Le ministre libanais des Affaires étrangères, Joe Raggi. Photo du bureau de presse du ministère
Le Liban « a reçu des mises en garde de parties arabes et internationales faisant état d'opération d'envergure de l'armée israélienne contre le Liban, mais que des contacts diplomatiques « intenses » sont en cours pour tenter de l'éviter, a déclaré le ministre libanais des Affaires étrangères, Joe Raggi, lors d’une interview à la chaîne qatarie al-Jazeera, qui doit être diffusée vendredi soir selon son bureau de communication.
« Nous avons reçu des avertissements de parties arabes et internationales selon lesquelles Israël prépare une vaste opération militaire contre le Liban », a indiqué M. Raggi sur al-Jazeera. Il a toutefois précisé que les autorités libanaises « intensifient leurs contacts diplomatiques afin de mettre le Liban et ses principales installations à l’abri de toute nouvelle frappe israélienne ». Des déclarations partagées par la chaîne qatarie et le bureau de presse du ministre alors que l'ambassadeur égyptien au Liban, Alaa Moussa, avait estimé vendredi que « nous n’avons d’autre choix que de travailler à épargner au Liban toute aggravation des agressions israéliennes », lors d'une conférence de presse tenue depuis le Palais présidentiel de Baabda.
Également plus tôt dans la journée, l'aviation israélienne a mené une vague de raids aériens sur plusieurs régions du Liban-Sud et la Békaa. Israël a mené une guerre intense au Liban en 2023/2024 suite à l’ouverture par le Hezbollah d’un « front de soutien » avec Gaza. Malgré le cessez-le-feu de novembre 2024, les attaques israéliennes en territoire libanais restent quotidiennes, ce à quoi le parti chiite pro-iranien n’a pas riposté, mais Israël l’accuse de vouloir reconstruire sa branche militaire mise à mal par la guerre. Le gouvernement libanais a, lui, décidé de reprendre le monopole des armes. Si le Hezbollah refuse l’idée de son désarmement dans tout le pays, il ne s'oppose pas aux opérations de démantèlement de ses infrastructures par l'armée libanaise dans le Sud.
Dans son interview, le ministre des Affaires étrangères a confirmé que « l’État libanais a engagé un dialogue avec le Hezbollah pour que celui-ci remette ses armes, mais il refuse de le faire ». « Les armes du Hezbollah se sont révélées inefficaces pour le soutien de Gaza tout comme pour la protection du Liban, et ont été la cause d’une nouvelle occupation israélienne », a-t-il martelé. L’armée israélienne occupe en effet toujours cinq points stratégiques au Liban-Sud, à la frontière.
Le rôle de l’Iran est « très négatif »
Sur les négociations en cours avec Israël, M. Raggi a assuré que « les réunions du comité du mécanisme (chargé de surveiller la mise en place du cessez-le-feu, ndlr) ne constituent pas des négociations dans le sens traditionnel du terme ». Début décembre, le président de la République Joseph Aoun a nommé un représentant civil dans ce comité, dans lequel le Liban et Israël n'étaient jusqu'à présent représentés que par des militaires. C'est la première fois depuis des décennies que des civils participent à des discussions directes entre les deux pays.
« Nous aspirons à revenir à l’accord d’armistice (signé en 1949 avec Israël par les pays voisins, dont le Liban, ndlr), et sommes encore loin d’un accord de paix », a poursuivi le ministre.
Interrogé sur le rôle de l’Iran, parrain du Hezbollah, M. Raggi n’a pas mâché ses mots, le qualifiant de « très négatif », et estimé que les politiques iraniennes sont « sources d’instabilité ». « Nous avons un problème avec l’Iran et sommes ouverts à un dialogue, à condition que ce pays arrête de s’ingérer dans nos affaires internes », a-t-il ajouté. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a récemment invité son homologue libanais à se rendre en visite officielle en Iran, mais celui-ci a proposé une rencontre dans un pays tiers.



Nous ne sommes inquiets de la guerre à venir. Notre président fort a donné l’ordre de riposter à toute attaque. Qui a dit qu’il n’était pas capable de prendre des décisions courageuses? Il est là à attendre que les iraniens et leurs vassaux veuillent bien lâcher notre pays et déposent les armes mais préfère s’en prendre à Israël qui ne ferait qu’une happée de notre pays. Il est très courageux ce président je dirais même, suicidaire comme ses nouveaux amis qu’il n’arrête pas de bichonner. Espérons qu’ils garderont un bon souvenir de lui lors de leur prochaine guerre fatale.
22 h 26, le 12 décembre 2025