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Hoteit veut la récusation du juge Bitar, les familles des victimes réitèrent leur « soutien indéfectible » au magistrat


Hoteit veut la récusation du juge Bitar, les familles des victimes réitèrent leur « soutien indéfectible » au magistrat

Un ouvrier assis dans le port de Beyrouth, face aux silos détruits par la double explosion du 4 août 2020, le 27 juin 2024. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour

Alors que le juge d’instruction Tarek Bitar devait comparaître mardi devant le juge d'instruction, les proches des victimes de la double explosion du 4 août 2020 ont fait entendre, une fois de plus, des voix dissonantes : d’un côté, le comité dirigé par Ibrahim Hoteit, qui appelle à la révocation du juge d’instruction Tarek Bitar ; de l’autre, le collectif de familles réunies dans le « jardin des victimes », qui réaffirme son « soutien indéfectible » au magistrat.

Lors d'une conférence de presse au siège de l'Ordre de la presse, Ibrahim Hoteit, à la tête du comité des familles de martyrs, blessés et victimes de l’explosion du port, réputé proche du Hezbollah et hostile au juge Bitar, a exprimé la « profonde déception » des membres de son comité à l’égard du juge chargé de l’enquête sur le drame qui a fait près de 235 morts et des milliers de blessés. En soirée, l'autre collectif de familles, rassemblé dans le jardin des victimes près du port, a réaffirmé son soutien « indéfectible » au juge, qu'il considère comme « le seul référent judiciaire légitime » pour poursuivre l’enquête. Ce collectif a également dénoncé les « ingérences politiques » dans l’affaire, rappelant que « la justice n’est pas une revendication politique mais un droit humain qui ne s’éteint pas avec le temps ».

« Nous avons définitivement perdu espoir en lui »

Lors de son intervention, Ibrahim Hoteit a accusé le juge Bitar de mener l’instruction selon des « considérations sectaires », évoquant un « manquement » qui aurait « brisé la confiance » accordée par son comité. « Plus de 63 mois après l’explosion qui a tué nos proches et détruit la moitié de Beyrouth, vous assassinez notre cause une seconde fois », a-t-il déclaré, tout en dénonçant « les ingérences politiques » et « la confusion » qui entourent le dossier. M. Hoteit a également reproché au juge de ne pas avoir interrogé « tous les responsables » impliqués, notamment les chefs de services de renseignement, les officiers supérieurs de l’armée, ainsi que d’anciens présidents et ministres.

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Le président du comité a en outre indiqué ne plus avoir échangé avec le juge depuis octobre 2021, affirmant que « le discours tenu par M. Bitar n’était pas celui d’un magistrat, mais d’un homme politique ». Il a appelé le président du Conseil supérieur de la magistrature, Souheil Abboud, le ministre de la Justice, Adel Nassar, et le chef de l'Etat, Joseph Aoun, à récuser le juge d’instruction. « Nous avons définitivement perdu espoir en lui », a enchaîné M. Hoteit.

Tarek Bitar devait comparaître mardi devant le juge d’instruction Habib Rizkallah, nommé ad hoc pour l'interroger près la Cour de justice dans le cadre d’une plainte pour « usurpation de pouvoir et rébellion contre la justice » déposée en janvier 2023 par l’ex-procureur auprès de la Cour de cassation Ghassan Oueidate. L'audience a toutefois été ajournée en raison d'un « vice de procédure » et devrait être reportée au jeudi 6 novembre.

Les familles des victimes, soutenant le juge Bitar, ont elles appelé le juge Habib Rizkallah « à statuer rapidement sur la plainte déposée contre (le magistrat) », et ont demandé « la levée de l’interdiction de voyager qui lui est imposée, afin qu’il puisse interroger le propriétaire du navire Rhosus, transportant le nitrate d’ammonium et actuellement détenu en Bulgarie ».

« Notre veille mensuelle n’est pas un simple geste symbolique, mais un cri de droit et de résistance face à l’injustice et à l’oubli, » ont ajouté les familles. « C’est un message à tous ceux qui pensent encore que notre douleur peut être troquée, achetée ou oubliée. Nous sommes ici parce que nos enfants ne sont plus, parce que Beyrouth attend toujours la vérité, et parce que seule la justice peut réparer ce qui a été détruit dans le cœur des Libanais et restaurer leur confiance dans leur État. »

Alors que le juge d’instruction Tarek Bitar devait comparaître mardi devant le juge d'instruction, les proches des victimes de la double explosion du 4 août 2020 ont fait entendre, une fois de plus, des voix dissonantes : d’un côté, le comité dirigé par Ibrahim Hoteit, qui appelle à la révocation du juge d’instruction Tarek Bitar ; de l’autre, le collectif de familles réunies dans le « jardin des victimes », qui réaffirme son « soutien indéfectible » au magistrat.Lors d'une conférence de presse au siège de l'Ordre de la presse, Ibrahim Hoteit, à la tête du comité des familles de martyrs, blessés et victimes de l’explosion du port, réputé proche du Hezbollah et hostile au juge Bitar, a exprimé la « profonde déception » des membres de son comité à l’égard du juge chargé de l’enquête...