Le président intérimaire syrien Ahmad el-Chareh (à gauche) échange une poignée de main avec le président américain Donald Trump lors d'une rencontre tripartite à Riyad, en Arabie saoudite, le 14 mai dernier. Photo d'archives Bandar al-Jaloud/AFP
Le Congrès américain a approuvé mercredi la levée définitive des sanctions imposées par les États-Unis contre la Syrie du temps de Bachar el-Assad, devant permettre le retour d'investissements dans ce pays ravagé par des années de guerre civile. L'abrogation d'une loi dite « César », adoptée en 2019 lors du premier mandat de Donald Trump et qui imposait ces sanctions, figure en effet dans le texte sur la stratégie de défense (NDAA), que le Sénat américain a approuvé mercredi par 77 voix pour et 20 contre.
La Chambre des représentants s'était déjà prononcée la semaine dernière et, après approbation par le Sénat, le texte attend désormais d'être promulgué par le président américain. Le gouvernement américain a indiqué être favorable à l'abrogation de cette loi César. Son application avait déjà été suspendue par deux fois pour six mois après l'annonce du président Trump en mai levant les sanctions contre la Syrie dans le cadre de la normalisation des relations entre ce pays et les États-Unis.
« De nouveaux horizons » pour la Syrie
Le chef de la diplomatie syrienne, Assaad el-Chaibani, a salué sur Telegram le vote du Sénat comme « ouvrant de nouveaux horizons pour la coopération et le partenariat entre notre pays et le reste du monde ».
La loi César adoptée en 2019 imposait des sanctions américaines drastiques contre le gouvernement de Bachar el-Assad, bannissant le pays du système bancaire international et des transactions financières en dollars. Bien que son application soit suspendue, de nombreux responsables américains jugeaient qu'elle pouvait nuire à la confiance des investisseurs tant qu'elle n'était pas abrogée.
Le dirigeant syrien Ahmad el-Chareh a été reçu le 10 novembre à la Maison Blanche par le président Trump, une première pour un chef d'Etat syrien depuis l'indépendance du pays en 1946 et une consécration pour l'ancien jihadiste qui, en moins d'un an au pouvoir, a sorti son pays de l'isolement. Donald Trump l'avait déjà rencontré lors d'un voyage dans le Golfe en mai, annonçant alors la levée des sanctions américaines. Après 13 ans de guerre civile, la Syrie cherche à garantir des fonds pour sa reconstruction, dont le coût pourrait dépasser 216 milliards de dollars, selon la Banque mondiale. « L'abrogation aujourd'hui de la loi César est une étape décisive pour donner au peuple syrien une véritable chance de se reconstruire après des décennies de souffrances inimaginables », s'est félicité la sénatrice démocrate Jeanne Shaheen.
Outre l'abrogation de la loi César, la NDAA approuvée par le Sénat prévoit, en ce qui concerne le Moyen-Orient, un soutien étendu à Israël, notamment le financement intégral des programmes coopératifs de défense antimissile du Dôme de fer et du David’s Sling (la « Fronde de David »). Il exige également une évaluation continue des embargos internationaux sur les armes visant Israël, y compris ceux liés à la guerre de Gaza, ainsi qu’une analyse visant à déterminer si les États-Unis peuvent intervenir pour combler les besoins d’Israël en matière de production de défense. La loi de défense abroge en outre les autorisations de recours à la force militaire de 1991 et 2002 contre l’Irak, dans une tentative de réaffirmer le rôle du Congrès dans la décision d’engager des troupes au combat.
Après les nouvelles restrictions d'entrée aux États-Unis pour les ressortissants de sept pays, dont la Syrie, craignez-vous que l'administration Trump durcisse également l’accès pour les Libanais ?
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