L'ancien chef du Parti socialiste progressiste, Walid Joumblatt. Photo tirée du compte X du PSP
Les déclarations faites mercredi par Ali Akbar Velayati, conseiller aux affaires internationales du Guide suprême iranien, ont été reprises de volée par le leader druze Walid Joumblatt, qui a dénoncé une approche consistant à considérer le Liban comme une « boîte aux lettres » où l’Iran et les États-Unis s’échangent leurs messages sans égard pour la sécurité des Libanais.
« Nous rejetons les propos du responsable iranien qui font du Liban une boîte aux lettres pour le dialogue avec les États-Unis, au mépris de la sécurité de son peuple », a ainsi écrit jeudi l’ancien chef du Parti socialiste progressiste (PSP), dans un contexte de tension entre le Hezbollah et Israël accentuée par la frappe sur la banlieue sud de Beyrouth dimanche, qui a tué Haytham Ali Tabatabaï, chef de l’aile militaire du Hezbollah, ainsi que plusieurs autres personnes. Un incident de plus au compteur des violations israéliennes d’un fragile cessez-le-feu conclu avec le parti chiite il y a tout juste un an.
C’est dans ce contexte que M. Velayati avait déclaré à l’agence semi-officielle Tasnim que « les attaques et les crimes continus commis par l’entité sioniste contre le Liban montrent que la présence du Hezbollah est devenue plus importante pour le Liban que le pain quotidien », provoquant l’indignation de plusieurs responsables libanais, qui ont critiqué une ingérence iranienne inadmissible dans les affaires libanaises.
Le conseiller du guide Ali Khamenei a aussi estimé que la violation de la trêve par l’armée israélienne a montré « à tous les conséquences catastrophiques qu’aurait le désarmement du Hezbollah pour le Liban », avant de confirmer que « l’Iran a soutenu et continuera de soutenir le Hezbollah et l’Axe de la Résistance » et de vanter le rôle de « soutien » et de « sauveur » endossé, selon lui, par la milice face à Israël.
Dans son message, Walid Joumblatt a aussi interpellé les autorités libanaises au sujet de la présence au Liban, présumée mais non officiellement confirmée, d’anciens cadres du régime de Bachar el-Assad qui ont fui la Syrie après que l'ancien président syrien ait été chassé du pouvoir par une coalition islamiste. « Est-il vrai que des dizaines d’officiers de l’ancien régime syrien résident au Liban sous la protection de certains partis ? Quelle est la position des autorités à ce sujet ? », a écrit le leader druze.
Après la chute du régime Assad le 8 décembre 2024, plusieurs hauts responsables du régime déchu avaient trouvé refuge au Liban. Début novembre, la justice libanaise avait reçu une demande officielle de la France sollicitant son aide pour localiser et arrêter d’anciens responsables de ce régime soupçonnés de se trouver sur le sol libanais, selon le quotidien Asharq Al-Awsat.
Une source judiciaire libanaise de haut rang a indiqué au média saoudien que la demande a été adressée au procureur général près la Cour de cassation, le juge Jamal Hajjar, et vise explicitement l’ancien directeur de la Direction du renseignement de l’armée de l’air syrienne, Jamil el-Hassan, l’ancien directeur de la Sécurité nationale, Ali Mamlouk, ainsi que l’ancien chef de la branche d’enquête des services de renseignement aérien, Abdelsalam Mahmoud. La source précise que le juge Hajjar a chargé la branche des renseignements des Forces de sécurité intérieure (FSI) de mener les recherches nécessaires. Le Liban avait déjà reçu un avis d’Interpol lui demandant d’exécuter un mandat d’arrêt américain visant Jamil el-Hassan et Ali Mamlouk.



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