La rencontre du président avec le conseil de l’ordre des rédacteurs, mercredi 12 novembre 2025. Photo présidence
En cette période de pressions extrêmes, le président de la République Joseph Aoun affiche un grand calme et beaucoup d’espoir dans l’avenir. À la question de savoir s’il est déçu après plus de dix mois d’exercice du pouvoir, il répond par la négative, se contentant de préciser qu’il a des reproches à faire à ceux qui évoquent un climat pessimiste, et insiste sur le fait que le Liban est aujourd'hui face à d’énormes opportunités.
Lors d'une rencontre avec le conseil de l’ordre des rédacteurs mené par Joseph Kossayfi, Joseph Aoun souligne que beaucoup de choses ont été accomplies depuis que le gouvernement actuel est entré en fonction, ajoutant que les perspectives sont même favorables. « Mais une partie des Libanais passe son temps à se lancer dans des conflits inutiles, déplore-t-il. Certains vont même jusqu’à chercher à réveiller le monstre confessionnel et les susceptibilités internes. Ce qui crée un climat malsain . » Pourtant, selon lui, la réalité est différente. « Pourquoi, dans ce cas, demande-t-il, insister toujours sur les aspects négatifs ? »
Le chef de l’État rappelle qu’au cours de l’été écoulé, près d’1,7 million de voyageurs sont venus au Liban, un chiffre qui n'a plus été atteint depuis 2018. « Malheureusement, certaines parties, sciemment ou non, préfèrent annoncer des catastrophes et ne veulent pas de la prise en main de la situation par l’État, parce que cela signifierait la fin de leur rôle, lance le président. N’avait-on pas dit que la guerre allait éclater en août, puis en septembre et maintenant on dit avant la fin de l’année ? Toutes ces rumeurs ne sont pas basées sur des données réelles. Et d'ajouter : Ce qui se passe, c’est que certains Libanais se rendent aux États-Unis et lancent des rumeurs, selon leurs propres souhaits. » Des responsables américains lui ont même confié que certains Libanais s’emploient à ternir l’image du Liban aux États-Unis.
M. Aoun confie que le Liban attend actuellement la réponse israélienne à sa proposition de négocier pour obtenir la libération du territoire. Il précise que « la logique de la force est devenue inutile. Il faut miser aujourd'hui sur la force de la logique ». Et d'insister : « Si nous ne pouvons plus supporter une autre guerre, et alors qu’il y a un vent de compromis qui souffle sur la région, que devons-nous faire sinon essayer la diplomatie et la négociation ? »
Le Liban est-il toutefois en mesure de faire pression sur les Israéliens pour les pousser à répondre à ses demandes ? Le chef de l’État répond que ce n’est pas là la question. Le Liban a, selon lui, sa feuille de route basée sur l’arrêt des agressions, la libération du territoire et celle des détenus. « Nous faisons ce que nous pouvons à ce sujet, dit-il, mais je le répète, nous ne pouvons pas supporter une nouvelle guerre. Je le dis en tant que militaire, et les militaires sont ceux qui détestent le plus la guerre car ils en connaissent les dégâts. Et d'insister : De toute façon, lorsqu’une guerre n’aboutit pas à un résultat, elle aboutit généralement à des négociations. »
Beyrouth attend la réponse israélienne
Joseph Aoun rappelle qu’il a lancé l’idée des négociations, sans entrer dans les détails. « Lorsque nous aurons des réponses à cette proposition, nous poserons nos conditions. » Le Liban attend l’arrivée du nouvel ambassadeur américain, Michel Issa, à Beyrouth, car il pourrait être porteur d’une réponse à ce sujet. Selon lui, le processus pourrait ressembler à celui des négociations sur le tracé des frontières maritimes. Un peu dans le sens de ce qu’a déclaré le président de la Chambre, Nabih Berry. « En tout cas, déclare-t-il, le ‘‘mécanisme’’ (comité de supervision du cessez-le-feu, NDLR) existe. Il rassemble toutes les parties, et on pourrait lui ajouter certaines figures, si cela s’avère nécessaire ». À la question de savoir s’il a évoqué ce sujet avec le Hezbollah, M. Aoun répond qu’il en a parlé très franchement avec les représentants du parti. « Finalement après 15 ans de guerre au Vietnam, les Américains ont été vers la négociation. Même chose pour le Hamas à Gaza », remarque-t-il.
