guerre
Aoun appelle l'UE et le Canada à « faire pression sur Israël » pour le contraindre à respecter le cessez-le-feu