Le président libanais, Joseph Aoun, et le patron de la troupe, Rodolphe Haykal, en visite au commandement du secteur du sud du Litani, à Tyr, le 21 novembre 2025. Photo @LBpresidency/X
Le président libanais Joseph Aoun a espéré, lors d’une visite au commandement du secteur sud du Litani, au Liban-Sud, que d'ici « la prochaine célébration de l'indépendance », commémorée tous les 22 novembre, « tout le Sud aura été libéré » de l'occupation israélienne et que seuls des drapeaux libanais seront hissés le long de la frontière.
En présence du commandant en chef de l’armée, le général Rodolphe Haykal, Joseph Aoun a été accueilli à la caserne Benoît Barakat de Tyr, où il a tenu un discours devant des officiers en poste dans la région. Il a souligné que « les cérémonies traditionnelles, habituellement organisées à cette occasion, n'auront pas lieu cette année en raison des circonstances que traverse le pays », alors que les parades militaires normalement organisées pour marquer l'indépendance du Liban du mandat français en 1943, ont été annulées ces dernières années.
L'annulation cette année a été décidée alors que, presque un an après la trêve entre Israël et le Hezbollah, les tensions restent vives, avec des frappes israéliennes presque quotidiennes au Liban-Sud et l'occupation israélienne de plusieurs positions en territoire libanais. Les parades de l'indépendance sont annulées depuis 2022, en raison de la vacance présidentielle (qui s'est terminée en janvier 2025) et de la guerre entre le Hezbollah et Israël (octobre 2023-novembre 2024).
Le « rôle exemplaire » de l'armée dans le Sud
M. Aoun a ajouté avoir tenu à se rendre dans le Sud, où un Conseil des ministres devrait également être organisé prochainement, « pour affirmer que cette région précieuse demeure toujours dans nos cœurs ». « L’armée, qui protège les habitants du Sud ainsi que tous les Libanais, reste inébranlable dans ses positions et son engagement à défendre la dignité nationale, la souveraineté et l’indépendance. Elle fait preuve de fidélité à ces principes, martyr après martyr, sans se laisser ébranler par les campagnes occasionnelles de diffamation, de doute ou d’incitation », a-t-il ajouté, alors que Washington et Tel-Aviv accusent la direction de la troupe de retarder le désarmement du Hezbollah, auquel se sont engagés les autorités libanaises.
C'est pour marquer cette désapprobation que des rendez-vous du général Haykal à Washington, normalement prévus mercredi, avaient été annulés par l'administration américaine, premier bailleur de fonds de l'armée. Joseph Aoun a encore salué « le rôle exemplaire de l’armée stationnée dans le Sud en général, et dans le secteur du sud du Litani en particulier », rendant hommage aux 12 soldats tués depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, notamment dans l'explosion de munitions dans une cache d'armes.
Briefing sur le désarmement et le déploiement
Le chef de l'État a enfin espéré que les commémorations de l'indépendance «fassent leur retour l'année prochaine lorsque tout le Sud aura été libéré et que seul le drapeau libanais, symbole de la souveraineté et de la dignité nationale, flottera à ses frontières». L'armée libanaise doit se déployer dans tout le Sud et aux frontières, une zone qui était jusqu'à la guerre sous l'influence d'un Hezbollah lourdement armé, et où est mobilisée la Force intérimaire de l'ONU au Liban (Finul).
Avant ce discours, M. Aoun avait été briefé, avec le commandant en chef de l'armée, sur la situation sécuritaire dans la zone. Le chef des opérations dans le secteur, le colonel Rachad Bou Karam, avait présenté un exposé avec cartes et chiffres, des actions de l'armée dans la région, notamment en ce qui concerne le désarmement du Hezbollah et l'installation de postes de contrôle de l'armée. Le président a encore examiné des cartes montrant les zones où les forces israéliennes ont construit une portion de mur qui franchit la Ligne bleue.
Et alors qu’il recevait au palais de Baabda la représentante spéciale de l’Union européenne pour les droits humains, Kajsa Ollongren, M. Aoun a appelé l’UE à renforcer son soutien au Liban et l’a exhortée à « faire pression sur Israël pour qu’il mette fin à son agression ». Il a souligné que le pays « accueille favorablement tout soutien apporté par l’UE, notamment en prévision du retrait de la Force intérimaire des Nations unies au Liban d’ici 2027 ». Le Conseil de sécurité de l’ONU a prolongé en août dernier le mandat de la Finul jusqu’à fin 2026, préparant ainsi son « retrait complet d’ici décembre 2026. Pour la première fois depuis des décennies, le Liban-Sud se retrouverait alors sans la présence des Casques bleus.
Par ailleurs, le président a réaffirmé que « le Liban reste engagé à appliquer la décision du gouvernement concernant le monopole des armes ». Il a souligné que l’Europe a tout intérêt à « renforcer les capacités de l’armée, car préserver la sécurité et la stabilité du Liban revient à préserver les siennes ». Le Liban peine néanmoins à mettre en œuvre les décisions gouvernementales des 5 et 7 août visant à désarmer les milices, notamment le Hezbollah, qui continue de rejeter cette option. Parallèlement, le risque d’une escalade militaire israélienne pèse sur le pays.



Courageux d’un côté le Hezbollah et de l’autre les sionistes
01 h 02, le 22 novembre 2025