Le président par intérim syrien Ahmed el-Chareh se rend dans un bureau de vote où les membres des comités locaux syriens ont voté dans le cadre du processus électoral visant à désigner un parlement provisoire, à Damas, le 5 octobre 2025. Photo AFP / LOUAI BESHARA
Ahmad el-Chareh, qui deviendra le premier président syrien à se rendre à la Maison Blanche dans quelques jours, y abordera la levée des sanctions encore imposées à son pays, la reconstruction et la lutte contre le terrorisme, a déclaré dimanche le chef de la diplomatie syrienne.
M. Chareh est attendu à Washington début novembre, a indiqué le ministre syrien des Affaires étrangères Assaad el-Chaibani lors d'une conférence sur la sécurité à Manama, au Bahreïn. « Cette visite est assurément historique », a-t-il déclaré. Selon une source au sein du ministère, aucun chef de l'État syrien ne s'était jamais rendu à la Maison Blanche auparavant.
L'émissaire américain, Tom Barrack, avait annoncé cette visite à des journalistes la veille, lors de la même conférence à Manama, disant espérer voir adhérer le président syrien par intérim à la coalition contre le groupe État islamique. Ce sera la deuxième visite aux États-Unis d'Ahmad el-Chareh après son passage en septembre à l'ONU à New York, où cet ancien jihadiste est devenu le premier président syrien depuis 1967 à s'adresser à l'Assemblée générale.
« De nombreux sujets seront abordés, à commencer par la levée des sanctions », a indiqué M. Chaibani. « Aujourd'hui, nous combattons » le groupe État islamique, « tout effort dans ce sens nécessite un soutien international ». Les discussions porteront également sur la reconstruction en Syrie, après plus de 14 ans de guerre, a-t-il précisé.
M. Chareh, dont les forces ont renversé Bachar el-Assad en décembre 2024, a rencontré Donald Trump pour la première fois en mai en Arabie saoudite, où le président américain s'est engagé à lever les sanctions paralysantes imposées à la Syrie. M. Trump a exprimé l'espoir que la Syrie rejoigne la liste des pays arabes ayant normalisé leurs relations avec Israël dans le cadre des accords d'Abraham en 2020. « C'est un sujet qui n'a pas été envisagé et qui n'a pas été discuté », a affirmé samedi M. Chaibani.
Les deux pays restent techniquement en état de guerre mais ont ouvert des négociations directes après le renversement de Bachar el-Assad. Ahmad el-Chareh avait indiqué en septembre qu'elles visaient à parvenir à un accord de sécurité qui permettrait à Israël de se retirer des zones qu'il occupe depuis le renversement de Bachar el-Assad. Damas s'attend à finaliser un accord d'ici fin 2025, avait déclaré à l'AFP plus tôt cette année un responsable syrien.
Depuis décembre, la Syrie est la cible d'attaques et incursions répétées d'Israël, auxquelles elle n'a pas riposté. « Nous ne voulons pas que la Syrie entre dans une nouvelle guerre, et la Syrie n'est actuellement pas en position de menacer qui que ce soit, y compris Israël », a déclaré M. Chaibani.

