Des pneus incendiés par des militants palestiniens dans le camp de Beddaoui (Liban-Nord), le samedi 8 novembre 2025. Photo transmise à notre correspondant dans le Nord, Michel Hallak
Suite à la fermeture par l'armée libanaise samedi d'une nouvelle entrée du camp de réfugiés palestiniens de Beddaoui, à la périphérie de Tripoli au Liban-Nord, des activistes palestiniens ont organisé un sit-in, brûlant des pneus sur la route principale du camp et réclamant de l’armée qu’elle revienne sur sa décision, rapporte notre correspondant dans le Nord, Michel Hallak. Des renforts militaires ont été déployés autour du camp.
L'armée libanaise a fermé un point de passage du camp vers le secteur voisin de Jabal Mohsen. Selon notre correspondant, cette décision intervient dans le cadre de la fermeture d'accès non officiels au camp décidée par la troupe en coopération avec l’ambassade de Palestine à Beyrouth, des factions palestiniennes et des comités populaires du Nord. Elle avait été prise il y a deux ans, mais a été reportée en raison du contexte local et régional depuis le début de la guerre à Gaza, le 7 octobre 2023. Elle s'est accélérée ces derniers mois.
Ces fermetures sont perçues par de nombreux habitants comme autant de menaces directes à leurs moyens de subsistance. Le collectif organisant la manifestation a fait savoir dans un communiqué qu'il suivait « avec inquiétude ces mesures réitérées qui ont conduit à la fermeture de plusieurs passages et entrées vitales à l’intérieur du camp, y compris les accès vers des établissements de santé, des commerces et des lieux de culte fréquentés par les habitants du camp ainsi que par des Libanais et des Syriens vivant à proximité ». Selon lui, « ces fermetures entraînent la paralysie des activités et perturbent le quotidien des habitants dans leurs déplacements vers les écoles, les lieux de travail et les centres médicaux. »
« Ces mesures ne concernent pas seulement le camp de Beddaoui, mais touchent l’ensemble de la présence palestinienne au Liban, déjà marquée depuis des années par la fermeture, la marginalisation et les restrictions. Les camps palestiniens ne sont ni des zones sécuritaires ni des foyers d’instabilité, comme certains cherchent à les présenter, mais des communautés civiles dynamiques, habitées par des personnes aspirant à une vie digne, à la stabilité et à la sécurité comme tout autre citoyen », peut-on lire dans le communiqué.
Les Palestiniens au Liban sont exclus de plus de 70 métiers dans le pays, dont des métiers libéraux tels que médecin, ingénieur ou avocat, et sont confinés à quelques secteurs, comme l’agriculture ou le bâtiment. Ils sont également à ce jour exclus de la couverture de la Caisse nationale de Sécurité sociale (CNSS), bien qu’un pourcentage de leur salaire soit déduit à cet effet. Et, depuis 2001, ils ne sont plus autorisés à acquérir des biens immobiliers au Liban.
« Le maintien de ces fermetures ne fait qu’aggraver les crises sociales et économiques et accroît l’isolement des camps par rapport à leur environnement naturel, alors que le moment appelle à la coopération plutôt qu’à davantage de repli » conclut enfin le collectif de jeunes à l'origine de la manifestation.



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