Les Américains sont-ils vraiment mécontents de son action ? Pour répondre à cette question, le chef de l’État rappelle que pour la première fois les États-Unis ont accordé 230 millions de dollars en guise d’aides à l’armée et aux Forces de sécurité internes, juste après son retour de Washington. De même, le président Donald Trump et son administration sont élogieux à l'égard du nouveau pouvoir. De plus, les délégations étrangères se succèdent au Liban. « Comment faut-il interpréter tout cela ? » demande-t-il.
Commentant la situation sur le terrain au Liban-Sud, M. Aoun précise que « le Hezbollah ne se mêle pas de la situation dans la zone au sud du Litani. L’armée, seule, accomplit son devoir là-bas ». Il critique ceux qui laissent entendre que la troupe n’accomplit pas son devoir, surtout qu’elle a beaucoup d’autres missions, entre la lutte contre le terrorisme, la lutte contre la contrebande et contre le trafic de drogue... « Ceux qui critiquent l’armée, ne voient-ils pas qu’avec les services de renseignements, elle a démantelé récemment quatre cellules terroristes ? L’armée et les forces de sécurité accomplissent un travail immense. Tout le monde le reconnaît à l’étranger, seules des parties internes formulent des critiques », lance-t-il.
Le Parlement doit remplir son rôle
À la question de savoir s’il compte lancer un dialogue interne sur les dossiers importants, le chef de l’État répond qu’à la veille des législatives, ce serait un dialogue de sourds. Justement, les élections se tiendront-elles à la date prévue ? Joseph Aoun précise qu’avec le président de la Chambre et le Premier ministre, Nawaf Salam, ils insistent pour cela. Mais le Parlement doit aussi remplir son rôle, ajoute-t-il en référence au débat sur le vote des émigrés et les appels à l'amendement de la loi électorale. « Nous nous dirigeons vers la tenue des élections à la date prévue, mais la nature de la loi sur la base de laquelle elles doivent se dérouler dépend du Parlement. Il se peut que certaines parties ne veuillent pas de la tenue de ce scrutin. C’est la réalité libanaise. Le gouvernement a fait son devoir à ce sujet. Par respect du principe de la séparation des pouvoirs, nous ne pouvons pas intervenir dans l’action du Parlement. »
Commentant le dossier syrien au lendemain de la visite du nouveau président Ahmad el-Chareh à Washington, M. Aoun affirme que « la stabilité de la Syrie est nécessaire pour celle du Liban, et la levée des sanctions profite à notre pays ». Et de lancer : « Quant à confier le dossier libanais à la Syrie, ce n’est qu’une rumeur. Que tout le monde soit rassuré. Il n’y a rien de tel. »
Concernant les fonds des déposants, Joseph Aoun affirme qu’il s’agit d’une ligne rouge, surtout que la grande majorité d’entre eux ne dépassent pas les 100 000 dollars de dépôts. Une partie a été d’ailleurs restituée grâce aux circulaires de la banque centrale, rappelle-t-il. Et de souligner : « Mais la solution ne peut pas être réalisée en quelques jours... Cela ne signifie pas pour autant que le dossier est oublié ».



opportunités?? Oui mais qui les "perd"?? et les laisses passer à part lui et le fait d'attendre "le bon vouloir" du hezbollah et cie?? Répéter la même chose 24/24 ne fera pas avancer la même chose si l'armée n'agit pas...Et pour ceci?? Il faut une décision politique. Sinon?? LIBAN PAYS FEDERAL et que le hezbollah assume SEUL les dégats et réparations des bombardements de la caisse de leur région fédérale et non de l'argent des Libanais des autres régions qui refusent la guerre enclenchée par le hezbollah. Point.
10 h 36, le 13 novembre 2025