Des proches de victimes de l'explosion du 4 août 2020 au port de Beyrouth lors de leur sit-in mensuel à Beyrouth, le 4 septembre 2024. Photo ANI
Lors de leur sit-in mensuel devant la statue de l'Emigré près du port de Beyrouth jeudi soir, des proches des victimes de l'explosion du port de Beyrouth ont « réaffirmé (leur) engagement indéfectible, quelles que soient les circonstances politiques qu'a connues le Liban » en faveur de cette cause qui traîne depuis 2020. « Nous restons fidèles à la promesse faite à nos victimes et martyrs : nous n'abandonnerons en aucun cas l'affaire du port de Beyrouth. Nous mettrons tout en œuvre pour que la voix de nos victimes soit entendue dans le monde entier », ont déclaré les proches dans un communiqué.
« Notre dernière initiative a été une rencontre avec le pape Léon XIV le mardi 2 décembre 2025, faisant suite à notre rencontre à Rome avec le pape François (en août 2024, Ndlr). Nous lui avons transmis un message de paix et l'avons imploré de prier pour nous, comme l'a fait François. L'enquête se poursuit et l'affaire du port de Beyrouth ne sera pas classée comme les précédentes », indique le texte. Les proches ont par ailleurs estimé que « les attaques en cours contre le juge Tarek Bitar visent à protéger une classe politique habituée à ne pas avoir à rendre de comptes ». « L'interdiction de voyager imposée au juge Bitar doit être levée. Nous appelons le président Joseph Aoun à prendre les mesures nécessaires et officielles pour localiser et enquêter sur le propriétaire du navire (ayant introduit le nitrate d'ammonium qui a causé l'explosion du port, Ndlr) avant qu'il ne prenne la fuite ou ne soit éliminé », poursuit le communiqué.
Le Liban a déposé dernièrement une demande d’extradition à l’encontre d’Igor Grechushkin, propriétaire présumé du navire Rhosus arrêté en Bulgarie, qui avait débarqué le nitrate d’ammonium à l’origine de la double explosion au port.
L'explosion du 4 août 2020 a tué plus de 220 personnes, blessé 6 500 autres et dévasté des quartiers entiers de Beyrouth. Les familles des victimes continuent de demander justice, tandis que l'enquête menée par le juge d’instruction près la Cour de justice Tarek Bitar chargé d’enquêter sur la double explosion au port (4 août 2020), est entravée par de nombreuses ingérences politiques. Le juge Bitar fait l'objet d'une plainte d’usurpation de pouvoir déposée en janvier 2023 par l’ancien chef du parquet de cassation Ghassan Oueidate.
De son côté, une deuxième association de proches des victimes du port, qui manifeste d'habitude devant la porte 3 du port, a annoncé dans un communiqué jeudi « la suspension de (son) 64e sit-in mensuel en raison des conditions sécuritaires actuelles et des attaques sionistes » contre certaines régions du pays, notamment le Liban-Sud. Ce groupe, qui remet en cause le travail du juge Bitar, a dit regretter ne pas pouvoir tenir son sit-in, « d'autant plus que nous nous trouvons face à une étape judiciaire importante, à savoir le jugement attendu concernant Tarek Bitar, pour le crime d'usurpation de pouvoir ». Le groupe a par ailleurs estimé que le dossier du port « a été politisé dès les premiers instants, sans aucun égard pour les familles des martyrs et des victimes qui attendent avec douleur et patience la vérité et la justice ».

