Un homme agite un drapeau arc-en-ciel lors des festivités de Nowruz le 21 mars 2019 à Diyarbakir en Turquie. Photo d'archives Burak KARA/GETTY IMAGES VIA AFP
La police turque a procédé tôt dimanche à de nombreuses descentes et arrestations dans des bars et aux domiciles de militants LGBT+ au nom de la protection de la famille traditionnelle, ont annoncé les autorités et une des associations visées.
« Dans le cadre des opérations +Ma famille est en sécurité+ (...), menées en collaboration avec nos forces de police et de gendarmerie, des poursuites judiciaires ont été engagées contre 162 suspects, 9 associations et 13 entreprises dans (...) un total de 15 provinces » dont celles d'Istanbul et d'Ankara, a écrit sur X le ministre turc de la Justice, Akin Gürlek.
Le ministre n'a pas précisé combien de personnes ont été placées en garde à vue, mais a souligné que ces opérations s'inscrivent dans le cadre de « la Décennie de la famille » proclamée par le président turc Recep Tayyip Erdogan, et ce afin de « protéger nos enfants, l'institution familiale et l'ordre social ».
A Istanbul, des policiers ont mené des descentes dans des bars gays et une boîte de nuit considérée comme un refuge de la communauté LGBT+, selon des images de médias progouvernementaux. Un hammam pour hommes connu pour être un lieu de prostitution a également été visé.
L'association de défense des droits des LGBT+ Kaos GL a annoncé dans un communiqué que « plus de dix » de ses membres « ont été arrêtés à la suite de perquisitions policières à leur domicile ». « La police a également fouillé les bureaux de l'association », a-t-elle ajouté, affirmant être visée notamment par l'accusation du crime d' »obscénité ».
Le compte X de Kaos GL ainsi que ceux d'une quinzaine d'autres organisations et militants LGBT+ avaient déjà été bloqués samedi en Turquie sur demande des autorités.
L'homosexualité n'est pas réprimée pénalement en Turquie, mais l'homophobie y est largement répandue jusqu'au sommet de l'Etat, le président Erdogan qualifiant régulièrement les LGBT+ de « pervers » responsables du déclin de la natalité.
« L'existence ne peut être interdite ni entravée. Les droits LGBTI+ sont des droits humains ! », a réagi sur X dimanche la députée du parti de gauche prokurde DEM d'Istanbul Özgul Saki.
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