Une femme marche dans une rue enneigée tandis que la mer, visible en arrière-plan, est recouverte de glace à Nuuk, au Groenland, le 29 janvier 2026. Photo Ina Fassbender / AFP
La première rencontre entre le Premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen, et l'émissaire de Donald Trump au Groenland Jeff Landry, qui s'est invité à Nuuk, s'est déroulée lundi dans une atmosphère « constructive » mais sans changement dans la position américaine, selon les Groenlandais.
« C'était une réunion constructive, où l'on a pu dialoguer dans un bon esprit et avec un grand respect mutuel », a dit à la presse le chef du gouvernement groenlandais, qui l'a qualifiée de « rencontre de courtoisie ». « Nous avons clairement rappelé que le peuple groenlandais n'était pas à vendre et que les Groenlandais avaient droit à l'autodétermination. Ce n'est pas un sujet de négociation », a souligné M. Nielsen. « Cette réunion n'a montré aucun signe que quoi que ce soit ait changé » dans la position américaine, a-t-il constaté.
La position groenlandaise n'a pas non plus bougé. « Notre point de départ n'a pas changé. Nous avons notre ligne rouge. Le point de départ des Américains n'a pas changé non plus », a renchéri le ministre des Affaires étrangères, Mute Egede. La venue de l'émissaire américain intervient en outre à un moment délicat côté danois, dépourvu de gouvernement depuis les élections législatives du 24 mars, les tractations entre partis n'ayant pas permis d'aboutir à une coalition majoritaire.
Après un début d'année marqué par les velléités du président américain de « prendre le contrôle » de l'île arctique, territoire autonome danois, Copenhague et Nuuk ont obtenu la constitution d'un groupe de travail pour discuter des préoccupations des Etats-Unis, notamment quant à leur présence militaire. « Les discussions ont lieu au sein du groupe de travail », a souligné M. Egede: « Nous n'allons pas avoir des discussions parallèles ». Les responsables groenlandais n'ont pas exclu de nouvelles rencontres.
« Fais-toi » des amis
Jeff Landry a atterri dimanche à Nuuk où il va assister à un forum économique organisé dans la capitale groenlandaise les 19 et 20 mai avant de participer à l'inauguration des nouveaux locaux du consulat américain sur l'île. A l'aéroport, un petit nombre de Groenlandais avait fait le déplacement pour voir son arrivée, tenant des drapeaux groenlandais en guise de protestation, selon les images des médias locaux. Interrogé par la télévision danoise TV2, il a affirmé être au Groenland pour « explorer les manières de renforcer (s)a relation » avec les Etats-Unis, notamment en terme commercial. « J'ai parlé avec (Trump) hier soir et il m'a dit +vas-y et fais toi un groupe de nouveaux amis+ », a-t-il ajouté.
Landry est accompagné d'une délégation d'une dizaine de personnes parmi lesquelles un médecin, chargé d'évaluer les pratiques de santé des Groenlandais, a dit ce dernier à TV2. Pour la ministre groenlandaise de la santé, Anna Wangenheim, « c'est profondément problématique que des personnes ayant pour mission politique de faire du Groenland une partie des États-Unis envoient un soi-disant +médecin volontaire+ à Nuuk pour +évaluer nos besoins+ », a-t-elle écrit sur Linkedin. « Les Groenlandais ne sont pas des cobayes dans un projet géopolitique », a-t-elle insisté.
En février, la déclaration de Donald Trump sur l'envoi d'un navire hôpital américain au Groenland avait déclenché l'ire de la population et de ses dirigeants. « Ce sera non, merci, de notre part », avait alors écrit sur Facebook le Premier ministre soulignant que le territoire propose « un système de santé public où les soins sont gratuits pour les citoyens », même s'il est parfois compliqué en raison des distances et du manque de personnel.
L'émissaire américain est également accompagné par l'ambassadeur américain au Danemark, Kenneth Howery. « Ensemble, ils rencontreront un large éventail de Groenlandais pour les écouter et apprendre d'eux, dans le but d'élargir les perspectives économiques, de tisser des liens entre les peuples et de renforcer la compréhension mutuelle entre les États-Unis et le Groenland », selon un communiqué de l'ambassade américaine transmis à l'AFP.


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