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Moyen-Orient - Syrie

Damas aurait déjoué des complots de l'État islamique visant à assassiner Chareh

Les autorités syriennes ont affirmé avoir déjoué, au cours des dix derniers mois, plusieurs attaques du groupe jihadiste contre divers sites, dont des lieux de culte.

Le président syrien Ahmad el-Chareh lors d'une réunion avec Vladimir Poutine à Moscou, en Russie, le 15 octobre 2025. Photo Sputnik / Sergey Bobylyov / Pool via REUTERS

La Syrie a déjoué deux complots distincts du groupe État islamique visant à assassiner le président Ahmad el-Chareh, ont indiqué deux hauts responsables syriens, ajoutant une dimension personnelle aux intentions du dirigeant de rejoindre la coalition menée par les États-Unis pour lutter contre le groupe militant contre lequel il se bat depuis longtemps.

Les sources, un haut responsable de la sécurité syrienne et un haut responsable au Moyen-Orient, ont indiqué que les tentatives d’assassinat contre M. Chareh avaient été déjouées ces derniers mois, soulignant la menace directe à laquelle il fait face alors qu’il tente de consolider son pouvoir dans un pays ravagé par 14 années de guerre civile.

Selon les mêmes sources, l’un des complots de l’EI concernait un « engagement officiel annoncé à l’avance » auquel devait participer le président. Elles ont toutefois refusé d’apporter plus de détails en raison de la sensibilité du dossier.

L'EI continue de représenter « une véritable menace pour la Syrie et la région »

Le ministère syrien de l’Information a également refusé de commenter et donner des détails sur ces complots, pour des raisons sécuritaires, mais a affirmé que l’EI continue de représenter « une véritable menace pour la Syrie et la région » et a ajouté que les autorités avaient, au cours des dix derniers mois, déjoué plusieurs attaques du groupe jihadiste contre divers sites, dont des lieux de culte. « La Syrie réaffirme son engagement à protéger son peuple et à poursuivre la lutte contre le terrorisme sous toutes ses formes », a indiqué le ministère à Reuters dans un communiqué.

Les informations sur ces complots ont été rendues publiques alors que la Syrie s’apprête à rejoindre la coalition mondiale anti-EI menée par les États-Unis, à l’occasion de la première rencontre historique à la Maison-Blanche ce lundi entre le président américain Donald Trump et Ahmad el-Chareh, première de ce type pour un chef d’État syrien.

Le président syrien, arrivé au pouvoir en décembre dernier après que la force rebelle islamiste qu’il dirigeait a chassé le président Bachar el-Assad, cherche à projeter l’image d’un dirigeant modéré. Il espère que cette rencontre avec M. Trump permettra de débloquer le soutien international nécessaire à la réhabilitation et à la reconstruction à long terme de la Syrie. La décision de rejoindre la coalition anti-EI illustre le repositionnement de la Syrie depuis la chute d’Assad, d’allié clé de la Russie et de l’Iran vers un rapprochement avec les camps occidental et arabe.

La tâche de M. Chareh pour rassembler le pays reste immense : ses forces sont confrontées à des vagues répétées de violences confessionnelles, marquées des attaques contre des civils et des forces de sécurité dont Damas attribue la responsabilité à l’État islamique.

Campagne nationale contre les cellules de l'EI

Au cours du week-end, le ministère syrien de l’Intérieur avait lancé une campagne nationale contre les cellules de l’EI à travers le pays, interpellant plus de 70 suspects, selon les médias gouvernementaux. Le haut responsable de la sécurité syrienne a indiqué qu’ils agissaient sur la base de renseignements faisant état de projets du groupe d’organiser des attentats contre le gouvernement et les minorités syriennes. Cette initiative lançait aussi un message pour montrer que les services de renseignement syriens ont profondément infiltré le groupe et que l’adhésion à la coalition représenterait un atout majeur pour les opérations mondiales contre les militants.

Avant de prendre le pouvoir lors d’une offensive éclair de 11 jours l’an dernier, M. Chareh dirigeait Hay'at Tahrir el-Cham (HTC), un groupe rebelle islamiste anciennement affilié à el-Qaëda en Syrie.

M. Chareh a rompu ces liens avec el-Qaëda en 2016 et a livré de sanglants combats contre l’État islamique pendant plus d’une décennie, menant une campagne d’arrestations et d’opérations militaires contre ses cellules dans le bastion de HTC à Idleb.

L’État islamique tente de revenir en force en Syrie depuis la chute d’Assad. Il s’efforce de présenter le rapprochement de Chareh avec l’Occident et ses engagements à gouverner pour l’ensemble des groupes religieux syriens comme étant contraires à l’islam. En juin, 25 personnes ont été tuées dans un attentat-suicide contre une église de Damas, une attaque que le gouvernement a imputée à l’État islamique. Le groupe n’a pas revendiqué l’attaque.

Le gouvernement du président syrien collabore déjà depuis plusieurs mois avec l’armée américaine dans la lutte contre l’EI, selon plusieurs responsables syriens. Mais une adhésion formelle devrait permettre d’intensifier fortement cette coopération. Cette démarche est également vue comme une mesure de confiance clé destinée à convaincre les parlementaires américains de lever les sanctions qui pèsent encore sur la Syrie d’ici la fin de l’année. La semaine dernière, Reuters a rapporté que l’armée américaine se préparait à établir pour la première fois une présence sur la base aérienne de Damas. Un responsable de l’administration américaine a demandé que ni l’emplacement exact ni le nom de la base ne soient publiés, invoquant des raisons opérationnelles de sécurité. Les médias d’État syriens ont démenti les informations de Reuters sans préciser ce qu’ils contestaient.


Ce papier est une traduction, réalisée par L'Orient-Le Jour, d'un article en anglais de l'agence Reuters.

La Syrie a déjoué deux complots distincts du groupe État islamique visant à assassiner le président Ahmad el-Chareh, ont indiqué deux hauts responsables syriens, ajoutant une dimension personnelle aux intentions du dirigeant de rejoindre la coalition menée par les États-Unis pour lutter contre le groupe militant contre lequel il se bat depuis longtemps.Les sources, un haut responsable de la sécurité syrienne et un haut responsable au Moyen-Orient, ont indiqué que les tentatives d’assassinat contre M. Chareh avaient été déjouées ces derniers mois, soulignant la menace directe à laquelle il fait face alors qu’il tente de consolider son pouvoir dans un pays ravagé par 14 années de guerre civile.Selon les mêmes sources, l’un des complots de l’EI concernait un « engagement officiel annoncé à l’avance » auquel...
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