Des passants devant une station-service du producteur pétrolier russe Gazprom Neft, principal actionnaire de la compagnie pétrolière serbe NIS, à Belgrade, en Serbie, le 8 octobre 2025. Photo REUTERS/Marko Djurica/Photo d'archive
Le gouvernement américain insiste sur le retrait des compagnies russes de la société pétrolière serbe NIS et maintient des sanctions qui la visent depuis le 9 octobre, a déclaré samedi la ministre serbe de l'Energie, en annonçant des décisions « difficiles » que son pays devra prendre dans les prochains jours.
La ministre serbe Dubravka Djedovic Handanovic a expliqué que le gouvernement américain avait refusé une requête des avocats de NIS pour réclamer la levée des sanctions en échange d' »un accord sur un changement de gestion » au sein de la compagnie pétrolière, cruciale pour l'économie locale.
La Serbie a cédé en 2009 les parts majoritaires dans NIS au géant russe Gazprom Neft. « Pour la première fois, l'administration américaine a clairement et sans équivoque déclaré et écrit qu'elle souhaite un changement complet des actionnaires russes dans la propriété, c'est-à-dire qu'elle exige le retrait de la propriété russe de la compagnie NIS », a déclaré la ministre dans une déclaration à la presse.
Après plusieurs reports depuis janvier, le ministère des Finances des Etats-Unis a commencé à appliquer le 9 octobre les sanctions contre NIS, dans le cadre des sanctions plus vastes contre le secteur énergétique russe, face au refus de la Russie de mettre fin à la guerre en Ukraine.
Acteur principal sur le marché serbe du pétrole, NIS gère la seule raffinerie dans le pays, à Pancevo, près de Belgrade, qui approvisionne environ 80% du marché serbe. Dans de telles circonstances, la ministre de l'Energie serbe a annoncé que l'Etat serbe allait devoir prendre des « décisions difficiles », en évoquant une éventuelle d'« reprise de la compagnie » par le gouvernement.
« Je sais que le président (Aleksandar) Vucic est contre la nationalisation, tout comme beaucoup d'entre nous au sein du gouvernement », a dit Mme Djedovic Handanovic, en annonçant pour dimanche une réunion « extraordinaire » du gouvernement sur le sujet. « Nous ne permettrons pas que notre pays soit mis en danger, mais nous serons peut-être confrontés dans les jours à venir à certaines des décisions les plus difficiles de notre histoire », a poursuivi la ministre, en ajoutant espérer que « nos amis russes comprendront la gravité de la situation ».


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