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Grève et manifestation des enseignants du public mercredi, boudées par les contractuels


Grève et manifestation des enseignants du public mercredi, boudées par les contractuels

Un élève dans une école au Liban. Joseph Eid/Archives AFP

Les syndicats des enseignants titulaires de l’école publique au Liban, primaire, complémentaire et secondaire, ont lancé un appel à la grève générale pour le mercredi 17 décembre, afin de pousser les autorités à revoir immédiatement leurs conditions mises à mal par l’effondrement de la livre libanaise depuis 2019 et à adopter une nouvelle grille salariale.

Ils ont brandi la menace d’une escalade si leurs revendications n’étaient pas suivies d’actions concrètes d’ici à un mois. La grève ponctuelle annoncée au cours d’une conférence de presse sera accompagnée mercredi de plusieurs manifestations à 11h devant les sièges du ministère des Finances à Beyrouth et dans les régions (voir plus bas).

« Nous élevons aujourd’hui la voix pour défendre la survie de l’école publique et protéger des centaines de milliers d’élèves qui n’ont d’autre option éducative », a souligné le président de la ligue des enseignants du secondaire, Jamal el-Omar, au nom des trois ligues rassemblées, accusant les autorités d’atermoiements. Les revendications incluent « la mise en place d’un calendrier pour l’adoption d’une révision complète des salaires à travers une nouvelle échelle (qui bénéficiera également aux enseignants du privé et aux fonctionnaires, NDLR) et l’adoption d’un mécanisme de paiement transparent et régulier ».

Les syndicalistes rappellent dans ce cadre que les enseignants du public, qui ont « toujours maintenu ouverts les canaux de négociations » avec les ministères de l’Éducation et des Finances, « ne sont plus en mesure d’accomplir leur devoir, car ils luttent pour survivre face à l’effondrement de leurs salaires ». « À titre de rappel, le salaire de l’enseignant a perdu plus de 90 % de sa valeur et le revenu mensuel ne suffit plus que pour quelques jours, sans même couvrir les besoins les plus élémentaires pour une vie digne », a souligné M. Omar, invitant les autorités à rendre justice à l’enseignant du public et à mettre en place un plan de sauvetage national immédiat et global.

Face à eux, les contractuels de l’éducation de base de l’école publique (primaire et complémentaire), qui représentent 80 % du corps enseignant de cette catégorie, s’abstiennent, refusant catégoriquement de souscrire à la grève. Ils accusent les syndicats de leurs collègues titularisés d’être « à la solde des partis politiques au pouvoir », de vouloir « exclure le mouvement des contractuels qui revendique son indépendance », et de « ne pas prendre ses revendications en compte ». « Une journée de grève est une journée non payée. Les enseignants contractuels et les élèves en paient le prix », martèle aussi dans un communiqué publié lundi Nisrine Chahine, présidente et fondatrice de la ligue des enseignants contractuels de l’enseignement public de base au Liban, qui dénonce « la fermeture des écoles publiques les jours de grève sur décision des syndicats des enseignants titulaires, privant 80 % des enseignants de leur revenu quotidien ».

Amélioration salariale, nouvelle grille des salaires et mécanisme de paiement

La ministre de l’Éducation Rima Karamé avait confirmé à L’Orient-Le Jour en mai 2025 que les contractuels représentaient en effet 80 % du corps enseignant de l’éducation de base. En revanche, l’enseignement secondaire compte 75 % de cadrés, indiquait-elle. Selon le ministère, l’école publique compte au total 5 809 enseignants contractuels contre 8 930 titularisés, sans compter les 8 165 contractuels payés par les organismes internationaux pour la scolarisation des élèves syriens.

Plombée par la crise, la baisse de niveau et les grèves à répétitions, l'école publique ne scolarise plus que le quart des élèves du Liban, estimés à 1 084 000 en 2023-2024 par le Centre de recherche et de développement pédagogique (CRDP).

Depuis qu’a éclaté la crise financière en 2019, les salaires des enseignants du public ont certes bénéficié de réajustements, mais ces derniers n’étaient que des mesures cosmétiques destinées à faire patienter les enseignants dans l’attente d’une refonte totale de l’échelle salariale de la fonction publique. Ce qui n’a toujours pas été réalisé. Également parmi les revendications énumérées, l’augmentation de l’indemnité mensuelle des retraités de l’éducation nationale et l’amélioration du salaire horaire des contractuels.

Mais pour la ligue des enseignants contractuels de l’enseignement public de base au Liban, ces revendications sont loin d’être siennes. Outre l’amélioration du salaire horaire qui demeure très bas, elle réclame les indemnités mensuelles dont ses enseignants ont été privés, de même que des indemnités de transport et de fin de service, ainsi que les allocations familiales. Par ailleurs, les contractuels réclament leur titularisation depuis des années, mais ce dossier est bloqué pour des considérations de déséquilibre confessionnel, sachant que l’embauche dans le secteur public, désormais verrouillée, a toujours répondu à des critères clientélistes.

Ci-dessous, les points de rencontre des manifestants mercredi à 11h :

– Les enseignants de Beyrouth et du Mont-Liban : devant le ministère des Finances, Riad el-Solh.

– Liban-Sud : devant le siège du mohafazat à Saïda.

– Nabatiyé : devant le siège du mohafazat.

– Liban-Nord : devant l’antenne du ministère des Finances de Tripoli.

– Akkar : devant l’antenne du ministère des Finances de Halba.

– Baalbeck : devant l’antenne du ministère des Finances à Douris.

– Hermel : devant le Sérail.

– Zahlé : devant le Sérail.

Les syndicats des enseignants titulaires de l’école publique au Liban, primaire, complémentaire et secondaire, ont lancé un appel à la grève générale pour le mercredi 17 décembre, afin de pousser les autorités à revoir immédiatement leurs conditions mises à mal par l’effondrement de la livre libanaise depuis 2019 et à adopter une nouvelle grille salariale.Ils ont brandi la menace d’une escalade si leurs revendications n’étaient pas suivies d’actions concrètes d’ici à un mois. La grève ponctuelle annoncée au cours d’une conférence de presse sera accompagnée mercredi de plusieurs manifestations à 11h devant les sièges du ministère des Finances à Beyrouth et dans les régions (voir plus bas).« Nous élevons aujourd’hui la voix pour défendre la survie de l’école publique et protéger des centaines...