Gebran Bassil s'exprimant depuis Aïn el-Tiné le 10 juin 2024. Photo prise du compte X de M. Bassil.
Le chef du Courant patriotique libre (CPL), Gebran Bassil, a fustigé l' « autorité politique (libanaise) impuissante, qui reçoit ses ordres de l’étranger », affirmant que « certains veulent que l’armée reste spectatrice face à ceux qui nous agressent », dans des propos rapportés par l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).
« Ils parlent de la souveraineté de l’État et affirment que seule l’armée doit détenir les armes, ce qui est naturel. Mais se demandent-ils ce qu’ils offrent à l’armée pour qu’elle puisse accomplir cette mission, lorsqu’elle n’a même pas assez d’essence pour effectuer une patrouille, ni suffisamment d’effectifs ou d’équipements ? » a également demandé Gebran Bassil, lors d’un dîner organisé pour les anciens militaires dans le caza du Kesrouan. « Plutôt que de se concentrer uniquement sur le monopole des armes aux mains de l’État, il faudrait aussi réfléchir à la manière d’armer la troupe », a-t-il déclaré, critiquant implicitement le gouvernement de Nawaf Salam, les Forces libanaises ou encore l’administration américaine, qui réclame le désarmement du Hezbollah avant toute autre considération.
Les Conseils des ministres des 5 et 7 août puis du 5 septembre ont décidé du monopole des armes aux mains de l'État, comprenant au premier chef le désarmement du Hezbollah, souhaité instamment par Israël, et son allié américain. L'armée libanaise, dépendante de financements étrangers pour assurer ses diverses missions, est chargée de démanteler les infrastructures du parti chiite pro-iranien.
À quelques mois des législatives de 2026, prévues en mai, dans le cadre desquelles le courant aouniste et le Hezbollah pourraient devoir s’allier « pour assurer (leurs) intérêts », selon des propos précédents de M. Bassil, le leader aouniste semble avoir décidé de lisser son ton à l'égard de son ancien allié. Il l'avait fortement critiqué ces dernières années, notamment pour son implication dans la guerre d’octobre 2023, après l'attaque du Hamas du 7-Octobre, estimant que son arsenal ne pouvait plus jouer un rôle dissuasif.
« Nous attendons les aides des pays étrangers pour payer le salaire du soldat, simplement afin qu’il puisse rejoindre son poste. Ceux qui ont volé l’argent du peuple libanais n’ont pas le droit de surenchérir sur la question du monopole des armes par l’armée » a encore estimé M. Bassil, qui se présente comme la principale figure d'opposition au gouvernement Salam, dont le CPL ne fait pas partie.
« Il faut que nous soyons présents aux frontières et que nous défendions chaque Libanais contre toute agression, qu’elle vienne du nord, du sud ou de l’est. Et pour cela, l’autorité politique doit fournir la couverture politique, les capacités et les armes nécessaires » a encore affirmé Gebran Bassil.



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