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Dernières Infos - Collège De France

France: le débat s'enflamme autour d'un colloque sur la Palestine


L'entrée du Collège de France, à Paris, le 23 avril 2025. Photo MAGALI COHEN / HANS LUCAS / AFP

Le débat s'enflamme autour d'un colloque sur la Palestine, qui devait initialement se tenir au Collège de France jeudi et vendredi avant d'être d'abord annulé puis délocalisé, ses détracteurs dénonçant un événement pro-palestinien et ses défenseurs une atteinte à la liberté d'expression.

Le colloque intitulé « Palestine et Europe : poids du passé et dynamiques contemporaines », co-organisé par l'historien Henry Laurens et le Centre arabe de recherches et d'études politiques de Paris (Carep), aura bien lieu jeudi et vendredi, mais dans les locaux du Carep à Paris, a annoncé ce centre mercredi.

Il devait initialement se tenir au Collège de France, mais la prestigieuse institution, née au XVIe siècle, avait annoncé dimanche son annulation « en réaction à la polémique entourant (s)a tenue ». Elle avait invoqué la nécessité d'assurer « la sécurité des biens et des personnes » et « la sérénité des événements ».

« Nous sommes dans une ère de maccarthysme à la française », a déploré auprès de l'AFP Salam Kawakibi, chercheur en Sciences politiques et directeur du Carep, « scandalisé » par l'annulation d'une « conférence scientifique de haut niveau, avec des spécialistes des quatre coins du monde, dont des Israéliens ». Pour lui, « cela a été provoqué par l'extrême droite et ses organes médiatiques, ainsi que par la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme) et le Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France) ». 

« Je n'aurais jamais cru arriver à un jour pareil en France », a-t-il poursuivi, regrettant « la méchanceté et l'ignorance » de ceux qui accusent le Carep de liens avec les Frères musulmans. 

« Justification grossière »

L'événement réunira des universitaires et des personnalités telles que l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin et Francesca Albanese, rapporteure spéciale de l'ONU pour les Territoires palestiniens.

« Je suis soulagée qu'on ait trouvé un lieu alternatif », a réagi auprès de l'AFP Francesca Albanese. Elle a souligné « ne pas avoir été surprise » par l'annulation car « les groupes de pression » pro-israéliens « sont très forts, très épanouis un peu partout ». « Mais je trouve surprenant que ce soit le gouvernement (français) qui guide cette ingérence vis-à-vis d'une académie », a-t-elle ajouté, récusant le fait que ce soit « un colloque d''activistes' », une « justification grossière ».

Le magazine français Le Point avait évoqué un « entre-soi propalestinien » et pointé la co-organisation du colloque par le Carep, accusé d'entretenir des liens avec le Qatar. La Licra, avait, elle, dénoncé une « foire antisioniste », et annoncé vendredi saisir le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste. Le président du Crif Yonathan Arfi avait estimé que « rien n'allait dans ce colloque ».

Après l'annulation, le ministre avait qualifié sur X la décision de « responsable » et estimé que ce colloque, tel qu'il avait été « programmé par ses organisateurs, risquait fort de ne pas réunir » les conditions propices à un « débat libre, respectueux et pluriel ». Il avait précisé avoir « porté » ce « message » auprès du Collège de France.

Pétition de chercheurs

Dans une déclaration à l'AFP mercredi, le ministre a cependant assuré ne pas avoir « demandé l'annulation ». « La responsabilité d’organiser, d’annuler ou de maintenir un colloque est celle des dirigeants d’établissement. Mon rôle en tant que ministre est de relayer auprès d’eux les alertes que je peux recevoir et dont certaines émanaient ici de la communauté académique », a souligné Philippe Baptiste.

L'annulation comme les propos du ministre ont suscité de nombreuses réactions académiques et politiques.

À gauche, plusieurs élus LFI (gauche radicale) ont critiqué l'annulation du colloque. La cheffe de ses députés Mathilde Panot s'est « réjouie » mercredi que l'événement se tienne in fine. Le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure avait, lui, estimé « inadmissible » cette annulation.

Plus de 2.200 chercheurs, enseignants et étudiants ont signé une pétition demandant la démission de Philippe Baptiste, estimant que la décision d'annuler le colloque « constitue une grave atteinte aux libertés académiques et scientifiques ».

Cette polémique intervient après des incidents la semaine dernière à la Philharmonie de Paris, où des spectateurs avaient tenté d'interrompre un concert de l'Orchestre philharmonique d'Israël. 

Le débat s'enflamme autour d'un colloque sur la Palestine, qui devait initialement se tenir au Collège de France jeudi et vendredi avant d'être d'abord annulé puis délocalisé, ses détracteurs dénonçant un événement pro-palestinien et ses défenseurs une atteinte à la liberté d'expression.Le colloque intitulé « Palestine et Europe : poids du passé et dynamiques contemporaines », co-organisé par l'historien Henry Laurens et le Centre arabe de recherches et d'études politiques de Paris (Carep), aura bien lieu jeudi et vendredi, mais dans les locaux du Carep à Paris, a annoncé ce centre mercredi.Il devait initialement se tenir au Collège de France, mais la prestigieuse institution, née au XVIe siècle, avait annoncé dimanche son annulation « en réaction à la polémique entourant (s)a...