Le patriarche maronite (au centre) lors de la messe du dimanche 23 novembre 2025 à Bkerké. Photo ANI
Le patriarche maronite Béchara Raï a abordé, dans son homélie du dimanche, le sujet de la fête de l’indépendance en affirmant que « le Liban a célébré hier le 82e anniversaire de son indépendance, le jour où la nation a retrouvé sa dignité, sa souveraineté et son droit de décider de son avenir », mais « cette commémoration n’est pas une simple célébration avec des décorations temporaires de drapeaux libanais, il s’agit d’un engagement national qui doit être renouvelé chaque année ».
« Une nation ne peut être bâtie sur les armes, les slogans et les défis, mais sur un travail intérieur calme, profond et solide, capable de changer la vie », a-t-il ajouté.
Au cours de la messe qu’il célébrait en l’église Notre-Dame à Bkerké, siège du patriarcat maronite au Kesrouan, Mgr Raï a estimé que cet engagement signifie que « cette terre n’a pas été conçue pour l’obscurité, mais pour la lumière, que le peuple n’est pas voué aux divisions mais à l’unité, et que le Liban, malgré ses blessures, est capable de renaître si ses fils se rassemblent autour d’une volonté commune et sincère ».
Le cardinal Raï a ajouté que « le Liban aujourd’hui a besoin de responsables et d’un peuple qui répondent présents pour servir l’intérêt public et ériger un État juste, qui soient prêts pour un nouveau départ malgré la lassitude (...) Le Liban doit passer des crises successives à un nouvel essor, de la paralysie politique à des décisions courageuses, du conflit à la collaboration, de la peur à l’espérance ».
« Pour qu'il soit fondé sur le droit et pas sur les intérêts (…) Le Liban a besoin d’hommes et de femmes qui se déclarent prêts à servir l’intérêt public. Or le salut ne vient pas de la force mais de la grâce », a-t-il poursuivi.
Le patriarche maronite faisait allusion à la question des armes du Hezbollah et d’autres forces armées non officielles, qui refusent toujours de se séparer de leur arsenal malgré une guerre destructrice avec Israël en 2023-2024. Par sa mention des intérêts privés et de l’intérêt public, il aborde le sujet de la corruption qui continue de miner l’État libanais.
Audi : La domination d’une partie sur les autres n’édifie pas un pays
Le sujet des armes hors des mains de l’État a également été abordé dimanche par le métropolite grec-orthodoxe de Beyrouth Elias Audi. « Quand les Libanais vont-ils prendre conscience que la domination d’une partie sur les autres, ou d’un parti ou d’une communauté sur la décision nationale, ne mène qu’à la ruine du pays ? », a-t-il dénoncé dans son homélie.
« La domination par la force ne permet pas d’ériger un État et n’assure aucune pérennité à la partie qui se croit en droit de décider pour les autres », a-t-il insisté. Et d’ajouter : « L’histoire nous montre que le sort de ceux-là ressemble à celui de cet homme riche (dans la Bible) qui meurt avant de pouvoir profiter de ses richesses, au lieu de suivre les enseignements de Dieu ».
Mgr Audi a conclu en estimant que « la seule solution est que les citoyens arrêtent de ne prendre en considération que leurs intérêts au lieu de s’en remettre à l’État et de bâtir leurs vies sur des bases solides ».



Une nation ne peut être bâtie sur les armes, les slogans et les défis, certes. Encore faut il avoir une force de dissuasion pour empêcher ses fossoyeurs de finir leur sale besogne. Plus on tarde à avoir du répondant et plus on s’enfonce dans l’enfer qu’ils ont attisé pour nous y jeter.
11 h 39, le 24 novembre 2025