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Politique - Décryptage

Moins qu’une paix, plus qu’un cessez-le-feu : le Liban prépare ses dossiers


Le Liban vit en suspens, au rythme des agressions israéliennes, tout en attendant la réponse de Tel-Aviv à sa proposition de tenir des négociations. Mais les responsables ne semblent pas très inquiets. Certes, selon une source politique qui suit de près ce dossier, il faut s’attendre à tout de la part des Israéliens. Mais le retard de la réponse peut s’expliquer par plusieurs facteurs. L’un d’eux, c’est la nécessité d’attendre le résultat des négociations entre les Israéliens et les Syriens, les responsables libanais estimant qu’il vaut mieux attendre l’aboutissement du processus avant de concrétiser la proposition du président Joseph Aoun. La source précitée cite d’ailleurs l’exemple des négociations menant à l’accord du 17 mai 1983. Celui-ci contenait une bombe à retardement : l’exigence d’une approbation syrienne. Or, juste après son adoption, alors que le Liban croyait entrer dans une nouvelle ère, le président syrien de l’époque, Hafez el-Assad, a donné des instructions claires à ses alliés libanais pour le faire chuter. Cet accord a donc été abrogé par le Parlement libanais en mars 1984, après une forte opposition interne et le refus des troupes syriennes de quitter le territoire libanais en même temps que les troupes israéliennes, comme le prévoyait l’accord.

La source précitée affirme que le chef de l’État pense essentiellement à un accord qui serait plus avancé que l’armistice, mais moins avancé qu’une paix. Il consisterait ainsi en des arrangements visant à assurer la stabilité à la frontière avec Israël, dans le cadre d’une certaine forme de coopération sécuritaire, sans pour autant inclure une normalisation des relations entre les deux pays. Dans tous les cas, il sera forcément dépendant de l’évolution des négociations entre la Syrie et Israël, parce que les deux restent dépendants l’un de l’autre. Cette fois, contrairement à ce qui s’est passé en 1983, la Syrie devance le Liban. Il est donc préférable, selon la source, que ce dernier patiente un peu.

Mais cela ne signifie pas que le Liban doit rester les bras croisés. Selon la source précitée, le plan élaboré par l’armée pour prendre le contrôle des armes se poursuit, indépendamment de la possibilité d’entamer les négociations. L’armée a ainsi, selon le bilan présenté par le général Rodolphe Haykal en Conseil des ministres, déjà effectué la plus grande partie du job dans la zone au sud du Litani. Elle a ainsi pris le contrôle de 92 % de cette zone, et dans les 8 % restants, ce sont les Israéliens qui entravent le déploiement de la troupe et le démantèlement de l’infrastructure construite par le Hezbollah sur place. En tout cas, l’armée a envoyé dans cette zone 1 500 nouveaux soldats et prépare l’envoi de 1 500 autres. Ce qui lui permettrait d’avoir plus de 8 000 soldats dans la zone. Et elle serait pratiquement en mesure de contrôler cette région, avec l’aide de la Force intérimaire des Nations unies (Finul) et, plus tard, toute seule, lorsque celle-ci se retirera vers la fin de 2026.

En même temps, l’armée a commencé ses inspections dans la zone située entre les fleuves Litani et Awali, concernée par la deuxième phase du plan. Elle est ainsi en train de rechercher, dans ce secteur, les dépôts d’armes du Hezbollah, de les localiser et de les surveiller. Ainsi, dès qu’elle recevra les instructions pour passer à la deuxième phase du plan, elle devrait pouvoir l’achever rapidement. En principe, la deuxième phase devrait commencer au début de 2026, mais, selon le plan de l’armée, elle devrait être précédée d’un retrait israélien des positions occupées dans la foulée de la guerre de l’automne 2024.

