Le Premier ministre, Nawaf Salam, reçoit au Grand Sérail une délégation du Rassemblement des habitants des localités frontalières du Sud, le 5 novembre 2025. Photo publiée sur le compte X du Grand Sérail. @grandserail
Le Premier ministre, Nawaf Salam, a affirmé que le gouvernement « a achevé la liste des projets d’infrastructures et de services de base dans les régions du Sud », qu'il espère voir se concrétiser « dans les plus brefs délais », rappelant que « la reconstruction constitue une priorité nationale pour l’ensemble du gouvernement », rapporte mercredi le Grand Sérail sur son compte X.
Ces projets « sont prêts à être lancés dès que le financement attendu, notamment de la Banque mondiale (BM), sera assuré », a annoncé M. Salam devant une délégation du Rassemblement des habitants des localités frontalières du Sud, collectif qui se présente comme non affilié au Hezbollah. En visite à Saïda à la mi-octobre, pour sa deuxième tournée au Liban-Sud après celle de février, M. Salam avait rappelé que le Liban dispose d'un « prêt de 250 millions de dollars de la Banque mondiale », que le Parlement doit encore approuver, et qu'il avait rappelé être « insuffisant ». Le coût total de la reconstruction des zones détruites au Liban par la dernière guerre entre le Hezbollah et Israël s'élève à 11 milliards de dollars, selon un rapport de la BM publié en mars dernier.
Mardi, une réunion de haut niveau sur la reconstruction s'est tenue à Msayleh au Liban-Sud, à l'initiative du président du Parlement, Nabih Berry, qui a exhorté le gouvernement à de nombreuses reprises à lancer la reconstruction, et l'a accusé début octobre de ne pas s'en soucier. La réunion a été l'occasion pour le tandem chiite Hezbollah-Amal d'insister sur l'inclusion, dans le budget de l'État pour l'exercice 2026, d'une clause pour le financement des chantiers de reconstruction du Sud, sans quoi le Hezbollah et le mouvement Amal de M. Berry refuseront de l'adopter.
« Le gouvernement ne compte pas uniquement sur les prêts extérieurs »
Alors que la communauté internationale conditionne son aide à la reconstruction au désarmement effectif du Hezbollah, Nawaf Salam a affirmé que « le gouvernement ne compte pas uniquement sur le prêt extérieur, mais poursuit ses efforts par ses propres moyens à travers les projets mis en œuvre par les ministères concernés ».
Avant d'énumérer à ce sujet : Le ministère des Affaires sociales, « qui continue de soutenir les habitants du Sud et les rapatriés à travers le programme Aman (programme d'aide sociale financé par la Banque mondiale, ndlr) et d’autres initiatives sociales » ; le ministère de l’Énergie et de l’Eau, qui déploie « de grands efforts pour améliorer les réseaux d’eau et d’électricité dans les villages du Sud » ; le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, qui « œuvre à ramener les élèves dans leurs écoles situées dans les zones frontalières et à restaurer les bâtiments endommagés » ; le ministère de la Santé publique, qui « supervise la réhabilitation des dispensaires et des centres de soins » ; le ministère de l’Agriculture, qui « poursuit les programmes de soutien aux agriculteurs et de renforcement de la production agricole locale grâce au prêt de la Banque mondiale GATE » ; le ministère des Travaux publics, qui « a réparé une partie des réseaux routiers et traité les décombres ».
M. Salam a conclu en affirmant qu’il « étudiera avec les ministères concernés la liste des revendications reçues de la délégation, en particulier celles liées aux familles toujours déplacées de force de leurs villages », soulignant « la volonté du gouvernement d’assurer leur retour digne dans les plus brefs délais », rapporte le message du Grand Sérail sur X.
Des dizaines de milliers d'habitants n’ont toujours pas pu rentrer dans les villages frontaliers, depuis le cessez-le-feu entre le Hezbollah et Israël, le 27 novembre 2024. Israël continue d’occuper au moins six positions en territoire libanais, bombarde presque quotidiennement le Liban-Sud, et multiplie les manœuvres militaires dans la zone frontalière.



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