Les présidents libanais, Joseph Aoun, et chypriote, Nikos Christodoulidès, passant en revue les troupes au palais de Baabda, le 26 novembre 2025. Photo AFP / ANWAR AMRO
L’accord de délimitation maritime signé mercredi entre le Liban et Chypre a suscité jeudi la colère d’Ankara, qui y voit une « atteinte aux droits des Chypriotes-turcs », tout en affirmant qu’il va « à l’encontre des intérêts du peuple libanais ».
Cette signature a eu lieu au palais de Baabda entre le président libanais Joseph Aoun et son homologue chypriote Nikos Christodoulidès, mettant fin à de longues négociations sur le tracé final de la frontière maritime entre les deux pays, un dossier qui était en suspens depuis près de 20 ans. Selon les deux chefs d’État, cet accord permettra au Liban et à Chypre de commencer l’exploration de leurs ressources offshore et de renforcer leur coopération dans ce domaine.
Un accord qui « ignore les droits de la RTCN »
« Il ne nous est pas possible d’accepter un accord qui passe outre les droits de la République turque de Chypre-Nord (RTCN) », a déclaré le ministère turc de la Défense lors de son point presse hebdomadaire. « Nous estimons que cet accord, qui ignore les droits de la RTCN, va également à l’encontre des intérêts du peuple libanais, et nous avons indiqué à nos homologues libanais que nous sommes prêts à coopérer sur les questions maritimes », a-t-il ajouté.
La délimitation, qui avait été approuvée par le gouvernement Salam le 23 octobre, est polémique et contestée par plusieurs parties, notamment le tandem chiite Amal-Hezbollah. Le Liban partage ses frontières avec Israël – avec qui il est en état de guerre mais est également lié par un accord sur les frontières maritimes – et avec la Syrie – où l’ancien régime de Bachar el-Assad est tombé il y a tout juste un an et le nouveau régime est soutenu par Ankara. Dans son discours mercredi, le chef de l'Etat libanais avait tendu la main à Damas pour délimiter la frontière maritime entre les deux pays. Des accords ont, eux, été conclus sur les frontières maritimes entre Chypre et Israël.
Pour rappel, Chypre est divisée depuis l'invasion du tiers nord de l'île par l'armée turque en 1974 en réaction à un coup d'Etat de nationalistes chypriotes-grecs qui souhaitaient rattacher le pays à la Grèce. La partie nord, où vivent principalement des Chypriotes-turcs et colons turcs, a été autoproclamée République turque de Chypre-Nord en 1983, dont les autorités ne sont reconnues que par Ankara, qui y dispose encore d'un important contingent militaire. La République de Chypre n'exerce elle son autorité que sur la partie sud de l'île, habitée essentiellement par des Chypriotes-grecs et séparée de la RTCN par la Ligne verte, une zone démilitarisée contrôlée par l'ONU. Jusqu'ici les efforts pour réunifier l'île sont restés sans effets, y compris les derniers pourparlers organisés en 2017 par les Nations unies.
« Nous ne pouvons pas accepter »
Le porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères, Oncu Keceli, a estimé que l'accord conclu entre Nicosie et Beyrouth constituait un nouvel exemple du fait que les Chypriotes-grecs écartent les droits des Chypriotes-turcs, rappelant que l’administration chypriote grecque n’est pas la représentante exclusive de l’île et n’a donc pas l’autorité nécessaire pour prendre des décisions engageant l’ensemble du territoire.
« Nous appelons la communauté internationale, et notamment les pays de la région, à ne pas soutenir ces démarches unilatérales de l’administration chypriote grecque et à ne pas se rendre complices de tentatives d’usurpation des droits et intérêts légitimes des Chypriotes turcs, qui sont des éléments souverains et égaux de l’île », a déclaré M. Keceli sur X.


Chypre prédatrice? Vous êtes totalement a coté de la plaque ou vous faites honneur a votre surnom. La Turquie a été, est et sera toujours le dangereux trublion de la région. C'est elle qui a attaqué et occupe une partie de Chypre pas le contraire. C'est elle qui s'en prend aux Kurdes, aux Arméniens etc... et pas le contraire. Elle est aussi dangereuse que ne l’était le régime d'Assad ou celui du Fakih. Au Liban nous avons choisi de vivre a l'occidentale, d'envoyer nos enfants a Harvard, Cambridge ou a la Sorbonne, pas a Ankara, Téhéran, Pékin ou Moscou. La Turquie finira comme la Syrie ...
08 h 46, le 28 novembre 2025