La source précitée insiste sur le fait que le Liban accomplit ce qui lui est demandé strictement et efficacement. Malheureusement, elle estime que de nombreuses parties étrangères suivant ce dossier préfèrent que cela se déroule dans la violence. Les méthodes « douces » utilisées par l’armée libanaise ne leur inspirent pas confiance et laissent entendre qu’il s’agit plutôt d’arrangements à l’amiable de pure façade, et non d’un véritable désarmement. La source qui suit le dossier répond à ces remarques en assurant que les moyens technologiques de surveillance utilisés par les Américains, qui dirigent le fameux « mécanisme » de surveillance du cessez-le-feu, ainsi que la présence ininterrompue dans le ciel libanais des drones israéliens devraient montrer que l’armée agit sérieusement et efficacement, sans toutefois entrer en conflit ouvert avec le Hezbollah.

Toujours selon cette même source, le Hezbollah est même globalement convaincu qu’il a intérêt, dans cette période, à coopérer avec l’armée, qui, seule, est en mesure de défendre le pays. Aujourd’hui, le Hezbollah sait qu’il ne peut plus se lancer dans des attaques comme auparavant. Certes, selon la source précitée, il existe encore au sein de cette formation un noyau dur qui voudrait continuer à se battre, mais il n’est plus majoritaire. La plupart des responsables du Hezbollah sont conscients que, dans la période à venir, la résistance militaire ne devrait pas être l’option privilégiée et qu’ils ont donc intérêt à se placer derrière l’État et, surtout, derrière l’armée. Les déclarations menaçantes qu’ils multiplient ces derniers temps seraient donc essentiellement destinées à l’intérieur libanais et à la volonté de ne pas être balayés par le changement des rapports de force régionaux et internationaux. Même les Iraniens, qui restent les derniers soutiens de ce noyau dur du Hezbollah, ne semblent pas vouloir entraver l’initiative de Joseph Aoun. Selon des sources diplomatiques bien informées, Téhéran ne veut pas d’une nouvelle guerre avec les Israéliens et les Américains, même s’il se prépare à toutes les éventualités.

Le Liban vit en suspens, au rythme des agressions israéliennes, tout en attendant la réponse de Tel-Aviv à sa proposition de tenir des négociations. Mais les responsables ne semblent pas très inquiets. Certes, selon une source politique qui suit de près ce dossier, il faut s’attendre à tout de la part des Israéliens. Mais le retard de la réponse peut s’expliquer par plusieurs facteurs. L’un d’eux, c’est la nécessité d’attendre le résultat des négociations entre les Israéliens et les Syriens, les responsables libanais estimant qu’il vaut mieux attendre l’aboutissement du processus avant de concrétiser la proposition du président Joseph Aoun. La source précitée cite d’ailleurs l’exemple des négociations menant à l’accord du 17 mai 1983. Celui-ci contenait une bombe à retardement : l’exigence...
commentaires (2)

Je suis rassuré que Madame Haddad retrouve le bon sens qui la caractérise, la dernière fois elle avait oublié d’encenser ses soutiens habituels, tout semble rentrer dans l’ordre. Nous sommes tous rassurés sur sa situation à tous les niveaux, le retard a été sûrement corrigé.

Prinzatour

14 h 14, le 14 novembre 2025

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Commentaires (2)

  • Je suis rassuré que Madame Haddad retrouve le bon sens qui la caractérise, la dernière fois elle avait oublié d’encenser ses soutiens habituels, tout semble rentrer dans l’ordre. Nous sommes tous rassurés sur sa situation à tous les niveaux, le retard a été sûrement corrigé.

    Prinzatour

    14 h 14, le 14 novembre 2025

  • Ah, un peu plus d’objectivité et de logique avec cet article, plutôt que l’admiration habituelle pour les partis orange et jaune qui nous ont ruinés ! S’agit-il d’un retournement de veste, de calculs politiques ou d’intérêts personnels avec le vent qui change? Ou bien d’un réveil tardif ?

    Cadmos

    04 h 56, le 14 novembre 2025

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