Le Liban est entré dans la période des fêtes de fin d’année dans un climat de tranquillité relative. Depuis la visite du pape Léon XIV et les développements dans les négociations avec Israël, les Libanais ont le sentiment que l’élargissement annoncé de la guerre israélienne est reporté au moins jusqu’au début de l’année 2026, et peut-être même au-delà. Ce climat est d’ailleurs véhiculé par les principaux acteurs au Liban, des responsables officiels aux différentes formations, dont le Hezbollah. Toutes les parties concernées répètent la même phrase, qui se résume ainsi : la tendance actuelle consiste à gagner du temps. Mais la question qui se pose reste la suivante : pour quoi faire ? Et la réponse varie d’un camp à l’autre.
Les proches de Baabda et de Aïn el-Tiné ne cachent pas le fait que la désignation de l’ambassadeur Simon Karam pour présider la délégation libanaise aux négociations avec Israël était une initiative destinée à retarder le plan israélien d’élargir la guerre. Le chef de l’État a d’ailleurs déclaré à nombre de ses visiteurs que le Liban ne peut pas supporter une nouvelle guerre élargie et, par conséquent, qu’il faut faire tout ce qui est possible pour empêcher son éclatement. C’est donc dans cette optique que Joseph Aoun a lancé la proposition de négociations avec Israël, suite à une suggestion américaine. Mais il a tenu compte des propositions du président de la Chambre, Nabih Berry, de faire en sorte que ces négociations se fassent dans le cadre du comité dit « mécanisme » de supervision du cessez-le-feu. Ces « ouvertures » libanaises ont été bien accueillies par les Français et les Américains, membres du « mécanisme », et il semble que les Israéliens aient été poussés à freiner leurs élans belliqueux. Toutefois, cette politique peut-elle continuer à porter ses fruits, surtout avec les Israéliens qui semblent vouloir toujours plus ? Dans les milieux proches du pouvoir, on estime que cette tactique de vouloir gagner du temps peut être efficace, car plus le Liban se montre positif, plus les divergences augmentent entre les Israéliens et les Américains. Selon ces mêmes milieux, les Américains et, bien sûr, les Français ne veulent pas de l’élargissement de la guerre au Liban, surtout si les autorités continuent à exécuter ce qui leur est demandé, même si le rythme peut être jugé trop lent parfois. D’ailleurs, les États-Unis ont récemment accordé de nouvelles aides à l’armée libanaise et il est désormais question d’une visite du président Joseph Aoun et du commandant en chef de l’armée Rodolphe Haykal à Washington, dans le courant du mois de janvier 2026.
Des sources proches du Hezbollah ne cachent pas le fait que le parti, lui aussi, cherche à gagner du temps, en essayant autant que possible de laisser passer la tempête actuelle avec le moins de dégâts pour lui. Après avoir reçu des coups terribles, le Hezbollah se concentre actuellement sur sa priorité qui est de ménager autant que possible son environnement populaire et de lui éviter de nouvelles souffrances, le temps de pouvoir reprendre son souffle et se reconstruire. Mais il suit aussi attentivement les développements régionaux et il mise sur des changements dans les rapports de force. Par exemple, les sources proches du parti évoquent des tentatives d’amorcer un dialogue avec le nouveau pouvoir en Syrie qui seraient menées par les autorités turques. Tout en étant proches des Américains, les autorités turques chercheraient ainsi à préserver leurs relations avec l’Iran et l’Irak, en accord notamment avec le Qatar. Elles chercheraient aussi à augmenter leur influence au Liban et elles ne veulent donc pas de heurts avec le Hezbollah. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si, il y a quelques jours, l’administration américaine a félicité le nouveau régime en Syrie parce qu’il aurait arrêté une cargaison d’armes à destination du Hezbollah. Pour les sources proches de ce parti, que la cargaison existe ou non, les félicitations américaines ressemblent plus à un avertissement adressé à la Turquie de ne pas chercher à utiliser la Syrie pour renflouer le Hezbollah.
De même, la formation mise sur une amélioration de ses relations avec l’Arabie saoudite, surtout après le message clair d’ouverture adressé par le secrétaire général, Naïm Kassem, aux autorités saoudiennes. Jusqu’à présent, les Saoudiens n’ont fait aucune ouverture directe en direction du Hezbollah, mais celui-ci estime que les développements régionaux pourraient les pousser à baisser d’un cran leur hostilité à son égard, surtout face à l’entêtement des Israéliens qui refusent jusqu’à maintenant de faire la moindre concession, non seulement en direction du Liban, mais envers tous les Arabes en général. De même, les Saoudiens qui ambitionnent de devenir la puissance régionale sunnite dans la région pourraient trouver que la présence du Hezbollah pourrait servir leurs intérêts face à l’émergence d’autres pouvoirs sunnites. Pour toutes ces raisons, le Hezbollah cherche donc, lui aussi, à gagner du temps en cette période de turbulences régionales et internationales.


Beaucoup de "wishful thinking" dans cet article. L’armée aurait du avoir désarmé le hezbollah dès les premiers 6 mois après la signature de l'accord signé par le hezbollah. Cela n'a pas été fait et l’état n'a commencé qu'a partir de Septembre et seulement pour le sud. Une extension lui a été donné pour se magner jusqu’à fin 2025. Début 2026 il faut s'attendre a tout et ce n'est pas une nomination qui retardera quoi que ce soit. Les occidentaux certes ne veulent pas de guerre mais ils ne font plus confiance a l'establishment Libanais. Ils finiront avec ou sans le hezbollah. Message reçu?
13 h 46, le 09 décembre 2025